AllezPaillade.com
·4 octobre 2026
Les Montpelliéraines repartent de Nantes avec un point

In partnership with
Yahoo sportsAllezPaillade.com
·4 octobre 2026

En déplacement au FC Nantes ce samedi dans le cadre de la « journée des grands stades » de l’Arkema Première Ligue, les Montpelliéraines espéraient bien faire un coup sur la pelouse de la Beaujoire. Toujours aussi sérieuses défensivement et brouillonnes devant, elles quittent finalement la Loire-Atlantique avec le point du nul (1-1), dans une rencontre où l’arbitrage vidéo (une nouveauté cette année en D1 féminine) aura joué un rôle prépondérant…
Visiblement séduit par la solidité défensive de son équipe deux semaines plus tôt face à Marseille (0-0), Patrice Lair fait le choix de reconduire son système à 3 centrales pour attaquer ce déplacement en terres nantaises. Un 5-2-3 malléable, qui peut vite se transformer en 3-4-3 ou en 5-4-1 en fonction de la configuration du jeu. Pour gêner le FCN, les Héraultaises misent donc sur l’impact et la rigueur, en témoigne les premières minutes où elles remportent la majorité des duels au milieu, grâce notamment à une Adja Binate qui donne le ton. Nantes s’offre néanmoins le premier tir via Zoï van de Ven, qui loupe toutefois nettement le cadre (6′).
Offensivement, il y a du mieux côté montpelliérain par rapport au match précédent contre l’OM. Plus justes dans leurs transmissions, les visiteuses arrivent davantage à s’exprimer et à créer. Depuis la défense, Annaëlle Tchakounté régale avec une jolie ouverture à hauteur de Manon Revelli. La piston trouve Rose Kadzere dans la profondeur, qui centre à ras-de-terre vers l’opposée. Ayant bien suivie l’action sur son côté gauche, Suya Haering est à la retombée de ce joli mouvement, mais la Néo-Zélandaise s’emmêle un peu les pinceaux et envoie un tir écrasé, qui passe à côté du poteau de Natalia Radkiewicz (9′). L’aisance technique des défenseuses fait en tout cas du bien, en témoigne une nouvelle belle passe longue cette fois délivrée par Ana Jelenčić pour Aïrine Fontaine.
Si Nantes commence à monopoliser davantage la balle, le MFC poursuit lui son œuvre au pressing. Natalia Oleszkiewicz subtilise ainsi un bon ballon à la défense des Canaries mais, esseulée, elle ne peut faire mieux qu’une timide frappe non-cadrée (20′). Le match bascule alors dans une physionomie frustrante : le FCN s’arroge de plus en plus la possession, tout en buttant sur la défense hermétique d’un Montpellier FC qui peine en revanche à conserver et remonter la balle. Alors que Grace Gillard multiplie les bonnes interventions pour couper les attaques des locales, ses coéquipières peinent en parallèle à exploiter leurs récupérations et se précipitent trop vers l’avant. On se dit que l’équipe gagnerait à poser un peu plus son jeu et à repasser davantage par l’arrière.
Toujours est-il que Nantes a du mal à transformer sa possession en actions franches. Et le MFC fini par en profiter quand, sur corner, la jeune Juliane Denizot vient tirer le maillot d’Oleszkiewicz dans la surface (28′). Initialement loupé par l’arbitre centrale, ce fait de jeu n’échappe pas à la VAR et permet aux Montpelliéraines de récupérer un penalty ! Aïrine Fontaine s’avance pour le transformer, Radkiewicz part du bon côté et touche la balle, mais sa main manque de fermeté et le cuir termine au fond des filets (0-1, 32′).
Un coup dur pour des Nantaises toujours réduites à l’impuissance par la solidité défensive de leurs adversaires. La difficulté à pénétrer dans le camp héraultais les force à tenter leur chance de loin, comme sur ce tir de Tanté Diakité, cadré mais facilement arrêté par Solène Durand (43′). Avant la pause, le MFC s’offre de son côté une dernière petite situation dans le camp des Jaunes, avec une tête timide de Rose Kadzere sur coup franc, captée par Radkiewicz (45’+3′). Ce sera d’ailleurs la dernière action du match pour la Malawite, sortie à la mi-temps et première joueuse à faire les frais du remodelage progressif de son attaque par Patrice Lair.
Malheureusement, les difficultés à la relance des Pailladines reviennent les hanter pour de bon au début du deuxième acte. Coupée en deux, l’équipe peine toujours à ressortir balle au pied. Manon Revelli et Grace Gillard tentent de combiner, mais le ballon est perdu et Binate doit faire une faute pour arrêter l’avancée rapide des Nantaises. Les Canaries récupèrent un bon coup-franc et forcent Durand à sortir le grand jeu : deux arrêts de suite sur la tentative de Madeline Roth, puis la reprise de Juliette Mossard (49′). On s’apprête donc à enchaîner avec un corner quand, soudain, la VAR se manifeste à nouveau. L’arbitrage vidéo souligne cette fois l’intervention d’Aïrine Fontaine sur Mossard, qui semble lui attraper la cheville au moment où celle-ci tente sa frappe. Le contact est réel même si la Nantaise paraît avoir été déséquilibrée alors que son tir était déjà parti (elle ne réclame d’ailleurs rien dans la foulée de l’action). Mme Chignard tranche et désigne à nouveau le point de penalty. Madeline Roth ne tremble pas et prend parfaitement Durand à contrepied pour remettre les deux équipes à niveau (1-1, 53′).
Les minutes qui vont suivre seront périlleuses pour le MFC, qui se réorganise progressivement sous l’impulsion de son entraîneur. Lair change d’abord la totalité de sa ligne d’attaque, sortant désormais Fontaine et Oleszkiewicz, remplacées par Justine Rouquet et Anna-Rose Humbert. Il fait également évoluer son organisation tactique avec un passage à quatre derrière. La piston gauche Suya Haering est sacrifiée à 20 minutes de la fin pour lancer l’expérimentée Laura Bourgouin. Pour sa première sous la tunique montpelliéraine, elle se retrouve associée au milieu à Marion Torrent et Bouchra Kharafi, rentrée environ vingt minutes plus tôt. Un entrejeu densifié qui va faire du bien au bloc montpelliérain.
Le FCN a beau dominer encore et toujours dans la possession, cela n’empêche pas le trident Gillard-Tchakounté-Jelenčić de poursuivre son impressionnant travail de sape. Malgré quelques alertes, les interventions pleines de sang froid des défenseuses dans leur camp continuent de frustrer les locales. Mention spéciale à la Croate, imperturbable malgré son replacement en latérale gauche. Les occasions dangereuses sont donc au final rares des deux côtés. Toujours aussi attirée par le but, Justine Rouquet tente sa chance à la retombée d’un corner, sans succès (76′). Nantes répond peu après également sur coup de pied de coin, avec une tête de la capitaine allemande Victoria Krug, passant à gauche de la cage de Durand (77′).
Friables en fin de match, les Canaries vont de plus en plus subir au fur et à mesure que le MFC se fond dans sa nouvelle organisation. Les Oranges-et-Bleues sont désormais bien présentes dans le camp adverse, mais ont cependant elles aussi beaucoup de mal à convertir leur ultime temps fort en vraies opportunités. Souvent impliquée dans ces attaques avortées, Célia Chabod symbolise à elle seule le paradoxe héraultais dans la dernière ligne droite : de vraies qualités qui permettent d’exploiter les espaces et faire la différence balle au pied, le tout presque invariablement gâché par une incapacité chronique à lâcher le ballon ou à frapper dans le bon tempo. Au final, il n’y aura qu’un corner direct de Laura Bourgouin pour mettre Radkiewicz une dernière fois à contribution (88′). L’ancienne de l’ASJ Soyaux se sera d’ailleurs distinguée en étant de loin la tireuse la plus précise sur CPA, un domaine où le MFC doit encore nettement progresser.
Montpellier quitte donc le Stade de la Beaujoire avec le point du nul, un résultat qui laisse « de la déception », dixit Marion Torrent. Élue joueuse du match et interviewée en fin de rencontre, la capitaine pailladine (toujours aussi irréprochable dans l’implication) rappelle que l’objectif du jour était de prendre les 3 points, ce nul faisant plutôt office de moindre mal. Il faut dire qu’avec un calendrier voué à se corser d’ici fin octobre, les opportunités commencent à s’amenuiser pour des Héraultaises en mode surplace. Les défaites conjuguées de Lens et Toulouse leur permettent malgré tout de jouir d’une avance de 4 points sur la zone rouge. Correct, mais sans plus, surtout lorsqu’on sait que Lyon et les deux clubs parisiens seront bientôt au programme.
La trêve qui arrive permettra de préparer du mieux possible la réception extrêmement importante du Havre dans deux semaines (samedi 17 octobre, 18h). Côté tactique, Patrice Lair fera face à un dilemme épineux. Alors que sa charnière à trois continue d’offrir des gages non-négligeables défensivement, peut-il se permettre de repasser à quatre derrière afin de ramener un peu de densité au milieu ? La fin de match mieux maîtrisée et l’entrée de Bourgouin laissent le sujet sur la table. Il est clair, en tout cas, qu’améliorer la circulation de balle doit devenir une priorité pour cette équipe.
Tout comme trouver la bonne formule devant. Le remodelage complet de l’attaque au cours de la deuxième mi-temps laisse le sentiment que Lair tâtonne encore pour définir sa hiérarchie préférentielle dans ce secteur. Remplaçantes au début de la rencontre, les internationales U20 Chabod et Rouquet ont leur mot à dire pour concurrencer Fontaine, Oleszkiewicz et Kadzere. On imagine d’ailleurs difficilement Rouquet, élue meilleure espoir de la saison 2025/26, rester sur le banc encore longtemps. Le choix des attaquantes sera clé pour aborder de la meilleure des façons le match face au HAC, un concurrent direct devançant le Montpellier FC d’un petit point au classement après 4 journées.
LA COMPO
Durand – Revelli, Gillard, Tchakounté, Jelenčić, Haering (Bourgouin, 71′) – Torrent (c.), Binate (Kharafi, 53′) – Kadzere (Chabod, 46′), Oleszkiewicz (Humbert, 61′), Fontaine (Rouquet, 53′).
Crédits photo : Montpellier FC







































