Calciomio
·12 juin 2026
« Le problème du football italien n’est pas tant la formation que la transition vers le très haut niveau »

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·12 juin 2026

Comme le raconte Ultimo Uomo, alors que la Nazionale traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente, avec un troisième Mondial manqué qui hante toujours le football italien, une lueur d’espoir est venue de la sélection U17. En remportant le Championnat d’Europe de la catégorie, les jeunes de Daniele Franceschini ont rappelé un paradoxe devenu récurrent : les équipes de jeunes italiennes accumulent les succès alors que la sélection A peine à retrouver sa place parmi les grandes nations.
La victoire en finale contre la Belgique n’a pas été marquée par un football spectaculaire. L’Italie s’est surtout distinguée par sa maturité, sa capacité à lire les matchs et à s’adapter aux circonstances. Déjà en demi-finale contre l’Espagne, les Azzurrini avaient démontré cette qualité rare : comprendre les moments clés d’une rencontre et accepter de modifier leur approche pour maximiser leurs chances de gagner. Une intelligence collective qui a parfois semblé manquer à la Nazionale ces dernières années.
Cette équipe est le fruit d’un cycle entamé à l’automne avec l’arrivée de Daniele Franceschini à la place de Massimiliano Favo. Le changement d’entraîneur s’est accompagné d’un renouvellement du groupe, certains talents majeurs ayant été promus dans les catégories supérieures. Après des débuts prometteurs, puis une qualification difficile lors de la première phase, les Italiens ont véritablement pris confiance lors du tour Élite de mars, notamment grâce à une victoire renversante contre le Portugal.
Lors de la phase finale, l’Italie a successivement dominé la France et le Monténégro avant d’écarter l’Espagne puis la Belgique aux tirs au but. Même si cette génération ne possède pas la richesse technique de celle sacrée en 2024 avec des joueurs comme Francesco Camarda ou Mattia Liberali, elle a compensé par son organisation, sa solidarité et sa capacité d’adaptation.
Parmi les révélations du tournoi, le gardien Christian Lupo a été élu meilleur portier de la compétition. En défense, la charnière du Parma composée de Djibril Diallo et Ludovico Varali a impressionné. Varali, notamment, est considéré comme l’un des meilleurs défenseurs du tournoi grâce à sa vitesse, son sens de l’anticipation et sa personnalité. Sur les côtés, Lorenzo Dattilo, latéral gauche de la Roma né en 2010, a montré un potentiel particulièrement intéressant malgré son jeune âge.
Au milieu, le capitaine Biondini, formé à Empoli, a dirigé l’équipe avec intelligence, tandis que Gianluca Okon-Engstler, milieu du Club Bruges et fils de l’ancien international australien Paul Okon, a été l’un des hommes forts du tournoi. L’Atalantin Gasparello complète un trio prometteur.
Plus haut sur le terrain, Thomas Corigliano, meneur de jeu de la Juventus, a alterné éclairs de génie et passages plus compliqués face à l’intensité des phases finales. En attaque, Marcello Fugazzola, meilleur buteur italien du tournoi, Perillo, auteur de 36 buts cette saison entre club et sélection, ainsi que Croci, impressionnant attaquant de la Fiorentina, ont confirmé leur potentiel.
La grande question reste désormais la même que pour toutes les générations précédentes : combien de ces jeunes réussiront réellement à s’imposer chez les professionnels ? Le problème du football italien n’est pas tant la formation que la transition vers le très haut niveau. Trop souvent, les champions d’Europe U17 ou U19 peinent ensuite à obtenir du temps de jeu en Serie A.
Malgré tout, des raisons d’espérer existent. Le système de formation du Club Italia semble aujourd’hui mieux structuré, avec une philosophie commune entre les différentes sélections. Surtout, plusieurs observateurs estiment que la génération 2010 qui arrive derrière pourrait être encore plus talentueuse, au point d’être comparée à celle qui a révélé Gianluigi Donnarumma, Alessandro Bastoni, Sandro Tonali ou Moise Kean.
L’Italie a donc peut-être trouvé les fondations de son renouveau. Reste désormais à transformer ces promesses en véritables joueurs de haut niveau. C’est là que commencera le vrai défi.
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