OnzeMondial
·9 juin 2026
"Ils ont un problème avec mon pays", le témoignage de l'arbitre d'Omar Artan, interrogé pendant 11 heures aux USA

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·9 juin 2026

Interdit d'entrer aux États-Unis, Omar Artan, pourtant désigné par la FIFA pour officier lors de la Coupe du Monde, a livré un témoignage inquiétant.
Pour tout acteur du monde du ballon rond, la Coupe du monde (11 juin-19 juillet) représente le sommet absolu. Le point d'orgue d'une carrière bâtie sur les sacrifices. Sacré meilleur arbitre par la CAF en 2025, le Somalien Omar Artan pensait légitimement avoir fait le plus dur. Ses valises étaient prêtes, ses invitations officielles de la FIFA en règle, et son visa américain validé. En débarquant à l'aéroport de Miami, il s'imaginait déjà fouler la pelouse du plus grand tournoi de la planète.
Mais c'est pourtant là, dans la zone internationale, que son rêve s’est brutalement fracassé. Au lieu de l'accueil protocolaire réservé aux officiels de la FIFA, Artan est immédiatement isolé par les services de sécurité. Adieu le sport ou les règles du jeu, la géopolitique et le terrorisme prennent le dessus.
Pendant onze longues heures, l'arbitre subit un interrogatoire surréaliste, avant d'être jeté dans une cellule puis expulsé manu militari vers Istanbul. Lundi, le couperet est tombé, son Mondial est terminé avant d'avoir commencé. « Je suis vraiment, vraiment déçu », a-t-il confié au New York Times. « Je suis juste un arbitre essayant de vivre son plus grand rêve, d'aller à la Coupe du monde », ajoute-t-il, meurtri.
Pourtant, l'officiel géant des pelouses africaines avait tout fait dans les règles. « J'avais les bons papiers et le bon visa », insiste-t-il, photos de sa carrière à l'appui. En vain. Cuisiné sur la politique somalienne et le groupe Al Shabab, Artan dénonce une discrimination flagrante : « Je pense qu'ils ont un problème avec mon pays ». Un refoulement politique lourd de sens qui fait écho aux sorties de Donald Trump, qui expliquait à la Maison Blanche que la Somalie n'était « même pas un pays » tout en qualifiant ses habitants de « déchets ». Malgré le soutien officiel de son ministre des Sports, le sifflet africain est la première victime collatérale de la paranoïa frontalière américaine.
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