Le Journal du Real
·10 janvier 2026
Le Real Madrid en finale avec sursis

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·10 janvier 2026

Le paradoxe est total. Le Real Madrid gagne, mais ne convainc pas. Le club domine au tableau d’affichage, tout en reculant dans la maîtrise du jeu.
Face à l’Atlético de Madrid, la Casa Blanca a rapidement ouvert le score, avant de perdre progressivement le contrôle du match. Bloc bas, difficultés à ressortir le ballon, incapacité à imposer un tempo : le plan de jeu n’a jamais été réellement exécuté. Le billet pour la finale est validé, mais le prix payé est élevé : football pauvre, dépendance aux exploits individuels et une équipe physiquement éprouvée.
Xabi Alonso a sauvé une balle de match. Une élimination aurait sans doute accéléré les remises en question autour de son projet. Le coach s’est voulu factuel après la rencontre, rappelant que l’objectif prioritaire était atteint. Mais le fond du problème demeure : ce Real Madrid ne domine plus ses matchs et subit trop souvent les événements.
Si le Real Madrid est encore debout, il le doit en grande partie à Fede Valverde et Rodrygo. Deux joueurs critiqués en début de saison, mais devenus indispensables dans un collectif en perte de repères. Leur volume de jeu, leur intensité et leur implication ont permis de masquer, par séquences, les lacunes structurelles de l’équipe. Et cela mérite d’être souligné : la confiance maintenue par Xabi Alonso envers ces deux profils est l’un de ses rares points forts récents.
Valverde a incarné à lui seul le Madrid qui lutte quand il ne peut pas imposer son jeu. Utilisé dans un rôle hybride, omniprésent à la récupération comme à la projection, il a surtout livré un discours d’une rare lucidité après le match. « Nous devons être autocritiques », a-t-il reconnu, dans des propos relayés par MARCA. Une déclaration forte, qui valide ce que beaucoup ont observé : le Real Madrid ne joue pas ce qu’il prépare.
Les chiffres sont sans appel et renforcent ce malaise. Moins de tirs, moins de corners, moins de touches dans la surface adverse, et surtout une domination nette de l’Atlético dans les expected goals (2,26 contre 1,15). Le Real Madrid a perdu presque toutes les batailles du jeu. Il n’en a gagné qu’une seule : celle du score.
Ce scénario n’est pas nouveau. Le talent individuel continue de masquer une pauvreté collective préoccupante. Mais face à un FC Barcelone en progression constante, l’approximation ne suffira probablement pas. D’autant plus que les Merengues arrivent diminués, avec une défense décimée, peu de solutions de rotation et un calendrier impitoyable.
Il reste néanmoins une vérité que l’histoire rappelle sans cesse : le Real Madrid n’est jamais aussi dangereux que lorsqu’il semble dos au mur. En finale, le club blanc a souvent défié la logique. Dimanche, à Djeddah, le verdict tombera.









































