CoeurMarseillais
·3 septembre 2026
L1 – Benoît Bastien veut mettre fin à l’anti-jeu

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·3 septembre 2026

Sur le papier, la nomination de Benoît Bastien au poste de directeur technique adjoint aux côtés d’Antony Gautier sonne comme une bonne nouvelle pour un football français à bout de souffle sur la question de l’arbitrage. L’ancien international, respecté pour sa poigne sur les terrains, affiche des intentions limpides : moins de simulations, moins de contestations, davantage de fluidité dans le jeu. Le diagnostic est juste. Reste à savoir si un homme, même bien placé, peut inverser une culture du chipotage ancrée depuis des années dans le championnat.
L’argument avancé par Bastien mérite qu’on s’y attarde : il pointe du doigt le contraste avec les compétitions européennes, où les contacts suscitent moins de tricherie et d’exagération que sur les pelouses hexagonales. L’observation n’est pas nouvelle, mais elle vient enfin d’un homme désormais en position d’agir plutôt que de commenter depuis le rectangle vert. Encore faut-il que cette lucidité sur les vices du football français se traduise en consignes concrètes et, surtout, en sanctions effectivement appliquées sur le terrain, ce qui, jusqu’ici, a toujours été le maillon faible des velléités réformatrices de la Fédération.
La piste des capitaines responsabilisés séduit sur le principe. Faire des leaders d’équipe des relais de l’autorité arbitrale, plutôt que des chefs de file de la contestation, s’inspire d’un modèle déjà éprouvé ailleurs, notamment en rugby. Mais le football français a ses propres réflexes, et les capitaines eux-mêmes sont souvent les premiers à entretenir le rapport de force avec le corps arbitral. Convertir cette culture en quelques mois de mandat relève moins d’un ajustement technique que d’un changement de mentalité générationnel.
Bastien ne s’y trompe pas en évoquant lui-même un « challenge ». L’expression, presque modeste, contraste avec l’ampleur du chantier qui l’attend : redonner de la crédibilité à un arbitrage régulièrement sous le feu des critiques, tout en modifiant les comportements de joueurs biberonnés à la simulation et à la contestation systématique. Le message est louable, la méthode reste à démontrer, et le football français a suffisamment enchaîné les promesses de rupture pour attendre les faits avant de crier victoire.
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