« Là maintenant, je dois prouver » : Hermann Esmel, portrait d’un revanchard | OneFootball

« Là maintenant, je dois prouver » : Hermann Esmel, portrait d’un revanchard | OneFootball

In partnership with

Yahoo sports
Icon: Foot National

Foot National

·13 avril 2026

« Là maintenant, je dois prouver » : Hermann Esmel, portrait d’un revanchard

Image de l'article :« Là maintenant, je dois prouver » : Hermann Esmel, portrait d’un revanchard

On peut clairement dire de lui qu’il a roulé sa bosse. De ses premiers pas balle aux pieds à Fleury-les-Aubrais en passant par sa formation à l’US Orléans jusqu’à ses performances actuelles avec Le Puy en National, Hermann Esmel a effectivement eu le temps de sillonner les championnats fédéraux et de se forger une réputation de joueur talentueux. Mais aussi, et surtout, d’apprendre inlassablement. Que ce soit de coachs aguerris ou de ses propres erreurs, d’ailleurs. Un parcours qui n’a absolument rien de linéaire mais sur lequel le joueur de 26 ans s’appuie pour entrevoir le présent et l’avenir sous la forme d’une revanche. Portrait.

La revanche, ce n’est sûrement pas ce qui anime le tout jeune Hermann Esmel lorsqu’il débute balle aux pieds. Du haut de ses cinq petites années, le gamin du Loiret enfile sa première tenue d’un club de football. Celui de sa commune, Fleury-les-Aubrais. C’est là, à moins de cinq kilomètres d’Orléans, que tout commence. « Fleury c'est toute mon enfance. J'ai habité là-bas, j'étais avec tous mes gars », se souvient le principal concerné. Entouré de sa « bande de copains », le footballeur en herbe défend la tunique de son club d’enfance jusqu’à la catégorie U15 Interligues, avant de rejoindre le prestigieux voisin de l’US Orléans. Enfin !


Vidéos OneFootball


Demi-finaliste de la Gambardella

« J'aurais pu signer à Orléans plus tôt, mais vu qu'on était entre amis, j'ai préféré rester à Fleury-les-Aubrais », confie Hermann, qui parvient rapidement à faire son trou à l’USO. Âgé de 15 ans, il intègre le groupe des U17 Nationaux. Encore apte pour évoluer dans la catégorie, le bleu n’y fait pas de vieux os la saison suivante. Surclassé avec les U19 Nationaux lors de la deuxième partie de l’exercice, l’ancien Fleuryssois grandit autant footballistiquement que physiquement. « J'ai eu un retard morphologique. J'étais tout petit, tout frêle et j'ai commencé à grandir dans ces âges-là. C'est là que j'ai commencé à prendre de la taille », resitue le milieu de terrain, qui participe activement au parcours héroïque du club en Gambardella lors de la saison 2017-2018.

Après avoir évincé l’Olympique de Marseille en quarts de finale (2-2, 4 tab à 2), la jeune garde orléanaise se hisse dans le dernier carré mais tombe sur un Tours FC plus fort (2-5). L’épopée n’en reste pas moins le « meilleur souvenir de ma vie jusqu'à aujourd'hui. En plus, j'étais capitaine de cette équipe, j'avais même marqué en demi-finale », souffle Hermann, « encore en relation avec les mecs de ce groupe-là. » Mais ni cette aventure ni ses apparitions avec la réserve (National 3) ou aux entraînements de l’équipe fanion ne lui permettent d’atteindre le Graal : la signature d’un premier contrat professionnel avec l’USO, pensionnaire de Ligue 2. S’il rappelle que le club « ne donnait pas beaucoup la chance aux jeunes » à cette époque, Hermann Esmel reconnaît de lui-même ne pas être « encore assez mature à ce moment-là pour le monde professionnel ».

« Je lui ai tapé dans l’œil »

Pour s’aguerrir, le jeune joueur met alors le cap à … cinq kilomètres du stade de la Source. À Saint-Pryvé Saint-Mesmin, plus exactement. Chez le modeste voisin de l’USO, le milieu défensif y découvre le « difficile » championnat de National 2, participe à une nouvelle aventure dans une coupe nationale (16e de finale de Coupe de France contre Monaco après avoir éliminé Toulouse au tour précédent) puis croise surtout la route d’un de ses mentors : Yann Lachuer, alors entraîneur du SO Romorantin et membre de la même poule de N2 que Saint-Pryvé. Lors une rencontre entre les deux formations, « je lui ai tapé dans l’œil, raconte Hermann. Durant la trêve hivernale, il voulait déjà me faire signer mais je suis resté à Saint-Pryvé avant de le rejoindre l’été d’après. Moi, je me reposais sur mes qualités mais lui voulait me faire franchir un cap parce qu'il voyait vraiment quelque chose en moi pour aller au haut niveau. C’est vraiment un coach qui m'a marqué, qui m'a fait progresser et qui m'a fait prendre conscience de plein de choses ».

« Reconnaissant » envers l’ancien métronome de l’AJ Auxerre, le jeune homme n’a pourtant pas trop le temps de lui rendre la pareille. À l’instar de la précédente, la saison est tronquée et raccourcie par l’épidémie du Covid-19. C’est seulement lors de l’exercice 2021-2022 que le football fédéral renaît. Hermann Esmel avec. Après une année enfin complète avec le SOR, le Loirétain découvre Vannes pendant six mois puis Saint-Maur, entraîné par Yann Lachuer, pendant six autres. Une saison en deux temps qui l’emmène ensuite en Vendée pour défendre les couleurs de La Roche-sur-Yon. Tout juste promu au quatrième échelon, le club vendéen rate la double accession d’un cheveu. Ou d’un but, plus précisément. À égalité de points avec le Paris 13 Atletico, le milieu et sa bande laissent filer le rival parisien en National pour un goal-average défavorable (1-0 ; 0-2). « Ça fait mal hein… », souffle Hermann. Mais cette « saison riche en émotions » reste toutefois particulière pour le footballeur.

De la terre promise au déclic

« À La Roche, le coach Fredéric Reculeau m'a réappris le football, lâche-t-il. Que ce soit dans mes déplacements, dans ma manière de réfléchir avant de recevoir, etc.… Au début, je n’arrivais pas à le comprendre, ça a pris du temps. Surtout que le groupe était celui de la montée en N2, il se connaissait déjà très bien. Il a fallu s’adapter. Mais une fois que j'ai assimilé et compris ce que le coach voulait, ça a fonctionné. » Mais ce n’est donc pas avec La Roche qu’Hermann s’apprête à grimper en National. Parti rejoindre une formation du Puy tout juste reléguée de la troisième division et reprise en main par Stéphane Dief, le milieu défensif participe activement à la remontée immédiate. Sa découverte du National, l’ancien Yonnais la tient enfin. Pas une fin en soi, puisque le joueur de 26 ans continue d’apprendre au troisième échelon.

« Au début de la saison, je n’ai pas commencé titulaire, souligne-t-il. Peut-être que je n’étais pas en forme à 100 %. Le coach a fait ses choix, il faut respecter. » À force d’abnégation, le Ponot retrouve une place de titulaire au cours de l’automne, avant de regoûter au banc en plein hiver. « Quand l’entraîneur me remet sur le banc en décembre, là j'ai un petit déclic. » C’est-à-dire une sérieuse remise en question : « Je me suis dit : ‘Si tu es vraiment fort, il va te remettre c'est sûr. Donc tu as ton destin entre tes mains, c'est toi. Fais ce que tu as à faire, entraîne-toi bien, élève ton niveau et il va forcément te mettre à un moment.’ » Arrive alors le 32e de finale de Coupe de France face à Bordeaux au stade Massot (N2). « Il me fait rentrer, je fais une grosse prestation et depuis, j'ai joué tous les matches titulaire », remémore-t-il.

Ambianceur et leader technique

Malgré ces quelques rebondissements, celui qu’on surnomme « La Pioche » ou « Tanguy » pour son style de jeu similaire à celui de Paul Pogba et Ndombélé s’épanouit comme jamais en Auvergne. « C'est le club où je prends le plus de plaisir depuis que je suis en senior », affirme-t-il. La recette de ce bonheur ? « On a vraiment un bon groupe, on s'entend tous bien, on est à peu près tous de la même génération, il y a vraiment une très, très bonne ambiance. Et je pense que c'est ce qui fait la différence aujourd'hui ». Ambiance qu’il participe à entretenir : « Dans le vestiaire, je rigole bien avec tout le monde. On sent quand je suis là et quand je ne suis pas là. Je suis quelqu'un qui aime bien charrier, qui met tout le temps la musique. » Et sur le terrain ? « Je ne suis pas quelqu'un qui parle beaucoup mais je suis un leader technique », estime-t-il.

Son talent et sa bonhommie ne seront pas de trop pour faire du promu auvergnat un candidat sérieux à la troisième place – synonyme de barrage face au 16e de Ligue 2 – durant la dernière ligne droite. « J’espère qu’on va continuer sur cette lancée, parce que nous sommes dans le sprint final et on peut faire quelque chose de beau », souffle le « revanchard. » Revanchard « dans le sens où on m'a toujours dit, et je le sais, que j'avais les qualités au-dessus de la moyenne. J'ai enchaîné beaucoup de saisons en N2, donc à un moment donné je suis en mode revanchard. Je suis en mode : ‘Là maintenant je dois montrer, je dois prouver que je n’avais rien à faire à ce niveau-là.’ C'est plus dans ce sens-là, celui de montrer mes qualités sur le terrain. » Il n’y a plus qu’à.

Retrouvez l'actualité du monde du football en France et dans le monde sur notre site avec nos reporters au coeur des clubs.

À propos de Publisher