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·25 février 2026
Kanté, la pièce manquante du puzzle stéphanois

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Abdoulaye Kanté, arrivé en provenance de Middlesbrough lors du mercato hivernal, vient de connaître sa première titularisation à Geoffroy-Guichard. Une première victorieuse face à Laval, où ses 80 minutes de jeu ont permis de mesurer toute l’étendue de sa palette. Et surtout, elles ont mis en lumière ce qui était évident depuis des mois : l’ASSE avait besoin d’un numéro 6. Aujourd’hui, elle l’a peut-être enfin trouvé.
Depuis le début de la saison, ce poste était resté en suspens. Entre le cas Ekwah, les tentatives successives d’Eirik Horneland et les ajustements permanents, l’équilibre du milieu stéphanois n’avait jamais réellement été stabilisé. Luan Gadegbeku en début de saison avant sa blessure, Tardieu pour apporter de la qualité technique dans la conservation et la relance, Jaber pour densifier l’impact physique, jusqu’à l’option Maxime Bernauer. L’arrivée de Kanté apparaît comme une réponse claire à cette problématique structurelle.
En manque de temps de jeu en Championship, du côté de Middlesbrough, le milieu défensif s’est pourtant intégré à vitesse grand V. Entré à la 71e minute contre Montpellier, titulaire 90 minutes à Guingamp, puis 80 minutes face à Laval, il a quitté la pelouse épuisé mais avec la satisfaction d’une prestation aboutie. Une performance qui donne le sentiment d’avoir trouvé la pièce manquante du puzzle stéphanois.
Dans un 4-3-3 moderne, le numéro 6 n’est plus un simple récupérateur. Il est le point d’équilibre du système.
Lorsque l’équipe construit en double pivot, il partage la première relance avec un relayeur qui descend à sa hauteur, en l’occurrence Augustine Boakye. Cela sécurise la sortie de balle face au pressing, multiplie les angles de passe et évite l’isolement devant la défense. Dans cette phase, le 6 doit être propre techniquement, capable de jouer sous pression et de casser des lignes.
À la perte du ballon, la structure bascule souvent vers un 4-1-4-1. Le relayeur remonte et le numéro 6 devient l’unique sentinelle devant la défense. C’est dans cette configuration que son importance devient capitale. Il doit couper les transitions, fermer l’axe, protéger la zone entre les lignes, orienter le pressing et compenser les montées des latéraux. S’il est éliminé, la défense est immédiatement exposée.
Offensivement, son rôle est tout aussi stratégique. Il doit choisir le tempo, accélérer ou temporiser, orienter le jeu vers les ailes ou verticaliser dans l’axe. Il garantit l’équilibre lorsque les milieux offensifs se projettent. Un bon numéro 6 ne saute pas toujours aux yeux. Mais son absence, elle, se ressent immédiatement.
Face à Laval, Kanté a signé un match plein, dans tous les compartiments du jeu.
Ses statistiques défensives sont révélatrices. Il totalise 13 récupérations, 7 aides défensives, 4 tacles tentés dont 3 réussis et 3 interceptions. Il dispute 12 duels et en remporte 7, dont 5 sur 9 au sol. Là où ce fut plus compliqué, c’est peut-être dans les airs, où il ne gagne qu’un duel sur trois.
Ces chiffres confirment son rôle central dans la phase défensive du 4-1-4-1. Les 13 récupérations traduisent sa capacité à couper les circuits adverses, notamment dans l’axe. Les 7 aides défensives illustrent parfaitement son travail de compensation, probablement dans les demi-espaces lorsque les latéraux étaient engagés plus haut.
Il ne gagne pas tous ses duels, mais son volume d’interventions est élevé. Il est présent dans les zones chaudes, là où se décident les transitions.
Au-delà de la récupération, son apport dans la construction est tout aussi intéressant.
Kanté réussit 56 passes sur 65 tentées, soit 86 % de précision. Il réalise 34 passes réussies sur 40 dans la moitié adverse, et 22 sur 25 dans sa propre moitié. Il réussit également 4 passes longues sur 5 et délivre une passe clé. Avec 81 ballons touchés, il fait partie des joueurs les plus impliqués dans l’organisation du jeu.
Ces données montrent qu’il ne s’est pas contenté de sécuriser derrière. Il a accompagné les offensives, pris des responsabilités et participé activement à l’installation du bloc dans le camp adverse. Son volume de jeu et sa propreté technique sont essentiels dans un système où le 6 doit fluidifier les transitions entre défense et attaque.
Les 11 pertes de balle recensées s’expliquent en partie par son rôle central. Toucher autant de ballons implique forcément une exposition plus importante à la pression adverse. Ce chiffre reste à surveiller, mais il n’entache pas la cohérence globale de sa prestation.
Dans un match où l’ASSE a dominé la première période avant de gérer la seconde, le rôle de Kanté était fondamental pour contenir les transitions lavalloises. Il n’a pas livré un match spectaculaire. En revanche, il a livré un match structurant, qui offre solidité et confiance à l’ensemble du bloc équipe. Et c’est bien le plus important dans la quête de points précieux pour la montée.
C’est peut-être ce qui manquait le plus à cette équipe depuis plusieurs mois. Si la confirmation devra se faire sur la durée, la prestation face à Laval laisse penser que Saint-Étienne a enfin trouvé son point d’équilibre au milieu du terrain.
Données : Sofascore









































