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·27 avril 2026

Ligue 2 : Amiens relégué (ou presque) sur fond d'incident

Image de l'article :Ligue 2 : Amiens relégué (ou presque) sur fond d'incident

Vendredi soir à la Licorne, l'Amiens SC a vécu l'une des soirées les plus sombres de sa saison. Défaite 0-2 face à Montpellier, dixième match consécutif sans victoire, et une interruption de 30 minutes après des jets de fumigènes et de bombes agricoles depuis la tribune Nord. Le club picard est quasi officiellement condamné à retrouver le National. Le tout sur fond de sanctions disciplinaires à venir.

Ligue 2 : La 84e minute qui a tout fait basculer

Le scénario était déjà cruel avant même les incidents. Amiens dominait en seconde période sans parvenir à égaliser — occasions de Ntamack (52e), frappe sur la transversale d'Hammache (53e), tir d'Averlant (61e). Vingt tirs, une frustration immense, et un but refusé par les circonstances.


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À la 84e minute, alors que les Picards poussaient pour revenir au score, les ultras de la tribune Nord ont craqué au sens propre comme au figuré. Fumigènes et bombes agricoles sur la pelouse. L'arbitre siffle. Les joueurs rentrent aux vestiaires. Les CRS entrent sur le terrain. Le président de Montpellier, Laurent Nicollin, refuse dans un premier temps que son équipe reprenne la partie.

Trente minutes d'interruption. Puis reprise. Et dans la foulée, Nathanaël Mbuku plante le 2-0 à la 88e minute pour définitivement clore les débats.

Amiens : Les joueurs entre compréhension et condamnation

Dans le vestiaire amiénois, les réactions oscillent entre empathie et désaveu. Nordine Kandil, milieu de l'ASC, a cherché à comprendre sans cautionner : « Je comprends qu'ils soient frustrés. Il y a des moments où ils nous ont soutenus quand c'était dur. Je les comprends, mais on n'accepte pas les fumigènes sur les joueurs. »

Son coéquipier Samuel Ntamack a vécu les incidents de trop près : « Ça a pété à côté de moi. Je trouve que c'est bête, car c'était un moment fort pour nous, on était en train de pousser, c'est nous couper notre élan. »

L'entraîneur amiénois Alain Pochat a été plus direct dans sa condamnation : « C'est quelque chose qu'on n'aime pas vivre dans le foot et surtout dans le timing qui a été choisi. Quand on veut signifier son mécontentement, il y a d'autres moyens de le faire : on le fait au tout début du match, à l'échauffement ou au centre d'entraînement. »

Et il a posé la question qui dérange : « Quand on aime son club, je pense pas qu'en agissant comme ça, on l'aide. Au final, ça va donner quoi ? Des huis clos ou des retraits de certains points ? »

Du côté de Montpellier, Zoumana Camara a abondé dans le même sens : « Les supporters peuvent faire preuve de mécontentement, mais à ce moment du match, leur équipe domine, se crée des situations, au final, est-ce que ça les avantage ? Pas sûr. »

Les supporters : entre résignation et honte en Ligue 2

À la sortie de la Licorne, le désespoir était palpable. Les supporters ne cachaient plus rien — ni leur déception ni leur lucidité amère sur une saison ratée dès le début.

« On est forcément déçus du résultat, mais on s'y attendait », souffle Quentin. « Ce match, c'est juste le résultat d'une saison qui n'a pas été. On aurait dû se réveiller avant et surtout, au mercato en janvier, faire beaucoup plus de recrues. »

Antoine est encore plus radical : « C'est une évidence pour nous la relégation cette année. C'est triste, mais avec la pauvreté de l'équipe, on s'y attendait. »

Nicolas, lui, avouait avoir encore espéré une place de barragiste avant la soirée : « J'y crois plus du tout. » Il sera quand même là le 2 mai pour le dernier match à domicile face au Red Star.

Même Kandil a lâché un mot qui résume tout : « J'ai un peu honte, pas d'avoir fait descendre un club car on n'est pas encore mort mais d'être dans cette situation. »

Ce qui attend Amiens maintenant

Sportivement, le constat est brutal. Amiens est dernier avec 24 points, cinq unités derrière Laval (barragiste). Il reste deux matchs. La remontée est mathématiquement possible mais statistiquement quasi nulle. Le club picard va très probablement retrouver le National dix ans après l'avoir quitté.

Et ce n'est pas tout. Les incidents du soir devraient valoir à l'ASC une lourde sanction disciplinaire de la LFP — huis clos partiel ou total, amende, voire retrait de points. Une double peine pour un club déjà à terre.

Pour les Verts qui recevront Amiens le 9 mai lors de la dernière journée, le message est clair : l'adversaire sera diminué, probablement déjà relégué, peut-être privé de supporters. Un contexte particulier pour ce qui pourrait être la journée de la montée — ou du drame.

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