Calciomio
·17 janvier 2026
« Même des nations modestes comme les îles Féroé ont fait mieux » : pourquoi l’Equipe d’Italie ne sait plus défendre comme avant ?

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·17 janvier 2026

Selon le Guerin Sportivo, les difficultés actuelles de la défense italienne apparaissent de façon criante à la lumière des qualifications pour la Coupe du monde 2026. Comparée aux grandes nations européennes – Allemagne, Angleterre, France, Espagne ou Portugal – l’Italie affiche un bilan défensif alarmant. Certes, les Azzurri ont disputé deux matchs de plus, mais cet élément ne suffit pas à expliquer l’écart : douze buts encaissés, dont quatre face à Israël, contre zéro pour l’Angleterre, deux pour l’Espagne et la Suisse, trois pour l’Allemagne, et quatre pour la France ou les Pays-Bas. Même des nations modestes comme les îles Féroé ont fait mieux. En élargissant la comparaison aux troisièmes de groupe, seules la Grèce, la Finlande, la Géorgie et Israël présentent un bilan plus mauvais. Jamais, depuis des décennies, l’Italie n’avait encaissé autant de buts en phase de qualification.
Ce constat tranche brutalement avec l’histoire glorieuse de la défense italienne. Pendant plus d’un demi-siècle, la Nazionale s’est appuyée sur des générations de défenseurs d’élite, piliers de ses succès et de ses podiums internationaux. Des années 1960 aux années 2020, chaque grande campagne italienne reposait sur un socle défensif solide, structuré, discipliné, souvent sublimé par des gardiens et des leaders charismatiques. Même lors des qualifications ratées pour les Coupes du monde 2018 et 2022, la défense n’avait jamais atteint un tel niveau de fragilité : huit buts encaissés en dix matchs en 2018, seulement deux en huit rencontres en 2022. Aujourd’hui, l’Italie encaisse en moyenne un but et demi par match, un seuil jamais franchi depuis 1982.
Cette crise ne peut pas être imputée uniquement aux défenseurs actuels. Les grandes défenses italiennes du passé fonctionnaient grâce à un équilibre global : gardiens d’exception, leaders défensifs, mais aussi milieux capables de protéger la ligne arrière. Aujourd’hui, cette harmonie semble perdue. Les erreurs individuelles se multiplient, tout comme les fautes collectives liées au placement, aux distances et à la communication. Sur les douze buts encaissés, onze résultent de problèmes de coordination plus que de simples exploits adverses.
Au-delà des fautes ponctuelles, c’est la culture même de la défense qui semble s’être érodée. L’Italie n’est plus capable de « gagner les matchs en défendant », un art qui faisait autrefois sa réputation. Si la formation moderne insiste – à juste titre – sur la technique, la créativité et le jeu offensif, elle a négligé l’apprentissage de la défense pure : le marquage, le sens de l’anticipation, le timing dans l’intervention. La défense de zone, longtemps référence nationale, a fini par faire oublier la maîtrise du marquage individuel, pourtant indispensable dans la surface de réparation.
Pour sortir de cette crise, l’Italie doit renouer avec son identité profonde. Réapprendre à défendre ne signifie pas renoncer au spectacle, mais retrouver l’équilibre. Savoir neutraliser un grand attaquant, fermer les espaces et lire le jeu fait aussi partie du football de haut niveau. La mémoire collective italienne regorge de modèles à suivre : c’est en s’en inspirant que la Nazionale pourra reconstruire une défense digne de son histoire.


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