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Lucarne Opposée

·7 mars 2026

Japon – J.League 2026 : premier mois, premiers enseignements

Image de l'article :Japon – J.League 2026 : premier mois, premiers enseignements

La J.League a repris depuis un mois, l’heure est donc venue de faire le point, avant de jeter un œil sur les étages inférieurs.

Guide du tournoi

Un nouveau Sanfrecce intéressant

Fraîchement arrivé du RB Leipzig, l’entraîneur allemand de trente-huit ans Bartosch Gaul avait la pression de poursuivre les travaux menés par Michael Skibbe depuis 2022, qui avait remis le Sanfrecce à sa place en J1 : la lutte pour le titre. Et c’est pour l’instant en bonne voie. Malgré une défaite surprise face à Kyoto lors de la quatrième journée, les trois premiers matchs sont dans l’ensemble très positifs, notamment la victoire à Nagasaki. Avec huit buts inscrits, Hiroshima a la meilleure attaque de la Conférence Ouest, et se procure un beau volume d’occasions, ce qui avait manqué en 2025. L’équipe de Bartosch arrive à être dangereuse en transition et performe aussi contre des blocs bas. Akito Suzuki, arrivé cet hiver, est la clé qui manquait depuis plusieurs années : un avant-centre performant qui peut évoluer seul en pointe. Des joueurs comme Taichi Yamasaki ou Motoki Ohara ont également enfin leur chance, de quoi prouver que le Sanfrecce a un effectif réellement complet, plus qu’on pouvait le penser. Néanmoins, certains problèmes de l’ère Skibbe refont surface, notamment derrière. Les espaces entre les centraux et les pistons qui sont souvent très hauts, le manque de communication entre les défenseurs, qui amène notamment le but de l’égalisation de Kyoto, ou encore un Keisuke Osako pas toujours fiable. Le contenu offert par le Sanfrecce de Gaul est bon, Hiroshima est de nouveau parmi les favoris à la victoire pour ce tournoi de transition, mais comme souvent en J.League, on ne se sépare pas facilement des vieux démons.


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La recette de Kyoto fonctionne toujours

Comment un club comme Kyoto peut-il être aussi performant ? L’effectif est mal construit, a perdu en qualité cet hiver, la qualité technique est approximative et la tactique est la même qu’en 2022. Mais l’équipe emmenée par Jo Gwi-jae arrive toujours à surprendre. Et notamment face aux gros adversaires. Sanga subit en première période, encaisse parfois, puis revient métamorphosé en début de deuxième mi-temps, et parvient au moins à égaliser. C’était le cas contre Kobe et contre Hiroshima, avec une capacité impressionnante à profiter de chaque erreur adverse. Et malgré un scenario qui se répète, tout le monde est encore surpris à chaque récidive. Pour la troisième journée, le coach nippo-coréen a décidé d’aligner une défense à trois, permettant à Kyo Sato et Shinnosuke Fukuda d’évoluer dans une position plus adaptée à leurs capacités, ce qui s’est soldé par deux victoires, et des prestations défensives plus rassurantes, ce qui avait manqué en 2025. Kyoto est un des deux seuls clubs invaincus de la Conference Ouest, avec le Gamba Osaka, et affirme ses ambitions d’être une équipe de premier plan au Japon. Pour conclure ce beau mois de février, le club peut aussi se satisfaire de l’éclosion du milieu Yoon Sung-jun, dix-huit ans.

Deux promus surprenants

En difficulté sur les deux premières journées, Mito et Nagasaki montent progressivement en puissance, accrochant quelques résultats intéressants. C’était pourtant très dur pour le V-Varen, gifflé trois à un d’entrée par le Sanfrecce Hiroshima, puis sèchement battu par le Vissel Kobe deux buts à zéro, sans réellement exister. Mais l’équipe de Takuya Takagi avait besoin d’un peu de temps, et d’un petit électrochoc, trouvé face à Nagoya, également en plein doute. L’ancien d’Urawa Thiago Santana y a enfin débloqué son compteur but, tout comme le jamaïcain Norman Campbell, auteur d’un doublé. Le réveil s’est poursuivi le week-end dernier, avec une victoire sur la plus petite des marges face au Cerezo Osaka. Des doutes subsistent, notamment sur la qualité des joueurs de couloir, mais le V-Varen a peut-être lancé une belle série. Tout comme Mito, champion surprise de J2 en 2025, et qui n’a perdu qu’un petit match en 2026, lors de la première journée face à Verdy.

Malgré une majorité de joueurs n’ayant jamais évolué en J1, HollyHock est ambitieux, propose de vraies séquences collectives, et marque grâce à son duo Yoshiki Torikai et Chihiro Kato. La plus grosse surprise est cependant en défense, où le nippo-malien Malick Fofana s’est installé, alors qu’il n’avait, à vingt-cinq ans, jamais joué une saison complète en professionnel. HollyHock a encore du travail pour apprendre à mieux gérer ses matchs, mais comme pour Nagasaki, c’est une équipe rafraîchissante pour la J1.

Kashima tranquille

Pour gagner, il faut bien défendre, convertir ses occasions, et le reste est secondaire. Avec cette philosophie, les Antlers ont conquis le titre en 2025, et trônent actuellement en tête de la Conférence Est de 100 Year Vision League. Trois victoires et un nul, face au FC Tokyo, un parcours presque sans accroc pour Toru Oniki et ses hommes, qui ont la meilleure défense à l’Est, et cette aura de champion presque imperturbable. Le week-end dernier, après avoir encaissé deux buts en début de match face à Urawa, personne n’a paniqué et Kashima est tranquillement remonté au score grâce à son duo Léo Ceará et Yuma Suzuki, aidés par le supersub Aleksandar Cavrić. Même si l’effectif a peu changé, Toru Oniki fait de plus en plus confiance à la jeunesse. Ryotaro Araki a retrouvé sa place de titulaire sur l’aile droite, Shuhei Mizoguchi a été installé au poste de latéral gauche et l’ailier Haruki Hayashi, tout juste arrivé de l’université Meiji, est déjà dans la rotation. Kashima n’est pas dominant, loin de là, mais le calme et l’expérience paient en J1.

Un ancien dauphin transformé en sardine

Si Kashima a récupéré le titre et les honneurs en 2025, son dauphin n’avait pas démérité, mais vit une année 2026 plus compliquée. Battu d’entrée sur le score de cinq à trois par Kawasaki, Kashiwa a perdu toute sa sérénité cet hiver, malgré un effectif stable. Avec neuf buts encaissés pour les trois premiers matchs, dur de jouer tout en haut. Frustrant aussi, puisque ces buts viennent d’erreurs individuelles. Seiya Baba, Wataru Harada, ou Hiromu Mitsumaru ont tous participé à ces débâcles. Au milieu, Nobuteru Nakagawa n’arrive plus à retrouver son sensationnel niveau de l’automne dernier, et Ricardo Rodriguez doit s’en remettre à des briscards comme Yusuke Segawa et Yoshio Koizumi pour créer du danger. Malgré la tempête en début de saison, Kashiwa a redressé la barre le week-end dernier, avec une belle victoire face au FC Tokyo, et sans encaisser de but. La sardine va peut-être se transformer en saumon et remonter la rivière du classement.

L’illisible Vissel Kobe

Troisième de la Conférence Ouest, avec un petit point de retard sur Kyoto, et meilleure défense Est et Ouest confondus, le Vissel reste sur ses standards habituels malgré un changement de coach : un jeu parfois rudimentaire, avec beaucoup d’intensité et une défense très dure à manoeuvrer. Takayuki Yoshida n’est plus là, mais Michael Skibbe peine à imprégner sa patte. Le changement majeur se trouve au niveau du pressing, plus important que les années précédentes. Le bloc du Vissel est plus haut, ce qui pose quelques problèmes de stérilité, mais qui répond à deux problèmes majeurs de l’effectif : un manque d’ailiers percutants, et des latéraux qui aiment jouer haut, notamment Rikuto Hirose, qui reprend des couleurs en ce début de saison. La blessure de Yuya Osako a un peu changé les plans du coach allemand, qui a donné les clés de l’attaque à Ren Komatsu. Muet en J1 depuis son arrivée à l’été 2025, l’ancien buteur du Blaublitz Akita en J2 s’est offert son premier but dans l’élite face à Fukuoka, et monte en puissance, notamment sur sa qualité de jeu en pivot. Skibbe a eu l’intelligence de conserver les bases des saisons précédentes et de ne pas tout changer, ce qui fonctionne comptablement et lui permet de faire confiance à des jeunes du centre de formation, notamment Kaito Yamada. Et à défaut de marquer l’histoire du club par le jeu, il a déjà réussi l’exploit de faire jouer des gamins de dix-neuf ans, ce qu’aucun avant lui n’a tenté. Mais le tournoi de transition reste secondaire, l’objectif principal ce printemps reste l’Asian Champions League.

Toujours des difficultés pour les Marinos

Après une année très éprouvante et un maintien acquis en fin de saison, les Marinos, dont l’avenir économique est toujours incertain, n’ont pas réussi à capitaliser sur la bonne dynamique de 2025. Trois défaites pour les trois premiers matchs. Des défaites courtes dues à un manque d’efficacité dans les deux surfaces. Lors du premier match, face à Machida, YFM a perdu son gardien Park Il-gyu sur blessure, lui qui avait été si précieux l’automne dernier. Son remplaçant, le jeune Ryoya Kimura, vingt-deux ans, a signé des prestations délicates. Il n’est pas aidé par les difficultés défensives des latéraux Ren Kato et Taisei Inoue, coupables sur plusieurs buts encaissés. Devant, le match face à Verdy lors de la quatrième journée a enfin apporté de la sérénité avec trois buts inscrits, dont un de Kaina Tanimura, qui débloque enfin son compteur en 2026. Le trio avec Jordy Croux et Daiya Tono fonctionne enfin. Si Tomoki Kondo finit par performer, ce quatuor peut être redoutable.

Débuts mitigés pour Micha

Sixième de la Conférence Ouest avec trois points de retard sur Kyoto, Nagoya ne fait pas un mauvais début d’exercice comptablement. Mais c’est encore très poussif, notamment offensivement, où le trio composé de Yudai Kimura, Marcus Vinicius et Yuya Yamagichi, trois excellents joueurs, ne fonctionne pas vraiment. Michael Petrović, entraîneur mythique en J.League, n’arrive pas encore à insuffler sa magie, malgré un effectif plus que taillé pour le top trois à l’Ouest. Ce n’est cependant pas une surprise, passer de Kenta Hasegawa à Micha relève du grand écart. L’Autrichien peut en tout cas compter sur une colonne vertébrale déjà performante, avec Daniel Schmidt dans les cages, Haruya Fujii en défense et Sho Inagaki au milieu. Reste à trouver un moyen de faire fonctionner le trio de devant et le couloir gauche, puisque ni Shohei Tokumoto, ni Hidemasa Koda ne donnent vraiment satisfaction, contrairement à Katsuhiro Nakayama à droite, véritablement métamorphosé.

Les autres

Dans la zone Est, débuts compliqués pour le promu Chiba avec deux petits points inscrits, et des défaites inquiétantes, notamment contre Urawa en ouverture. Urawa qui de son côté reste placé, mais subit une grosse inconstance au cours de ses matchs. Idem pour le FC Tokyo, très inefficace malgré un bon repositionnement de Kein Sato sur l’aile droite. Le club de la capitale est sixième et comme toujours abonné au ventre mou. Devant, Machida surprend. Premier de la zone Est en ACL, Zelvia est invaincu en J1 et propose un jeu plus digeste que les deux saisons précédentes. Erik et Yuki Soma sont en feu et ont déjà inscrit sept pions à eux deux. Juste derrière, Verdy occupe une troisième place surprenante. Malgré de grosses pertes cet hiver et un coach Hiroshi Jofuku parfois un peu dépassé, le club de la capitale sait profiter des erreurs adverses. La récente défaite contre les Marinos a cassé la série, attention à ne pas sombrer, la défense reste fragile. Enfin, Kawasaki est quatrième, et les mois se suivent et se ressemblent. Comme en 2025, l’attaque fonctionne bien, avec un Erison co-meilleur buteur de J1. Mais Frontale est incapable de faire quatre-vingt-dix bonnes minutes. Yasuto Wakizaka est en forme, Tatsuya Ito monte en puissance, l’équipe de Shigetoshi Hasebe reste placée pour jouer la première place. Attention à Svend Brodersen, pas irréprochable sur les sept buts encaissés.

Dans la zone Ouest, l’Avispa Fukuoka vit presque la même saison que Chiba, et est incapable d’exister quand l’adversité augmente. Deux petits buts inscrits, dont un sur un magnifique coup-franc direct du jeune Yu Hashimoto face à Kobe. C’est un petit peu mieux à Okayama, mais tout de même décevant. Le Fagiano n’a pris que quatre points, et n’a affronté qu’un seul vrai cador, Hiroshima. Le jeu proposé est pauvre, et manque beaucoup de qualité à la création sans Ryunosuke Sato, même si Towa Yamane commence à montrer de belles choses. Parmi les clubs décevants, le Cerezo occupe une grande place. Une petite victoire face à Fukuoka, et surtout trois défaites, dont une face au rival du Gamba. Le Gamba de Jens Wissing est d’ailleurs un peu poussif, mais reste bien placé. L’allemand a réussi à faire cohabiter Issam Jebali et Deniz Hümmet devant. Tout n’est pas encore parfait, la charnière centrale composée de Genta Miura et Shinnosuke Nakatani est parfois en difficulté, mais le club de Suita n’est qu’à un point de Kyoto. Enfin, Shimizu est exactement où on l’attend, septième, et peut compter sur ses certitudes de l’an dernier, Matheus Bueno, Yutaka Yoshida et Jelani Sumiyoshi. Le spectateur s’ennuie, le onze change peu, aucune once de surprise en perspective.

Et la J2/J3 ?

Comme la J1, la J2 et la J3 participent à la 100 Year Vision League, mais sont regroupées, puis les clubs sont séparés en quatre zones. Dans la zone Est A, le Vegalta Sendai domine avec onze points sur douze possibles, devant le relégué Shonan Bellmare et un surprenant Blaublitz Akita. Yokohama FC, également relégué, est à une décevante huitième place. En zone Est B, un trio de tête se détache avec le RB Omiya, club détenu par Red Bull et comptant quatre victoires en quatre matchs. Dans le wagon suivent le Ventforet Kofu, vainqueur de la Coupe de l’Empereur en 2022 et mené par le jeune espoir Yamato Naito, et un très surprenant FC Gifu, club de J3 porté par l’expérimenté gardien espagnol Jon Serantes. Ancien pensionnaire de J1, le Consadole Sapporo est huitième et Fukushima United est lanterne rouge avec treize buts encaissés en quatre matchs, rien de surprenant pour les suiveurs de J3. En zone Ouest A, c’est le petit club de Kochi United qui est premier, profitant d’un revers des favoris Tokushima Vortis et Albirex Niigata, qui sont deuxième et troisième. Enfin, dans la zone Ouest B, le Tegevajaro Miyazaki en est à douze points sur douze. Promu en J2 cet hiver, la dynamique de la montée est encore présente, malgré la blessure de Keigo Hashimoto, meilleur buteur de J3 en 2025. Le Sagan Tosu, favori, est quant à lui en grande difficulté avec une neuvième place et toujours aucune victoire.

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