Le Journal du Real
·20 avril 2026
Mastantuono, Huijsen, Carreras... le premier bilan des recrues du Real Madrid

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·20 avril 2026

À l'aube d'une révolution estivale majeure orchestrée par la direction du Real Madrid, il est indispensable de se retourner sur les investissements réalisés l'été dernier. La campagne de recrutement 2025 devait marquer le début d'une nouvelle ère.
Dans les faits, ce mercato s'est transformé en un laboratoire d'expérimentation, dicté par une infirmerie pleine à craquer et des changements d'entraîneurs intempestifs. Si le secteur offensif a focalisé l'attention médiatique et les budgets, c'est paradoxalement dans l'ombre de la ligne défensive que les véritables satisfactions ont émergé. Plongée au cœur du rendement des dernières recrues.
Il devait être le nouveau joyau de la couronne, le meneur de jeu capable de briser les lignes adverses par sa seule vista. Recruté pour la somme de 63,2 millions d'euros, Franco Mastantuono incarne aujourd'hui le plus grand fiasco de cette saison du Real Madrid. L'Argentin de 18 ans a été littéralement broyé par la pression du Santiago Bernabéu et par l'instabilité du banc de touche.
L'analyse de ses données avancées est particulièrement cruelle. Alors qu'un milieu créatif madrilène se doit d'exceller dans la conservation du ballon sous pression, Mastantuono affiche un taux de déchet technique alarmant. Il perd en moyenne 14 ballons par tranche de 90 minutes, un chiffre incompatible avec les exigences du Real Madrid et de la Liga. De plus, son apport offensif est quasi nul : avec seulement deux petits buts inscrits cette année et un compteur de passes décisives désespérément bloqué à zéro, son influence sur le jeu est inexistante.
Tactiquement, ni Xabi Alonso ni Álvaro Arbeloa n'ont réussi à l'intégrer. Coincé entre un Jude Bellingham omniprésent dans l'axe et un Arda Güler redoutable dans les demi-espaces, l'Argentin n'a jamais trouvé sa zone de confort. Son temps de jeu famélique (76 minutes disputées lors des 15 derniers matchs) traduit une fracture de confiance totale avec le staff technique, qui le considère désormais comme un profil beaucoup trop tendre pour les joutes européennes.
À l'opposé du spectre, l'arrivée de Dean Huijsen s'impose comme une véritable masterclass de la cellule de recrutement. Acheté pour rajeunir une charnière centrale vieillissante, le jeune international s'est retrouvé propulsé titulaire indiscutable bien plus tôt que prévu. La cascade de blessures historiques qui a frappé l'effectif cet hiver l'a obligé à assumer le rôle de patron défensif, un défi qu'il a relevé avec une maturité déconcertante.
Les statistiques défensives de l'ancien Turinois sont tout simplement exceptionnelles pour un joueur découvrant la pression du Real Madrid. Il culmine à 71 % de duels aériens remportés, s'imposant comme la véritable tour de contrôle de l'équipe sur les coups de pied arrêtés. Mais c'est surtout sa qualité de relance qui a métamorphosé les sorties de balle madrilènes.
Avec 88 % de passes réussies dans la moitié de terrain adverse et une moyenne de 6,5 passes progressives par match, Huijsen a soulagé un milieu de terrain souvent asphyxié par le pressing adverse. Álvaro Arbeloa a d'ailleurs construit son équilibre précaire autour de la lecture du jeu du défenseur central. Malgré la tempête collective subie par le Real Madrid, il a su garder la tête froide, prouvant que son adaptation au rythme effréné de l'élite espagnole était déjà totale.
La troisième recrue majeure de l'été, Álvaro Carreras, confirme la tendance d'un mercato défensif largement sous-évalué mais terriblement efficace. Rapatrié pour apporter une véritable concurrence sur le flanc gauche, le latéral espagnol a rapidement dissipé les doutes entourant son niveau de jeu. Dans une équipe qui penche naturellement à gauche grâce à l'omniprésence de Vinicius Júnior, Carreras a su trouver le parfait équilibre entre compensations défensives et dédoublements offensifs.
Contrairement aux latéraux ultra-offensifs historiques du Real Madrid, sa plus grande force réside dans sa fiabilité dans les duels en un contre un. Les attaquants adverses ont un mal fou à le déborder : il affiche un taux de tacles réussis de 64 %, l'un des meilleurs bilans pour un latéral en Liga cette saison. Sa heat map démontre une activité incessante, capable de couvrir l'intégralité de son couloir pour offrir des solutions de repli.
S'il doit encore épurer ses centres dans le dernier tiers du terrain pour transformer ses montées en véritables passes décisives, son volume de jeu et sa fiabilité athlétique ont permis au Real Madrid de ne pas totalement sombrer défensivement au plus fort de la crise hivernale.
L'analyse de ces trois recrues majeures du Real Madrid met en lumière un dysfonctionnement profond dans l'écosystème du club. L'institution excelle pour attirer des profils intelligents capables de s'adapter au contexte (Huijsen, Carreras), mais semble avoir perdu la recette pour intégrer des solistes créatifs hors de prix (Mastantuono). La direction se prépare à imposer un effectif drastiquement réduit à 22 joueurs professionnels pour la saison prochaine.
Cette nouvelle politique ne laissera plus aucune place à l'erreur de casting. Pour éviter de reproduire l'erreur sportive et financière du dossier Mastantuono, le Real Madrid devra impérativement s'assurer que les futures recrues estivales répondent à un besoin tactique précis, et non plus à la simple volonté d'empiler les joueurs créatifs au détriment de l'équilibre collectif.
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