Le Journal du Real
·12 février 2026
La Super Ligue : cinq ans de bras de fer qui auront donné raison au Real Madrid

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·12 février 2026

Pensée comme une rupture historique avec l’UEFA, la Super Ligue devait garantir aux grands clubs européens une stabilité financière et un contrôle accru sur leurs revenus. Cinq ans après son annonce fracassante, le projet s’est délité, jusqu’à un accord avec les instances qu’il voulait contourner. Retour détaillé sur une séquence qui a profondément marqué le football européen.
L’idée d’une ligue européenne fermée ne surgit pas en avril 2021. Elle mûrit depuis plus d’une décennie dans les bureaux des plus grandes institutions du continent. Dès le début des années 2010, la montée en puissance de tournois privés comme l’International Champions Cup, disputée en Europe, en Asie, aux États-Unis et même en Australie avec le Real Madrid en 2015, révèle un appétit mondial pour des affiches entre géants européens.
En parallèle, les clubs les plus puissants contestent de plus en plus la répartition des revenus de la Ligue des champions orchestrée par l’UEFA. Ils estiment générer l’essentiel de la valeur commerciale tout en partageant les recettes avec des structures moins attractives. Cette frustration économique s’accentue année après année. Le véritable catalyseur survient en 2020 avec la pandémie de Covid-19. Stades fermés, droits télévisés fragilisés, pertes estimées en milliards : le modèle financier vacille. Pour plusieurs dirigeants, le moment est venu de sécuriser des revenus fixes via une compétition semi-fermée.
Dans la nuit du 19 au 20 avril 2021, tout s’accélère. Florentino Pérez officialise la naissance de la Super Ligue. Douze clubs fondateurs annoncent la création d’une nouvelle compétition européenne indépendante : Real Madrid, Barcelone, Atlético, Juventus, AC Milan, Inter Milan, Manchester City, Chelsea, Tottenham, Manchester United, Liverpool et Arsenal, comme le rappelle AS. Le projet prévoit une compétition à 20 équipes, dont 15 membres permanents. Mais la réaction est immédiate. Supporters anglais dans la rue, pressions politiques au Royaume-Uni, condamnations des ligues et des gouvernements : en moins de 48 heures, Manchester City se retire, bientôt suivi par les autres clubs anglais. L’effet domino est puissant.
Dans les jours suivants, l’Atlético et les clubs italiens annoncent également leur retrait, même si certaines sorties s’échelonnent juridiquement dans le temps. L’Inter officialise sa rupture en mars 2022, la Juventus en juillet 2023. Le Barça, longtemps resté officiellement engagé, annonce son départ définitif le 7 février 2026, le jour même où Joan Laporta convoque des élections anticipées.
Quatre jours plus tard, le 11 février 2026, le Real Madrid conclut à son tour un accord avec l’UEFA et l’EFC (ancienne ECA) en vue d’une transformation du format des compétitions européennes. La Super Ligue, telle qu’imaginée en 2021, cesse alors d’exister dans sa version originelle. En cinq ans, le projet est passé du statut de révolution annoncée à celui d’épisode charnière ayant forcé l’UEFA à repenser ses formats.
Bruno DE OLIVEIRA









































