Foot National
·28 septembre 2026
"La meilleure gardienne de D3" : à 38 ans, Emmeline Mainguy repousse encore la retraite au SM Caen

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·28 septembre 2026

Elle était décidée à 99 % à arrêter. Passée par Lyon, Guingamp ou Naples, la gardienne caennaise Emmeline Mainguy a finalement accepté de prolonger l'aventure en D3 avec le SM Caen, pour le plaisir.
Il y a des carrières qui se jouent sur un arrêt réflexe. Celle d'Emmeline Mainguy s'est peut-être prolongée grâce à une pièce de monnaie. À la fin de la saison dernière, pendant un tournoi, la gardienne du SM Caen s'est amusée à tirer à pile ou face pour savoir si elle continuait. La pièce est tombée du bon côté, celui qu'elle avait choisi. C'est sa capitaine, Morgane Hauvet, qui a raconté l'anecdote dans l'émission Allô Malherbe, selon ICI Normandie. Ses coéquipières avaient passé des semaines à insister pour qu'elle reste, persuadées qu'il lui restait « 1 % de chance » de rempiler.
Car à 99 %, c'était fini. Après une 3ᵉ place en D3 et un quart de finale de Coupe de France, Emmeline Mainguy voulait éviter la saison de trop. « Il y a un moment pour tout, pour arrêter sa carrière. Mon envie et mon souhait étaient donc d'arrêter. Après, les choses ont fait que j'ai continué », explique-t-elle, selon des propos rapportés par ICI Normandie.
À 38 ans, elle garde donc les cages de Venoix pour une saison de plus. Et son parcours force le respect. Née à Caen, Emmeline Mainguy a commencé le football à Ifs, avant de passer par le sport-études de Condé-sur-Noireau dès 16 ans, puis par Clairefontaine. Elle a ensuite porté les couleurs de l'Olympique Lyonnais, avec qui elle a remporté le championnat et la Coupe de France, avant de filer en Espagne, puis à Guingamp, Dijon, Naples, Fleury et Metz. Au total, plus de 150 matchs de D1 et une vingtaine de saisons au haut niveau.
Au SM Caen, son influence dépasse largement le terrain. Son entraîneur, Tristan Blanchard, voit en elle une grande sœur pour les plus jeunes et un repère pour tout le groupe. « Elle rassure tout le monde », insiste-t-il. « Je pense qu'on a, avec toute la modestie, la meilleure gardienne de D3 depuis qu'elle est revenue à Malherbe », toujours selon des propos rapportés par le média local.
Mais derrière ce palmarès, il y a une réalité bien connue du football féminin : une carrière pleine de titres ne rime pas avec fortune. Emmeline Mainguy en parle avec beaucoup d'humour. « J'aurais bien aimé garer ma Porsche devant le Stade Malherbe à Venoix, mais ce n'est pas le cas. Je roule en Peugeot 308 », sourit-elle. En vingt ans de carrière, elle n'a jamais gagné plus de 1 800 à 2 000 euros par mois. « Je suis gardienne, je ne suis pas attaquante », plaisante-t-elle.
Aujourd'hui, comme toutes ses coéquipières du SM Caen, elle est entièrement amatrice. Et elle voit son combat dans la continuité des générations précédentes : faire en sorte qu'un jour, les joueuses puissent remplir des stades, être connues du public et vivre de leur sport à plein temps, « sans devoir se lever à 7 h » pour aller travailler. En attendant, elle continue de défendre les cages de sa ville natale. Pour le plaisir, et pour celles qui viendront après elle.
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