OnzeMondial
·16 août 2026
Mercato - PSG : entre soulagement et rancœur, pourquoi le départ de Ferran Torres au PSG divise autant les supporters catalans ?

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·16 août 2026

Il y a des départs qui provoquent des larmes, d'autres des sourires. Celui de Ferran Torres, parti au PSG, a suscité en Catalogne un mélange plus rare : celui du soulagement et de l'agacement. Si une partie de l'afición se réjouit de l'opération, elle n'a pas non plus digéré la manière dont l'attaquant a quitté le club.
Il y a des joueurs qu’on regrette avant même qu’ils soient partis, Ferran Torres n’est pas de ceux-là. Officialisé ce samedi 15 août comme nouveau joueur du Paris Saint-Germain, l’attaquant espagnol quitte le FC Barcelone auréolé d’un statut de champion du monde, buteur en finale du dernier Mondial. Un CV qui, ailleurs, aurait rendu son départ déchirant. En Catalogne, il a provoqué un soupir de soulagement, teinté, tout de même, d’une pointe de rancœur.
Le premier motif de satisfaction est comptable. En vendant Ferran Torres cet été, à deux ans de la fin de son contrat et au sortir des deux meilleures saisons de sa carrière, le Barça a sans doute tiré le maximum de ce qu’il pouvait espérer pour lui. Attendre davantage aurait surtout exposé le club à voir sa valeur marchande diminuer, à mesure que son contrat se rapprochait de son terme. Mieux, le club a habilement contourné une clause héritée de son transfert depuis Manchester City. Selon The Athletic, les Anglais devaient toucher un bonus d’environ 10 M€ si l’Espagnol était revendu à 55 M€ ou plus. En plafonnant volontairement le deal autour de 50 M€, le Barça a évité de reverser cette somme, au point qu’il aurait paradoxalement gagné moins en réclamant davantage. Une opération que beaucoup de supporters ont saluée comme un quasi-sans-faute.
L'autre raison du soulagement est sportive. Malgré des éclairs et un bilan statistique plus qu'honorable, Ferran Torres n'a jamais réellement convaincu une partie du public barcelonais, qui lui reprochait son irrégularité et sa maladresse dans le dernier geste. Une relation compliquée, faite de malentendus, où même ses réussites ont parfois été accueillies avec ironie plutôt qu'avec ferveur. L'attaquant en a lui-même souffert : il a confié dans un entretien accordé à La Vanguardia en 2023 être tombé dans « un puits sans fond » et avoir eu recours à un psychologue pour surmonter cette période, minée par la pression et des critiques d'une virulence rare.
C'est surtout la manière dont il est parti qui a envenimé les choses. Lors d'un entretien dans l'émission Today, sur NBC, Ferran Torres avait laissé la porte ouverte à un départ, glissant que « dans le football, on ne sait jamais ». D'autres propos rapportés par Sportico ont ensuite mis le feu aux poudres : l'attaquant y estimait que le club devait lui « montrer qu'il le voulait » et « venir négocier ». Une exigence de considération très mal reçue en interne, où l'on s'attendait à un échange direct plutôt qu'à une sortie médiatique, comme auprès des supporters. Beaucoup y ont vu une forme d'ingratitude, d'autant que le rendement du joueur n'avait pas toujours suivi. La presse catalane, Sport en tête, l'a d'ailleurs sévèrement recadré, lui rappelant que c'était plutôt à lui de mesurer le privilège de porter un maillot honoré avant lui par Messi, Cruyff ou Maradona.
Et puis en toile de fond, il y a évidemment ce but en finale de Coupe du monde, seule réalisation de Ferran Torres lors du sacre espagnol. Cet exploit a changé son statut, mais surtout sa manière de communiquer. Dans les semaines qui ont suivi, l'attaquant a multiplié les apparitions autour de ce moment, revisionnant sa réalisation encore et encore, souvent en public, et souvent caméra à l'appui, au fil d'une tournée médiatique jusqu'aux États-Unis. Une mise en scène de sa propre gloire qui a fini par agacer une partie de l'afición, d'autant qu'elle s'accompagnait de sorties lyriques « Ce n'est pas mon but, c'est celui de 47 millions de personnes », et d'un parallèle assumé avec Iniesta. À leurs yeux, l'attaquant se prenait pour un joueur qu'il n'était pas, tant la réalité de ses prestations en clubs sur une année était bien différente de la légende en train de s'écrire. Un décalage difficile à digérer.
Au fond, c'est peut-être avec une certaine idée du Barça que Ferran Torres s'est fâché. Dans un club qui a érigé l'humilité et le travail silencieux en valeurs cardinales, l'auto-célébration détonne. Robert Lewandowski, par exemple, est arrivé à un des moments les plus critiques de l'histoire récente du club. Malgré son immense statut, il n'a jamais réclamé publiquement le quart de ce que voulait Ferran. Réclamer des preuves d'amour, se draper dans sa propre légende : autant d'attitudes perçues comme étrangères à l'esprit maison. Ferran Torres part peut-être avec le sentiment d’avoir été mal aimé. Ses détracteurs, eux, garderont surtout celui de n’avoir jamais vraiment eu de raison de l’aimer. Deux camps, deux ressentis, et au bout du compte, la même conclusion : certains divorces se vivent mieux qu’ils ne se regrettent.
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