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·19 août 2026

« Il faut colorer les entraîneurs » : accusée de discrimination, la FFF sort du silence

Image de l'article :« Il faut colorer les entraîneurs » : accusée de discrimination, la FFF sort du silence

C'est une polémique qui agite le football français en coulisses. Recalé à deux reprises du diplôme le plus prestigieux pour devenir entraîneur professionnel, l'ancien international Abdeslam Ouaddou a accusé la FFF de manquer de diversité dans la sélection de ses coachs. Des propos qui ont fait grand bruit, et auxquels la Fédération, d'abord silencieuse, a fini par répondre.

À l'origine de l'affaire, il y a les mots d'un homme. Le 5 août dernier, dans les colonnes de L'Équipe, Abdeslam Ouaddou, ancien défenseur franco-marocain de 47 ans devenu entraîneur, avait lancé une phrase lourde de sens : selon lui, la FFF gagnerait à « colorer un peu plus » ses entraîneurs. En clair, l'actuel coach des Orlando Pirates, en Afrique du Sud, sous-entendait que ses origines auraient pu peser dans ses deux échecs au BEPF, le Brevet d'entraîneur professionnel de football, sésame indispensable pour officier au plus haut niveau. Une accusation grave, qui a fait grand bruit au sein de l'instance.


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Longtemps muette, la FFF a fini par monter au créneau pour rétablir sa version. Le démenti est ferme. « Ce serait horrible, et c'est interdit par la loi », rétorque Laurent Chatrefoux, responsable du BEPF, qui réfute toute sélection sur les origines. « Non seulement ça ne répond pas à nos valeurs fondamentales, mais ce serait contre-productif », insiste-t-il, assurant que seuls comptent le parcours et les prestations des candidats, notamment lors de deux épreuves orales décisives face à un jury de professionnels.

Des places qui sont chères, et beaucoup de déçus

Pour comprendre la frustration des recalés, il faut mesurer la rareté du diplôme. Chaque année, une quarantaine de candidats se présentent pour une vingtaine de places seulement, fixées tous les deux ans par l'UEFA. Autant dire que de bons profils restent forcément à la porte. « On fait les choses avec énormément de minutie. Il ne faut pas croire que ça se fait à la pièce », défend Laurent Chatrefoux, qui dit comprendre la déception des candidats, mais pas les arguments avancés par Ouaddou.

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Au sein de l'encadrement, on rappelle d'ailleurs que l'ancien international n'est pas un inconnu de la maison : il a déjà passé plusieurs diplômes sous l'égide de la FFF « sans aucun problème ». Jacky Bonnevay, formateur et ancien coéquipier d'Ouaddou à Nancy, se dit même « surpris » par ces déclarations. Pour éteindre l'incendie, la Fédération préfère mettre en avant « la force du football français, rattachée à sa diversité et à sa mixité ». Reste que la polémique, elle, aura eu le mérite de relancer un débat de fond sur la place laissée aux entraîneurs issus de la diversité dans le football hexagonal.

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