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·25 mars 2026
« J’ai vu tomber des missiles » : un ancien de l’Equipe d’Italie raconte ses péripéties pour fuir l’Iran sous les bombes

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·25 mars 2026

Gabriele Pin, ancien entraîneur adjoint de l’Equipe d’Italie de 2010 à 2014, a vécu des heures terrifiantes en Iran, alors que les tensions explosaient entre les États-Unis, Israël et le pays de Khamenei. Dans une interview à La Gazzetta dello Sport, il raconte comment lui et son équipe ont dû fuir pour sauver leur vie.
« Toutes les communications ont été rapidement coupées. Je ne pouvais pas appeler ma famille pour les rassurer », confie-t-il. Le voyage vers la frontière a duré plus de 15 heures, sans pause. « Les chauffeurs ne voulaient pas s’arrêter pour se reposer. Je me suis assis à côté du mien dès que j’ai vu sa tête tomber, je le tenais éveillé. Nous sommes arrivés à Tabriz, puis à la frontière, après 2 600 km de voyage. Nous sommes partis avec 28 degrés et arrivés à -18. Nous n’étions pas préparés à un tel froid. Mes mains étaient violettes. Ils m’ont demandé mon passeport, mais je n’arrivais pas à le sortir de ma veste à cause de mes doigts gelés. Ils ont dû le prendre eux-mêmes. »
Aux contrôles, quelques problèmes se sont réglés avec un peu d’argent, mais Pin insiste : « Moi, je n’ai rien payé. Un soldat m’a reconnu : “Coach Esteghlal ?” J’avais remporté un championnat avec l’Esteghlal, attendu depuis neuf ans. “Je peux passer ? Faites toutes les photos que vous voulez, mais laissez-moi passer…” »
Pin raconte aussi l’angoisse dans les grandes villes : « À Dubaï, nous avions quelques jours de libre. Nous venions de Téhéran. Un joueur m’a écrit : “Mister, que se passe-t-il ? On nous a fait descendre de l’avion. Les gens fuient. J’ai vu tomber des missiles.” Ces frappes visaient Ali Khamenei. Ils ont même touché un site nucléaire près d’Ispahan, principalement pour faire fuir la population. »
La fuite s’est organisée rapidement grâce au club et à l’aide de Nicholas, un agent italien. « Il nous a fallu deux heures pour sortir de la ville : les gens avaient pris d’assaut magasins et stations. Au-delà de la frontière, un minibus du club turc nous attendait. Nous avons continué jusqu’à Van, puis nous avons acheté deux billets pour Istanbul et avons enfin pu rentrer à Bologne. »
Mais Pin se souvient aussi de la gentillesse des Iraniens : « Les Persans sont formidables, doux, généreux et cultivés. Beaucoup de jeunes ambitieux. Un garçon de mon hôtel étudiait après son service : “Il me reste deux examens d’ingénierie. Je rêve de voyager et de trouver un bon travail, mais on ne me laisse pas sortir d’ici”, me racontait-il en pleurant. »
Les souvenirs de la répression restent vifs : « Le pire était en décembre, pendant les grandes manifestations. Chaque soir, nous fermions les volets de l’hôtel. Internet était coupé pour empêcher la diffusion à l’étranger. Devant ma fenêtre, la tristement célèbre prison d’Evin, où Mahsa Amini a été torturée et tuée pour avoir mal porté le voile. »
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