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·16 janvier 2026

Le Real Madrid est-il en train d'être consumé par son manque de leadership ?

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Hier soir, à l’issue de la défaite du Real Madrid contre Albacete (3-2) en huitièmes de finale de la Coupe du Roi, l’ambiance dans le vestiaire était glaciale. C’était également le premier match pour le nouveau coach Álvaro Arbeloa, successeur de Xabi Alonso, licencié après la défaite en Supercoupe d’Espagne contre le FC Barcelone.

Selon plusieurs témoignages, aucun joueur n’a souhaité prendre la parole, laissant le silence pesant et évocateur dans le vestiaire madrilène, semblable à une cathédrale vide. Ce constat n’est pas surprenant, puisque depuis plusieurs mois, le Real Madrid peine à retrouver stabilité, équilibre et respect de l’institution et du coach, un manque cruel de véritables leaders étant perceptible dans l’effectif.


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Les leaders emblématiques du Real Madrid par le passé

Dans le passé, le Real Madrid comptait de nombreux leaders emblématiques. Sous Carlo Ancelotti, Zidane ou encore Mourinho, l’équipe disposait de cadres marquants au niveau du club et de la scène internationale. Par exemple, en 2018, Luka Modrić, capitaine de la Croatie, Cristiano Ronaldo, capitaine du Portugal, ou encore Gareth Bale, capitaine du Pays de Galles, imposaient leur autorité. Après le départ d’Iniesta, Sergio Ramos a également incarné le leadership pour l’Espagne.

À côté d’eux, des joueurs comme Toni Kroos, Marcelo, Pepe ou Karim Benzema étaient des cadres essentiels, capables de recadrer leurs coéquipiers, de maintenir l’équilibre et de faire respecter les exigences du club. Cette génération de leaders sur toutes les lignes savait se dire les choses en face, affronter la pression et construire une équipe compétitive, capable de remporter les titres majeurs et de marquer l’histoire.

Les équipes du Real Madrid ont dû, par le passé, surmonter des échecs et des humiliations avant de triompher. La difficulté contre le Bayern en 2012, éliminé aux tirs au but en finale de Ligue des champions, la défaite 4-1 face au Borussia Dortmund en 2013, ou les échecs contre le FC Barcelone en demi-finales de la Coupe aux grandes oreilles ainsi que les humiliations successives en Liga ont permis à ces générations d’apprendre la rigueur et de développer un leadership naturel.

Ces expériences, associées à des figures fortes comme José Mourinho, qui n’hésitait pas en conférence de presse à qualifier Karim Benzema de « petit chaton » pour le piquer dans son ego et le pousser à se dépasser, ont forgé une culture de l’exigence et de l’autorité. Ces événements ont permis à l’équipe de remporter des titres majeurs, comme la Décima en 2014 et le triplé historique en Ligue des champions sous Zidane.

Transition et absence de leadership au Real Madrid

Aujourd’hui, Dani Carvajal, l’un des rares rescapés de cette génération dorée, peine à retrouver sa place en raison de blessures répétées et d’un niveau jugé inférieur aux attentes depuis un an, accentuant le vide laissé par les anciens leaders.

Après le match contre Albacete, le capitaine du Real Madrid a déclaré : « Nous avons touché le fond. En tant que joueurs, nous devons faire preuve d’autocritique. Ceux qui sont le plus responsables de cette période, c’est nous, les joueurs. »

Cette sortie illustre le manque de leaders capables de recadrer l’équipe, un vide ressenti depuis les départs successifs de Modrić en 2025, Toni Kroos en 2024, Karim Benzema en 2023, Casemiro en 2022 ou encore Sergio Ramos en 2021. Le vestiaire ne dispose plus de joueurs avec l’autorité naturelle et la crédibilité pour imposer des règles ou faire respecter les méthodes du coach.

Le Real Madrid souffre également de l’absence de figures d’autorité parmi les entraîneurs. Des personnalités comme Zidane ou Carlo Ancelotti imposaient un respect naturel et savaient maintenir un équilibre entre exigence et liberté. Même Xabi Alonso, légende du club, n’a pas réussi à combler ce vide.

Le manque de leadership combiné à un vestiaire où certains joueurs dictent encore leur loi a créé une cassure entre le staff et l’équipe, visible lors de la défaite contre Albacete. Arbeloa a déclaré être satisfait des attitudes de ses joueurs, un constat quasi impensable dans un club de la stature du Real Madrid, et qui illustre le décalage entre les exigences du club et la mentalité actuelle des joueurs.

Dani Carvajal a ajouté a la suite du match que « chaque joueur du Real Madrid doit se regarder dans le miroir pendant longtemps. » Un message clair et direct, mais pour l’instant resté sans effet. Selon José Luis Sánchez, journaliste indépendant, le silence glacial observé dans le vestiaire est le symptôme d’un problème profond au sein du club.

La jeune génération ne prend pas ses responsabilités

La majorité des joueurs actuels sont là depuis plusieurs années : Federico Valverde, Vinícius Jr, Thibaut Courtois depuis 2018, Rodrygo depuis 2019, et Militao depuis 2020. Pourtant, ils ne semblent pas s’inspirer de l’exemplarité de leurs prédécesseurs et ne parviennent pas à assumer pleinement la responsabilité de porter le maillot du Real Madrid. Cette génération, habituée au succès et à la gloire très tôt, n’a pas encore vécu la pression et les humiliations qui forgent le caractère et le leadership.

Fait révélateur, un joueur comme Vinícius Júnior, qui a marqué l’histoire du Real Madrid en remportant notamment deux Ligues des champions, a choisi de ne pas exprimer de message de sympathie envers Xabi Alonso après son départ, ce qui apparaît comme inadmissible. Malgré les éventuelles rancunes entre les deux protagonistes, le respect et la décence auraient voulu que le joueur remercie le coach pour les mois passés à ses côtés, une formule de politesse désormais quasi obligatoire dans le football moderne.

Refuser de le faire et envoyer un message indirect en pleine lumière, au détriment du Real Madrid et de sa stabilité, a provoqué une large médiatisation et un climat néfaste autour du club. Cet épisode met en évidence un manque de maturité de la part du joueur, mais aussi un déficit d’autorité de la direction, qui aurait dû encadrer cette situation.

Un cadre de l’effectif aurait dû montrer l’exemple et assumer ses responsabilités. En agissant ainsi, le joueur, troisième capitaine du club démontre un manque de professionnalisme, un comportement immature, presque adolescent, incompatible avec le rôle de leader qu’il devrait tenir au sein du vestiaire.

Aujourd’hui, le Real Madrid donc souffre d’un manque d’identité et de leaders, conséquence directe des départs de cadres historiques, de l’absence d’autorité du staff freiné par une direction qui laisse faire et de jeunes joueurs peu conscients du poids que représente ce club. Ce déficit se traduit par des défaites humiliantes et un vestiaire qui peine à retrouver sa cohésion et son autorité historique, le tout dans un contexte où une direction dépassée par les événements qu’elle a elle-même contribué à créer peine à rétablir l’ordre et l’exemplarité.

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