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·27 avril 2026

Interview exclusive - Paulo Duarte : «la Guinée sur la bonne voie, le Sénégal capable d’aller très loin au Mondial»

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Paulo Duarte confiant pour le Sénégal au Mondial


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Paulo Duarte/@Ouest France

Grand connaisseur du football africain, l'entraineur portugais Paulo Duarte poursuit son bonhomme de chemin avec la Guinée.

Ancien sélectionneur du Burkina Faso, du Gabon et du Togo, l'ancien joueur d'União Leiria tentera de marquer les esprits avec le “Syli National”, qui n'arrive pas à être compétitif sur la scène continentale, malgré un vivier inépuisable de talents.

Dans une entrevue exclusive accordée à “Foot Africa”, le natif de Massarelos a fait un tour d'horizon de l'actualité du football africain, évoquant notamment son passage avec la Guinée, ainsi que l'hémogénie des entraineurs portugais en Ligue des champions de la CAF, avant d'aborder les chances des sélections africaines dans la Coupe du monde 2026.

Quels sont vos objectifs avec la sélection nationale de la Guinée (Syli National) ?

L’objectif avec la Guinée est de reconstruire une équipe en phase de transition, aussi bien sur le plan sportif que sur le plan de l’âge. C’est une sélection qui possède beaucoup de talent, mais qui manque encore de stabilité et d’organisation, notamment dans la gestion du groupe.Mon objectif est donc d’opérer un renouvellement en misant sur la jeunesse et la qualité, afin de donner une nouvelle longévité à cette sélection. L’idée est d’intégrer de jeunes joueurs et, bien sûr, de viser une qualification, puis d’atteindre au minimum les demi-finales de la CAN.

Y a-t-il de nouveaux talents binationaux qui vont rejoindre la Guinée lors des éliminatoires de la CAN 2027 ?

Oui, bien sûr. Il y a des joueurs binationaux, mais pas autant que nous le souhaiterions. On a cinq ou six joueurs de très haut niveau, qui ont déjà évolué au plus haut niveau, mais qui, jusqu’à aujourd’hui, n’ont pas répondu favorablement et déclinent les invitations de jouer pour la Guinée.Cela représente aussi un vrai problème pour nous, car si on parvenait à convaincre ne serait-ce que sept joueurs, la Guinée aurait une équipe fantastique. Mais on ne peut pas obliger un joueur à représenter la Guinée.Il y a donc d’autres jeunes joueurs, peut-être moins expérimentés à court terme, mais qui ont des qualités, et surtout la volonté de jouer pour le pays. Et pour moi, c’est le plus important : avoir des joueurs prêts à tout donner pour le drapeau.

Pourquoi la sélection guinéenne n’arrive-t-elle pas à obtenir de bons résultats malgré un énorme vivier de talents ?

Justement, je pense que c’est un pays qui a trop de talents, notamment en Europe. Il y a des joueurs partout, mais sur le long terme, pendant de nombreuses années, l’équipe a évolué dans une certaine désorganisation et un manque de discipline.Chacun faisait un peu ce qu’il voulait, c’est l’analyse que je fais. En huit ou neuf mois de présence, j’ai constaté que certains joueurs se servaient de l’équipe nationale au lieu de la servir. Ils venaient quand cela les arrangeait, jouaient quand ils le souhaitaient. Je pense que c’est la principale raison pour laquelle la Guinée n’a pas progressé.Aujourd’hui, il est temps de dire que cela suffit. Il est temps de changer, et ce moment est arrivé. Renouveler une équipe demande du travail, et les résultats ne viennent pas toujours immédiatement. Intégrer de nouveaux joueurs, reconstruire un groupe, instaurer une dynamique et mettre en place une organisation tactique, cela prend généralement un à deux ans, au minimum.Mais heureusement, les résultats commencent à venir. Nous avons renouvelé l’équipe avec de la qualité. Sur huit matchs, nous n’avons perdu que le dernier. Pour nous, une nouvelle phase commence.Cependant, l’exigence restera élevée, tout comme le professionnalisme. Tout joueur qui veut représenter la Guinée doit comprendre qu’il y a des règles et une discipline. Ce n’est pas le joueur qui fait l’équipe, ni celui qui décide quand il vient ou non.La priorité, c’est la Guinée. D’abord la Guinée, ensuite la Guinée, et toujours la Guinée avant tout.

Le football portugais sera à l’honneur en finale de la Ligue des champions avec la présence de Miguel Cardoso et Alexandre Santos sur les bancs du Mamelodi Sundowns et de l’AS FAR. Est-ce une nouvelle preuve que l’école portugaise est la plus compatible avec le football africain ?

Non, il ne s’agit pas seulement d’une question de lien entre le Portugal et l’Afrique, mais surtout de la qualité des entraîneurs.Les techniciens portugais ont beaucoup évolué au fil des années, notamment grâce à l’influence de figures majeures comme José Mourinho, qui a ouvert la voie à toute une génération. Pour moi, il a été l’un des principaux responsables de cette progression.Ils ont apporté de nouvelles idées, une meilleure visibilité du jeu, ainsi que des méthodes d’entraînement modernes. Ils ont aussi contribué à définir ce qu’est le football actuel, basé sur l’organisation, l’exigence et le professionnalisme.Aujourd’hui, l’entraîneur portugais est reconnu pour sa capacité d’adaptation, sa rigueur tactique et sa compréhension du football moderne. Ce sont des qualités très recherchées, notamment en Afrique.Miguel Cardoso en est un bon exemple. Après un parcours qui n’a pas toujours été simple, il a réussi à s’imposer sur le continent africain. Je suis très heureux pour lui, car il représente dignement les entraîneurs portugais.Atteindre une troisième finale consécutive est une grande performance. J’espère qu’il réussira cette fois à remporter le titre avec son club.

Qui est votre favori pour la Ligue des champions de la CAF ?

Sundowns, avec leur expérience, vont affronter l’AS FAR qui a fait un parcours exceptionnel. Et c’est justement la force des “Militaires”, ils vont aborder cette opportunité comme si c’était la dernière de leur vie.Ce ne sera pas facile pour les “Brésiliens”, même s’ils ont plus d’expérience et une équipe de grande qualité. Mais l’AS FAR, je pense, aura aussi son mot à dire dans cette Coupe d’Afrique.

Quelle sélection africaine a le plus de chances d’aller loin en Coupe du monde ?

Je pense qu’aujourd’hui, l’équipe qui a le plus de chances pour la Coupe du monde, c’est le Sénégal.Je vais dire le Sénégal, pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui, je félicite l’entraîneur qui est en place. On voit un Sénégal complètement différent de celui d’il y a un an ou un an et demi. C’est une équipe qui contrôle le jeu, qui met de la pression, qui joue haut et qui n’accepte pas que l’adversaire joue.Avant, j’avais déjà joué cinq ou six fois contre le Sénégal et je n’avais perdu qu’une seule fois. À l’époque, c’était une équipe qui laissait jouer, puis qui, grâce au talent et à la qualité de ses joueurs, pouvait résoudre les matchs en quelques minutes.Aujourd’hui, c’est le contraire. C’est un Sénégal qui travaille ensemble, avec le ballon et sans le ballon, qui joue bien et qui étouffe l’adversaire. Le pressing est moderne, l’exigence est très élevée. Aujourd’hui, je vois un Sénégal qui fait tout ça. Il y a un an et demi, ce n’était pas le cas.Donc pour moi, aujourd’hui, le Sénégal est une force énorme, une vraie puissance, et je crois qu’il peut aller très loin.Le Maroc aussi est une grande équipe, avec un grand potentiel. Même s’il n’a pas montré son meilleur football lors de la dernière CAN, j’attendais plus de lui. Mais c’est toujours une équipe capable de créer des surprises.

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