Tribune Nantaise
·21 février 2026
« Il regarde toujours les matchs de Nantes à la télévision… et souffre car le club ne décolle pas », regrette le père de Pedro Chirivella

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·21 février 2026

« Nantes restera à jamais sa maison. » Difficile de mieux caractériser le lien d’âme qui s’est tissé pendant cinq belles années entre Pedro Chirivella et le club Jaune-et-Vert. De son arrivée en provenance de Liverpool à l’été 2020, jusqu’à son départ pour la Grèce au moment de la prise de fonctions de Luis Castro, le milieu de terrain espagnol a parcouru un sacré bout de chemin. Et avalé des kilomètres, sur la pelouse de la Beaujoire. Six mois après son départ de France, le joueur originaire de Valence (Espagne) s’épanouit pleinement au Panathinaïkos. Il le méritait bien.
Le climat est parfois étouffant sur les bords de l’Erdre. Après trois saisons sous haute tension, à lutter pour le maintien jusque dans les ultimes instants, le temps était venu pour l’Espagnol d’envisager de nouveaux horizons. « Pedro avait besoin d’un nouveau défi. Le championnat espagnol était une porte de sortie, mais les offres venant d’Espagne n’étaient pas vraiment convaincantes. C’est à ce moment que le Panathinaïkos est arrivé, donc il a rapidement accepté leur offre », révèle Pedro Chirivella Señor lors d’un entretien téléphonique accordé à Tribune Nantaise, début février.
À Athènes, l’ancien capitaine des Canaris a retrouvé son meilleur niveau, au point de se rendre indispensable dès son arrivée. Et ce, malgré la valse des entraîneurs qui caractérise le Panathinaïkos depuis deux ans (huit techniciens différents depuis décembre 2023). Alors quand le mythique Rafael Benítez a débarqué sur le banc du club de la capitale grecque, le courant est logiquement passé deux hommes : « Il prend énormément de plaisir à jouer en Grèce. Encore plus sous les ordres de Rafa (Benítez), bien sûr. C’est un jeu davantage centré sur le ballon, vraiment à l’espagnole. Disons qu’ils s’entendent bien et qu’il est dans les bonnes conditions pour produire son meilleur football. » De quoi justifier pleinement son transfert en provenance de Nantes, contre deux millions d’euros.
Devenu le chef d’orchestre du tacticien espagnol, Pedro Chirivella peut à nouveau étaler ses qualités sur le plan continental. Dans un premier temps qualifié pour les tours préliminaires de la Ligue des Champions, le Panathinaïkos avait finalement été reversé en Ligue Europa après sa défaite face aux Glasgow Rangers.
« Le projet du Panathinaïkos l’a convaincu, entre autres parce qu’ils jouaient immédiatement les qualifications pour la Champions League » – père de Pedro Chirivella
Un facteur déterminant dans le choix du milieu de 28 ans au terme de son aventure nantaise, en juillet dernier. « Pedro est garçon très ambitieux qui veut montrer son football à toute l’Europe. Le projet du Panathinaïkos l’a convaincu, entre autres parce qu’ils jouaient immédiatement les qualifications pour la Champions League. Même s’ils jouent l’Europa League maintenant, c’est merveilleux pour lui », relate le père de l’ex-numéro 5 du FC Nantes.

Pedro Chirivella avec le brassard de capitaine du FC Nantes, au Parc des Princes en novembre 2024 (Photo : Loic Baratoux/FEP/Icon Sport)
S’il peut s’appuyer sur certains points communs avec son nouveau coach (Rafael Benítez est lui aussi passé par Valence et Liverpool) pour se placer dans les meilleures dispositions sur le plan mental, Pedro Chirivella a également retrouvé des visages familiers sur les rives de la mer Égée. Entre Alban Lafont, prêté par le FCN quelques semaines seulement après son arrivée en Grèce, et Moussa Sissoko, recruté cet hiver après un retour en demi-teinte du côté de Watford, l’Espagnol n’échappe pas aux souvenirs de ses belles années en Jaune-et-Vert.
« Avec Alban Lafont, ils ont une très bonne relation. Ils ont noué une grande amitié à Nantes et, évidemment, elle ne s’est pas brisée du jour au lendemain. Ils s’entendent vraiment très bien. Clairement, ça a contribué à faciliter leur adaptation en Grèce, pour tous les deux, estime le père du milieu de terrain. Après, je ne connais pas Moussa Sissoko personnellement, mais il me semble que cela s’était bien passé avec lui aussi, car Pedro n’est pas du tout un joueur à problèmes : il s’entend bien avec tout le monde. »
Cette simplicité est un atout qui a indéniablement fait la force de l’Espagnol dans le vestiaire nantais. Apprécié de ses coéquipiers autant que des supporters des Canaris, Pedro Chirivella aura été le maestro d’un collectif trop souvent désorganisé.
« On tire un bilan très positif de son passage en France. Pedro adore jouer au football, avoir le contrôle du jeu. Il a eu l’opportunité d’aller à Nantes, et d’y jouer presque tous les matchs dans ce rôle lorsqu’il n’était pas blessé. Son expérience là-bas a été très bonne », se réjouit son père. Et d’insister : « L’année où ils ont gagné la Coupe de France, c’était sa meilleure période au FC Nantes. En plus de ce trophée, ils avaient fini neuvièmes en championnat. Il garde vraiment un excellent souvenir de cette année-là ».
« Il souffre, parce qu’il voit que c’est toujours la même chose : le club ne décolle pas »
Après tant d’émotions partagées, difficile de tourner définitivement la page. « D’ailleurs, il continue de soutenir son ancienne équipe. Il regarde toujours les matchs de Nantes à la télévision… et il souffre, parce qu’il voit que c’est toujours la même chose : le club ne décolle pas », déplore-t-on dans la famille Chirivella.
Depuis Valence, où son fils a tapé ses premiers ballons, Pedro Chirivella Señor joue les intermédiaires pour adresser un clin d’œil plein de compassion aux fans du FCN. « Aujourd’hui, si Pedro devait transmettre un message aux supporters nantais, ce serait le suivant : Nantes restera à jamais sa maison. Lui comme moi, on souhaite le meilleur à ses anciens coéquipiers et, surtout, qu’ils sortent vite de cette situation. Ce club mérite mieux que cela. » Le constat fait mal, mais les sentiments sont réciproques : capitaine Chirivella sera toujours le bienvenu à la Beaujoire.
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