Le Journal du Real
·25 avril 2026
Le Real Madrid voit le titre s’envoler : ce qu’il faut retenir du match au Betis

In partnership with
Yahoo sportsLe Journal du Real
·25 avril 2026

Le score final, 1-1, laisse une impression terrible. Parce que le Real Madrid menait. Parce que le Real Madrid avait besoin d’une victoire pour continuer à faire semblant d’y croire. Et parce qu’au lieu de cela, il repart de la Cartuja avec un nul qui pourrait permettre au Barça de prendre jusqu’à onze points d’avance, alors que les Madrilènes comptent aujourd’hui 74 points à la deuxième place.
Cette rencontre s’inscrit surtout dans une dynamique devenue trop familière. Le Real Madrid ne sait plus fermer un match, ne sait plus imposer son autorité, et ne sait plus vraiment protéger ce qu’il construit. La sensation, vendredi soir, n’était pas celle d’un leader malheureux. C’était celle d’une équipe fragile et de plus en plus vulnérable à mesure que les minutes avancent.
Et c’est bien cela qui rend ce résultat si lourd. Le Real Madrid n’a pas perdu sur un détail isolé, ni sur un coup du sort. Il a encore été rattrapé par ses défauts du moment. Ceux qui l’accompagnent depuis plusieurs semaines et qui le poussent, lentement mais sûrement, tout droit vers une saison blanche.
🔚 FIN DU MATCH ❌ Le Real Madrid a craqué en fin de rencontre et repart de Séville avec seulement un point. 🤔 Que retenez-vous de cette nouvelle désillusion ?
Le Real Madrid avait pourtant commencé par faire l’essentiel. À la 17e minute, Vinicius a ouvert le score et inscrit son 13e but en Liga. Sur l’instant, cela suffisait presque à installer le scénario attendu : un Real Madrid sans éclat, mais capable de prendre l’avantage et de le gérer ensuite. C’était sans doute naïf. Parce que ce Real Madrid-là ne donne plus aucune garantie dans la gestion.
Très vite, les Verdiblancos ont commencé à prendre de l’épaisseur dans le match. D’abord par petites séquences, puis de manière de plus en plus nette. Le Real Madrid a reculé, comme s’il acceptait progressivement de jouer trop bas, trop près de sa surface, trop loin du deuxième but. Le plus frappant, c’est que cette bascule n’a surpris personne. On l’a déjà vue. Trop souvent.
La punition est tombée à la 94e minute, quand Bellerín a repris un ballon mal dégagé pour arracher l’égalisation. Un but qui fait mal, évidemment, mais qui ressemble surtout à une conséquence logique. La Casa Blanca avait déjà laissé trop d’énergie dans la résistance, trop de terrain au Betis, trop de signes d’inquiétude dans son comportement défensif.
Ce nul prolonge plusieurs tendances très lourdes. D’abord celle d’un Real Madrid qui encaisse encore, pour un 10e match consécutif de Liga avec au moins un but concédé. Ensuite celle d’une formation madrilène qui souffre toujours autant sur ce terrain, où elle n’a plus gagné depuis août 2021. Enfin, ce résultat en terre andalouse a tout d’un pas de trop vers l’abandon du titre.
S’il y a un joueur qui sort grandi de ce match, c’est Andriy Lunin. Et encore, le mot est presque faible. Sans le portier ukrainien, le Real Madrid ne repartait probablement même pas avec un nul. Il a longtemps maintenu son équipe dans le match alors que tout autour de lui commençait à se fissurer.
Sa fin de première période est déjà très impressionnante. Il réalise deux arrêts importants coup sur coup, puis intervient encore face à Antony. À ce moment-là, le Real Madrid subit déjà, et Lunin est le seul à éviter l’égalisation.
La seconde période a confirmé cette impression. À la 74e minute, il sort encore une parade majeure sur une reprise en pivot de Natan. À chaque occasion du Betis, Lunin a répondu. Il n’a pas seulement été bon, il a été indispensable. Et c’est peut-être cela le plus inquiétant : quand le meilleur joueur du Real Madrid dans un match de cette importance est son gardien, cela dit beaucoup du niveau collectif affiché.
Il ne peut rien sur le but de Bellerín. Personne ne peut raisonnablement lui en vouloir. Son match est presque parfait, dans une rencontre où il a été abandonné par son équipe pendant de longues séquences. Vendredi soir, le Real Madrid n’a pas été sauvé par son attaque, ni par son milieu, ni par sa structure défensive. Il a tenu aussi longtemps qu’il a tenu grâce au remplaçant de Courtois. Et cela suffit à résumer l’état actuel de cette équipe.
Cette soirée devait aussi être celle de Kylian Mbappé. Sa 100e apparition avec le Real Madrid, avec un bilan statistique plus que flatteur de 85 buts et 11 passes décisives. Sur le papier, ce cap devait renforcer l’idée d’un joueur central et appelé à porter le Real Madrid dans la dernière ligne droite. Sur le terrain, ce fut tout l’inverse.
Mbappé a livré un match très faible. Il a eu des situations, un but refusé, quelques ballons exploitables, mais il n’a jamais réellement pesé sur le jeu. Ses choix ont souvent été mauvais, son influence très limitée, et son attitude générale n’a pas aidé à renverser cette impression de déconnexion. Depuis plusieurs semaines, son lien avec Vinicius et, plus largement, son rôle dans le jeu du Real Madrid paraissent de plus en plus flous.
Les chiffres récents renforcent cette impression. Le Real Madrid n’a remporté qu’un seul de ses sept derniers matchs officiels quand Mbappé a débuté. En Liga, il n’a inscrit qu’un seul but sur ses six derniers matchs, et son compteur reste bloqué à 24 réalisations, pendant que Muriqi est seulement à trois longueurs. On est très loin des standards de sa première partie de saison.
Sa sortie à la 81e minute, après une gêne musculaire, a ajouté une inquiétude de plus à une soirée déjà très mauvaise. Et le symbole est cruel : le natif de Bondy devrait connaître seulement la deuxième saison sans trophée de sa carrière en club, après 2015/16 avec Monaco.
Le reste n’a pas sauvé l’ensemble. Vinicius a marqué, mais son match reste globalement insuffisant, avec beaucoup de déchet et un raté difficilement pardonnable. Bellingham a été le plus volontaire des trois offensifs, sans réussir à vraiment changer le cours du match. Quant à Arbeloa, le chiffre commence aussi à peser : 14 victoires en 22 matchs officiels, soit 64 % de succès, le plus faible ratio pour un entraîneur la Maison Blanche avec au moins 20 matchs depuis Bernd Schuster en 2008.
Le Real Madrid n’a pas officiellement abandonné la Liga. Mais tout, aujourd’hui, donne l’impression du contraire.
Direct









































