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·24 mars 2026
Jérémie Janot : "On sentait qu’on avait affaire à un titan"

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Jérémie Janot a rendu hommage à Ivan Curkovic, figure majeure de l’histoire de l’ASSE, en revenant sur l’influence du gardien yougoslave dans sa formation et plus largement dans l’identité du club. Un témoignage de transmission, d'exigence et d'héritage pour l’ancien portier des Verts qui évoque une référence toujours présente.
Arrivé à Saint-Étienne au début des années 1990, Jérémie Janot découvre rapidement le poids de l’histoire du club. "J’ai découvert l’ampleur du phénomène vert en arrivant dans la région en 1993", explique dans Le Progrès celui qui compare immédiatement la ferveur locale à celle du Nord. Très tôt, les Verts de 1976 s’imposent comme une référence. "J’ai tout de suite eu connaissance des héros de 76." Cet héritage, il le touche de près dès ses années de formation, notamment avec Christian Synaeghel puis sous les ordres de Robert Herbin. "Tu sentais que c’était la fierté de tout un peuple." Pour Janot, ces figures ont façonné bien plus qu’un palmarès : "Ils ont forgé l’identité de ce club et de ce que doit être un joueur des Verts."
Dans ce paysage, Ivan Curkovic occupe une place à part. Janot parle d’un modèle, autant pour ses qualités que pour son approche du poste. "J’ai l’image d’un mythe. Une légende." Il insiste sur son rôle pionnier. "Les premiers spécifiques gardiens ont été faits à Saint-Étienne, avec Curko. C’est le père fondateur de mon métier aujourd’hui." Au-delà de l’image, ce sont surtout les échanges qui l’ont marqué. "À chaque fois que je l’ai rencontré, c’était l’équivalent de 100 spécifiques."
L’ancien gardien se souvient aussi d’un épisode révélateur. Après un match remporté, Curkovic le défend publiquement sur un but encaissé. Puis, en privé, le discours change. "Je t’ai défendu devant la presse, mais tu sais que tu dois mieux faire." L'exigence et le respect. "On sentait qu’on avait affaire à un titan, mais il se mettait à notre niveau." Cette capacité à transmettre, sans s’imposer, reste l’un des traits qui a marqué Janot.
L’influence de Curkovic dépasse les souvenirs personnels. Elle s’inscrit dans la culture de travail du club. Janot évoque notamment les méthodes d’entraînement héritées de cette époque. "Curko avait la réputation de s’entraîner très dur, et à l’ASSE, on a gardé ça." L’exercice du "serpent", transmis par Patrick Revelli, en est un exemple concret. "Je me disais : si tu veux réussir, il faut faire le serpent."
Cet héritage se prolonge aujourd’hui dans sa propre approche d’entraîneur. "Je ne vous promets qu’une seule chose, du travail et de la sueur." Une ligne directe avec l’exigence instaurée par les anciens. Janot résume cette filiation avec lucidité. "On n’était peut-être pas les héritiers du talent de Monsieur Curkovic, mais de son éthique de travail."
Même lorsqu’il dépasse Curkovic en nombre de matchs disputés sous le maillot vert, le constat reste le même. "Curko, je l’ai juste dépassé numériquement mais il reste inégalable." Une manière de rappeler que certaines figures dépassent les statistiques et continuent d’incarner une référence durable dans l’histoire de l’ASSE.
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