Calciomio
·6 juin 2026
« L’Italie est restée enfermée dans une forme de nostalgie et de rentabilité de prestige »

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·6 juin 2026

Comme le raconte Rivista Undici, le football italien traverse une crise profonde, et même si le constat peut sembler dur, il devient difficile de s’en offusquer. Parmi les nombreux problèmes qui fragilisent le système depuis des années, un aspect reste souvent sous-estimé : l’incapacité croissante de l’Italie à produire des joueurs capables de s’imposer à l’étranger. Les dernières données du CIES Football Observatory sont alarmantes. Alors que le Brésil domine le classement mondial des joueurs exportés (1455 en 2026), suivi de la France (1275) et de l’Argentine (1016), l’Italie n’apparaît qu’à une modeste 27e place sur 50 pays, avec seulement 181 joueurs évoluant à l’étranger. Un total inférieur à celui du Ghana, de l’Ukraine ou même de la Bosnie-Herzégovine.
Cette faiblesse structurelle s’explique par une évolution historique. Longtemps habitué à attirer les meilleurs joueurs du monde, le football italien s’est construit sur son statut de destination prestigieuse, surtout dans les années 1980 et 1990, lorsque la Serie A était considérée comme le championnat le plus attractif au monde. Mais le contexte a changé : le football mondial a évolué rapidement, tandis que l’Italie est restée enfermée dans une forme de nostalgie et de rentabilité de prestige, sans véritable stratégie de développement durable. Une confiance excessive, presque arrogante, a freiné les réformes profondes nécessaires.
Aujourd’hui, les conséquences sont visibles : une Serie A de plus en plus marginalisée en Europe, des divisions inférieures marquées par des faillites et surtout un temps de jeu extrêmement limité pour les jeunes joueurs italiens. À l’inverse, d’autres disciplines montrent que des modèles alternatifs fonctionnent. Le basket italien, malgré des moyens limités et une ligue secondaire au niveau européen, voit émerger une dynamique d’exportation positive, notamment vers la NCAA américaine, où 25 joueurs italiens évoluent actuellement, un record historique.
Dans le football, en revanche, le contraste est brutal. La plupart des grandes nations du classement du CIES – Espagne, Angleterre, Allemagne, Portugal, Pays-Bas, Nigeria ou Colombie – dominent aussi sur le plan des résultats internationaux. Même des pays plus petits comme la Croatie, le Danemark, la Suisse ou la Norvège affichent une meilleure structuration de leurs viviers. L’Italie, elle, recule derrière plusieurs nations émergentes ou intermédiaires.
Derrière les Azzurri, on retrouve notamment la Russie, la Slovaquie, la Grèce ou la Roumanie. Une réalité qui illustre une tendance inquiétante : le football italien regarde encore son passé, tandis que le reste du monde construit son avenir.
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