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·30 mai 2026

« Le problème est ailleurs » : Fabio Cannavaro analyse la situation du football italien

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Fabio Cannavaro, ancien capitaine de la Nazionale championne du monde 2006 et Ballon d’Or 2006, continue de porter un regard critique et préoccupé sur l’état du football italien. Dans un entretien accordé à La Repubblica, il livre une analyse globale qui mêle formation, culture sportive et organisation du système italien.

Sur la question des jeunes joueurs à double nationalité, il pointe un problème structurel : « Beaucoup de jeunes joueurs ayant la double nationalité choisissent l’autre pays plutôt que l’Italie. Un exemple ? Matteo Palma, le défenseur que j’ai eu à l’Udinese, semble avoir choisi l’Allemagne. Si nous n’arrivons pas à attirer ceux qui ont la double nationalité, le nouveau sélectionneur aura encore moins d’options. »


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Interrogé sur la disparition du football de rue comme cause possible du déclin, Cannavaro nuance : « La rue fonctionne parce que les jeunes jouent énormément au football. Dans les écoles de foot, on joue une heure, nous on ne s’arrêtait jamais. Cela dit, le talent, quand il est là, finit toujours par émerger. Tonali est extraordinaire, Donnarumma aussi. Bien sûr, si tu ne veux que des joueurs grands, forts physiquement et rapides, ça ne fonctionne plus. Moi-même, j’avais été recalé à l’époque avant d’être pris, mais je ne sais pas si, avec les critères actuels pour les défenseurs, j’aurais eu ma chance. J’ai eu la chance de grandir dans un football où l’on jouait en marquage individuel. »

Sur les débats autour de la présidence de la FIGC et du futur sélectionneur, il cite plusieurs figures du football italien sans détourner le regard du problème de fond : « Malagò, Abete, Albertini, tous ont des qualités. Et Maldini, Del Piero, Rivera peuvent aussi apporter beaucoup. Mais le problème est ailleurs. Nous sommes à l’âge de pierre sur la fiscalité, et sur la volonté réelle d’investir dans les jeunes. Par exemple : un joueur formé en Italie devrait, après cinq ans, obtenir notre passeport, comme en France et en Espagne. »

Enfin, Cannavaro insiste sur la nécessité d’une réforme profonde de la formation : « Le centre de Coverciano doit arrêter de produire uniquement des diplômes : il doit devenir une sorte de Bocconi du football. Et il faut une vraie spécialisation pour les centres de formation : un instructeur n’est pas un entraîneur. Nous devons regarder ce qui fonctionne ailleurs et ce qui ne marche pas chez nous. Nos joueurs ne sont plus préparés à l’intensité élevée, à courir. Sur le plan athlétique, au niveau international, l’écart entre nous et les autres est immense. Nos préparateurs physiques sont parmi les meilleurs, mais nous n’utilisons pas leurs compétences correctement. »

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