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·21 août 2026

Marotta, Cherubini, Paratici : l’étrange héritage de la grande Juve

Image de l'article :Marotta, Cherubini, Paratici : l’étrange héritage de la grande Juve

La Juventus cherche encore à reconstruire une organisation gagnante. Pendant ce temps, plusieurs architectes de son ancien âge d’or continuent de réussir ailleurs, rappelant cruellement ce que le club a perdu.

La Juventus tente de reconstruire une structure capable de la ramener durablement au sommet. Mais une partie de l’explication de son ancienne domination se trouve aujourd’hui chez ses adversaires. Dans son éditorial pour Tuttosport, le journaliste Guido Vaciago rappelle que plusieurs dirigeants issus de la Juve des neuf Scudetti consécutifs continuent d’occuper des positions majeures dans le football italien.


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Les anciens cerveaux sont partout

Leurs trajectoires actuelles illustrent parfaitement la qualité de cette ancienne école. Beppe Marotta, architecte de l’ossature turinoise de 2010 à 2018, est aujourd’hui président de l’Inter, qu’il a transformée en référence nationale en enchaînant les titres et les finales européennes. Giovanni Manna, forgé à la Juventus entre 2019 et 2024 (notamment via la Next Gen), est devenu directeur sportif de Naples où il a déjà décroché un Scudetto. Fabio Paratici, longtemps le « cerveau marché » aux côtés de Marotta, pilote aujourd’hui la direction sportive d’une Fiorentina très ambitieuse autour du projet Grosso. Enfin, Federico Cherubini, fort de plus de dix ans passés à Turin, agit désormais comme administrateur délégué de Parme, participant activement au redressement du club.

De la stabilité exportée face à l’instabilité turinoise

Cette dispersion donne rétrospectivement une autre dimension à la Juventus de cette époque. Sa réussite ne reposait pas seulement sur les entraîneurs ou les grands joueurs, mais sur une organisation collective pointue. Le trio formé par Marotta, Paratici et Cherubini constituait le cœur battant de cette mécanique sportive et de recrutement, garantissant des rôles clairs et complémentaires.

Le contraste avec la situation post-2018 est saisissant. Après le départ de Marotta, la Juventus a multiplié les changements de direction (Arrivabene, Scanavino, Giuntoli, Comolli…), perdant totalement sa continuité institutionnelle. Pendant que Turin se cherchait, ses anciens stratèges exportaient et stabilisaient le savoir-faire juventino chez des rivaux directs.

Un héritage devenu concurrent et une leçon pour l’avenir

Si ces dirigeants ont évidemment bénéficié de contextes parfois déjà structurés dans leurs nouveaux clubs, leurs réussites prouvent que les méthodes apprises et développées à Turin restent d’une redoutable efficacité. C’est tout le paradoxe actuel : la force du modèle de la Juve d’hier renforce les concurrents de la Juve d’aujourd’hui.

La leçon est claire pour la nouvelle équipe dirigeante incarnée par Giovanni Carnevali, Frederic Massara et Giorgio Chiellini : au-delà de l’empilement de recrues sur le terrain, c’est cette cohérence institutionnelle perdue qu’il faut d’abord rebâtir. Pour redevenir dominante, la Juventus doit retrouver une vision claire, des rôles stables et une culture de travail commune.

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