Le Journal du Real
·2 février 2026
Le Real Madrid rebondit et s’impose 99-78 contre Saragosse

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·2 février 2026

Le Real Madrid avait une revanche à prendre, d'abord sur lui-même. Quelques jours après la dure défaite concédée face au Paris Basket (98-92) sur la scène européenne, les hommes de la "Casa Blanca" retrouvaient leur parquet du WiZink Center avec une impérative nécessité : se rassurer.
Pour cette 18e journée de championnat, l'enjeu était double : effacer le doute naissant et conserver le trône de la Liga Endesa. Avant même le coup d'envoi, le public a pu célébrer l'un de ses héros : Mario Hezonja, fraîchement élu MVP de la Liga pour le mois de janvier. Une récompense individuelle qui rappelait la puissance de feu de l'effectif, même si le début de match allait s'avérer plus poussif que prévu.
Saragosse n'avait visiblement pas fait le déplacement en victime expiatoire. Dès l'entame, les visiteurs ont imposé un défi physique intense, étouffant les lignes de passes et empêchant le Real Madrid de trouver des positions de tir claires durant la première minute. Il a fallu l'étincelle de Facundo Campazzo pour débloquer le compteur du Real Madrid. Le meneur argentin a pris ses responsabilités : une interception suivie d'un lay-up pour ouvrir la marque (2-0), puis un tir primé somptueux derrière l'arc pour lancer la machine.
Cependant, les visiteurs avaient du répondant. Profitant de quelques approximations locales, Saragosse a recollé au score et a même pris les devants (9-12) grâce à une adresse extérieure insolente. Si la connexion entre Campazzo et un Hezonja servi sur un plateau (7-2) a fonctionné par séquences, le Real a peiné à imposer son rythme.
Le premier quart-temps s'est transformé en un chassé-croisé haletant. Malgré un sursaut d'orgueil en fin de période pour repasser brièvement devant (17-16), les joueurs du Real Madrid ont viré avec un léger retard à la première sirène (21-22), bousculés par une équipe aragonaise sans complexe.
Le deuxième quart-temps a marqué le début du redressement tactique. Plus appliqués en défense et mieux organisés sur les phases de transition, les Madrilènes ont progressivement resserré l'étau. L'objectif était clair : couper les lignes de passes et contester chaque tir adverse. Sans parvenir à créer un éclat définitif immédiat, le Real Madrid a repris les rênes du match.
C'est là que la profondeur de banc a fait la différence. Sans Edy Tavares ni Trey Lyles, laissés au repos, et avec une gestion des minutes pour les cadres, ce sont les "seconds couteaux" qui ont brillé. À la pause, le tableau d'affichage indiquait un avantage de quatre points pour les locaux (45-41). Un score étriqué qui reflétait la physionomie d'une première mi-temps disputée, où Saragosse a vendu chèrement sa peau avant de commencer à subir la loi du plus fort.
Au retour des vestiaires, alors que Saragosse tentait un dernier rapproché en revenant à deux points, deux hommes ont saisi leur chance pour envoyer un message fort au staff technique. Alex Len a littéralement dominé la peinture. Le pivot a livré une prestation XXL qui fera date : 15 points, 7 rebonds, 5 contres et 5 dunks. Une présence dissuasive en défense et indispensable en attaque qui a permis au Real Madrid de creuser l'écart (59-51).
À ses côtés, l'Italien Gabriele Procida a sans doute livré l'un de ses matchs les plus complets sous le maillot merengue. Avec 18 points au compteur, une grosse adresse extérieure et une activité incessante au rebond offensif, il a dynamité la défense adverse. Comme le souligne l'analyse d'après-match, ces deux joueurs ont prouvé qu'ils n'étaient pas seulement des solutions d'appoint, mais des options crédibles et létales dans la rotation.
Malgré cette domination physique, le match a connu un dernier moment de flottement. Profitant de quelques oublis défensifs soulignés par le quotidien AS, Saragosse est revenu à cinq petites longueurs (56-51). C’est le moment exact qu’a choisi Sergio Llull pour entrer en scène et rappeler pourquoi il est l'âme de cette équipe du Real Madrid.
En l'espace de trois minutes, l'éternel capitaine a tué le match : deux tirs primés et une pénétration rageuse ont brisé les espoirs adverses. Son accélération a propulsé le Real Madrid vers un dernier quart-temps à sens unique. Les vannes se sont ouvertes et l'attaque madrilène est devenue inarrêtable, inscrivant la bagatelle de 34 points dans l'ultime période.
Les transitions se sont fluidifiées, la défense a totalement asphyxié une équipe de Saragosse à bout de souffle, et l'écart a rapidement dépassé les vingt points (73-55). Dans un "garbage time" de luxe, Kramer s'est même permis d'inscrire un tir à trois points décisif pour sceller le sort de la rencontre à une minute du terme (92-75).
Le Real Madrid s'impose finalement sur le score sans appel de 99-78. Au-delà des chiffres, Sergio Scariolo et son staff repartent avec des certitudes : cette équipe sait gagner sans ses cadres majeurs, en s'appuyant sur un collectif soudé et une intensité défensive modulable. De bon augure avant les échéances européennes cruciales de la semaine prochaine.
Selma HADJ BOUZIANE








































