Mourinho : "Mbappé me fait rire parfois tellement il est fort" | OneFootball

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·19 août 2026

Mourinho : "Mbappé me fait rire parfois tellement il est fort"

Image de l'article :Mourinho : "Mbappé me fait rire parfois tellement il est fort"

José Mourinho a accordé une grande interview à Josep Pedrerol dans El Chiringuito. Le Portugais a notamment évoqué son vestiaire, Mbappé, Vinicius et le mercato.

José Mourinho a retrouvé le Real Madrid cet été, 13 ans après son premier passage sur le banc madrilène. À quelques jours du premier match de Liga contre l’Espanyol, l’entraîneur portugais a expliqué comment il avait retrouvé son groupe et ce qu’il attendait de ses joueurs.


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Depuis votre départ, qu’est-ce qui a changé chez vous ?

Beaucoup de choses. Comme personne, comme entraîneur… j’ai tellement changé…

Comment est le Mourinho d’aujourd’hui ?

Je dirais que j’ai le même ADN. Évidemment, je ne peux pas le cacher ou essayer d’être quelqu’un que je ne suis pas. J’ai beaucoup plus de maturité, je suis moins émotif et plus contrôlé. Comme toujours, j’apprends de mes erreurs. Mais je ne regrette pas telle ou telle chose, parce que je pense que dans la vie, regretter quelque chose qui s’est passé ne sert à rien. Apprendre de ses expériences, oui. Dans ce métier d’entraîneur, je pense que plus on a d’expérience, plus on a de "déjà-vu", plus on gagne en qualité.

Vous avec un cocard à l’oeil. Certains pensaient que c’était après une altercation entre Valverde et Tchouaméni, avec vous au milieu (rires).

Non, ce n’est pas ça. C’est le pauvre Lacosta, un jeune du Castilla, qui m’a envoyé un ballon en pleine figure. J’avais mes lunettes et il m’a touché. Mais ce n’est pas pour ça qu’il n’a pas été convoqué pour le dernier match (rires).

Pour en revenir à ma plaisanterie sur Tchouaméni et Valverde, il y a eu un conflit entre eux la saison dernière. Quel vestiaire avez-vous trouvé ?

J’ai trouvé un vestiaire qui a très envie de gagner. Un vestiaire ouvert au bon sens, parce que tout ce que je leur demande depuis le premier jour, c’est du bon sens. Jusqu’à présent, je n’ai jamais eu à être ce leader agressif que je peux aussi être. Ils m’ont protégé de cette version de moi-même.

Les joueurs vous ont protégé ?

Oui, parce que leur comportement est irréprochable. Je leur ai dit que ce que je leur demandais, c’était du bon sens. Dire qu’ils doivent arriver une heure avant l’entraînement, et pas cinq minutes avant, c’est du bon sens. C’est le football d’aujourd’hui. Tu dois arriver plus tôt, tu dois prendre ton petit-déjeuner sous le contrôle du nutritionniste, tu dois aller à la salle tous les jours pour prévenir les blessures… C’est pour toi. C’est pour nous. Tout ce que je leur ai demandé relève du bon sens.

Si c’est Mourinho qui le demande, c’est plus facile ?

On n’est pas à l’abri que quelque chose se passe pendant la saison, ce qui est tout à fait normal. Mais jusqu’à présent, aucune situation de ce type ne s’est présentée.

Quand Mourinho arrive dans un vestiaire, le joueur se tient à carreau.

Je ne sais pas. Je ne sais pas si c’est ça ou si c’est la responsabilité de travailler pour le Real Madrid, ce qui est fondamental pour moi. Je n’aime pas tellement travailler au Real Madrid, j’aime beaucoup travailler "pour" le Real Madrid. Je l’ai dit clairement dès le premier jour à Valdebebas, pas seulement aux joueurs, mais à tout Valdebebas. Nous sommes ici pour travailler pour le Real Madrid et, pour le moment, je suis très heureux.

Vous dormez même à Valdebebas ?

Oui, oui. Lors de mon premier passage ici, j’avais de jeunes enfants et nous étions tous ensemble, avec ma femme. Maintenant, ils ont 29 et 26 ans et vivent à Londres, et ma femme est beaucoup avec les petits-enfants. Quand ils viennent à Madrid, je suis ravi, et quand ils ne sont pas là, je suis toujours à Valdebebas. Quand je termine ici à 18 ou 19 heures… c’est très pratique de rester ici.

Mbappé a-t-il compris ce qu’est le Real Madrid ? Le Mbappé que vous avez vu ces dernières années est-il celui que vous attendez ?

Mbappé est incroyable. Parfois il me fait rire à l’entraînement.

Pourquoi ?

Parce qu’il est trop fort ! Il est à un niveau stratosphérique. Ce n’est pas à moi de juger ou d’analyser ce qu’il a fait la saison dernière. Une saison étrange, compliquée pour tout le monde. Au final, c’est toujours la même histoire. Arbeloa et Xabi ont payé les pots cassés. Je dis toujours que gagner ou perdre dépend de plusieurs facteurs. Je l’ai dit à tout le monde dès le premier jour à Valdebebas, pas seulement aux joueurs : je n’accepte pas qu’on attribue les reproches ou les applaudissements à une seule personne. Ce n’est pas pour moi. Beaucoup de gens se sont trompés l’année dernière, pas seulement les entraîneurs ou les joueurs.

Quand tu me parles de Mbappé, je préfère penser à ce que Kylian peut être maintenant. Un gars qui pouvait arriver le 14 août et qui s’est présenté le 12, ça me dit déjà quelque chose. S’il voulait arriver le 12, c’est parce qu’il voulait jouer contre Schalke dans des conditions minimales. Ensuite, il s’entraîne comme tout le monde, avec le même engagement, la même volonté de progresser et dans des entraînements difficiles.

Mbappé et Bellingham ont été sifflés au Bernabéu.

Nous devons tous être davantage une équipe. Mais leurs chiffres sont incroyables. Ce qu’ils ont tous les deux fait au Mondial est incroyable. Bellingham a fait un Mondial incroyable, mais Mbappé est entré dans l’histoire.

Il manque des joueurs au Real Madrid ? Il faut encore recruter ?

Non, non.

Il n’y aura pas d’autres recrues ?

Je ne dis pas qu’il n’y aura pas d’autres recrues parce que le mercato est ouvert, mais si vous me demandez directement si, pour moi, il est fermé, oui. Il est fermé.

Vous aimez votre effectif ?

Oui, je l’aime beaucoup.

Donc Rodri ne vous manque pas.

Non, Rodri ne me manque pas. Nous avons des solutions, de la qualité, des joueurs que vous regardez peut-être en fonction de ce qu’ils ont fait, mais moi, j’aime penser que j’ai la capacité d’améliorer les joueurs. Qu’un joueur qui est aujourd’hui comme ça puisse devenir différent demain.

Vous avez parlé avec Rodrigo ?

Oui, j’ai parlé avec lui à deux reprises et le Real Madrid lui a fait une très bonne offre. Je pense qu’il y a une très bonne relation avec Manchester City. Sans négocier avec City, le club a eu des contacts avec Rodrigo et lui a fait une offre importante. Rodrigo a eu des doutes, il a hésité… et les hésitations de Rodrigo m’ont fait douter moi aussi. C’est un joueur extraordinaire et il a été très correct avec nous, je n’ai rien de négatif à dire. Mais le Real Madrid est un club d’une telle dimension qu’il ne peut pas avoir des joueurs qui hésitent à deux reprises. Tu prends contact et le joueur te demande : "Quand est-ce que je dois venir ?" C’est un peu ça, l’idée. Rodrigo a été très correct avec nous, je lui souhaite le meilleur.

Vinicius a-t-il prolongé grâce à vous ?

Non… quoi ? Grâce à moi ?

Vous avez parlé avec Vinicius ?

Évidemment que j’ai parlé avec lui, mais Vinicius est tombé amoureux du Real Madrid. La seule chose que je lui ai dite, c’est : "Vini, où veux-tu aller ? Tu as été seulement au Brésil et tu ne connais que le Real Madrid… Tu ne sais ce qu’est le Real Madrid que lorsque tu pars. Quand tu pars… tu sais ce qu’est le Real Madrid. Ne pars pas. Ça n’en vaut pas la peine".

Je pense que ce qu’il a ressenti avec la progression du groupe, la manière dont nous travaillions et progressions, lui a donné un sentiment très important. Lui, c’est encore un autre joueur qui fait plaisir à voir travailler. Nous avons beaucoup de qualité.

Le conflit avec Benfica a été délicat pour vous. C’était un de vos joueurs, Vinicius, et il y avait cette question du racisme…

Exactement, mais la réponse est très simple : Prestianni était mon joueur, c’est tout, il n’y a pas de débat. Si Prestianni est mon joueur… 20 joueurs peuvent arriver, je suis avec Prestianni, point. Je pense que Vini le sait maintenant, il sait de quel côté je suis et il sait qu’il peut me regarder et compter sur moi pour être à ses côtés. L’autre jour, quand on ne lui a pas accordé un énorme penalty au Bernabéu, j’étais déjà au milieu du terrain à me battre pour lui. Il sait que je serai avec lui.

Doit-il apprendre à se comporter différemment ?

Je pense que les gens doivent apprendre à se comporter avec lui, je parle aussi des arbitres. Vinicius est aussi un joueur comme les autres. Tu ne peux pas siffler un penalty parce que tu es Pedrerol… et ne pas siffler penalty parce que c’est Vinicius. Tu ne peux pas protéger Mourinho et ne pas protéger Vinicius. Les gens doivent regarder au-delà du fait qu’il soit très sympathique ou moins sympathique. Sur le terrain, tu dois regarder Vinicius comme un joueur de plus. Il est meilleur que les autres.

On ne le protège pas.

Non, non… on ne le respecte pas. Au niveau des stades… je suis d’accord avec toi et j’en ai aussi un peu parlé. Une chose est de célébrer un but avec les tiens et une autre est de le célébrer devant les supporters adverses. On peut trouver un peu d’équilibre… Mais quel est l’intérêt pour un stade de siffler l’un des meilleurs joueurs du monde quand tu n’as rien à lui repprocher ? Tu vas jouer un match amical à La Corogne ou contre Schalke et je ne pense pas que Vinicius ait déjà joué contre Schalke ou le Deportivo. Pourquoi le siffler dès qu’il touche le ballon pour la première fois ? Il faut essayer de trouver un compromis parce que le voir jouer est un privilège.

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