AllezPaillade.com
·29 mars 2026
N’Gazi revancharde et héroïque, Rouquet encore buteuse : au Vélodrome, le MHSC Féminines gagne son premier match depuis octobre

In partnership with
Yahoo sportsAllezPaillade.com
·29 mars 2026

C’était l’un des matchs de la dernière chance pour les Pailladines. Dans un Vélodrome bien rempli, les joueuses de Jean-Louis Saez ont su, avec un peu de réussite, faire face aux assauts marseillais pour arracher leur première victoire en D1 depuis octobre (1-2) ! Un résultat qui entretient l’espoir du maintien, même si le contenu du soir aura souvent laissé à désirer…
C’est donc face à 35 713 personnes que les joueuses du Montpellier Hérault Sport Club Féminines devront s’exprimer ce soir, un record dans l’histoire de l’Arkema Première Ligue. L’Olympique de Marseille a voulu faire de cette finale pour le maintien un match de gala. Il y a de quoi intimider les 22 actrices du match. Disposées en 4-2-3-1, les coéquipières de Marion Torrent vont ainsi devoir garder la tête froide dans ce contexte particulier, magnifié par l’enjeu.
Et pour ces premières minutes déjà cruciales, le MHSC a (enfin) droit à un joli coup de pouce du destin. Dès la première minute de jeu, la latérale Inès Kbida tente une passe en retrait en apparence anodine vers sa gardienne Margot Shore. Mais cette dernière est légèrement trop avancée, et la voilà, stupéfaite, contrainte de courir après la balle et d’aller finalement la chercher au fond de ses filets (0-1, 1′). Montpellier a la chance de se retrouver devant au score et c’est tant mieux, car en face, l’OM ne met pas de temps a prendre l’ascendant balle au pied. Jenny Perret est la première à tester Chloé N’Gazi (8′), avant que Mathilde Bourdieu (souvent en réussite face à Montpellier) ne butte elle aussi sur son ex-coéquipière (13′).
Marseille a le vent en poupe et Kbida croît même pouvoir se racheter en reprenant de la tête un centre de Tess Laplacette. Sa tentative manque toutefois le cadre (21′). En face, le MHSC ne propose strictement rien, l’équipe restant empêtrée dans le milieu du terrain, incapable de lancer sa ligne d’attaque. Devant justement, la recrue hivernale Ashley Clark, touchée physiquement, sort sous les broncas du Vélodrome 29′). Le public provençal a-t-il alors conscience qu’il conspue une joueuse qui a solidement servi l’OM pendant trois saisons en D2 de 2021 à 2024 (avec une quarantaine de buts marqués) ? Bref, Marseille continue en tout cas de pousser, avec deux nouvelles grosses occasions avant la pause : un centre-tir de Laplacette, effleuré par N’Gazi et qui termine sur la barre transversale (35′), ainsi qu’une frappe à bout portant de Bourdieu, que la gardienne du MHSC détourne cette fois d’une main ferme (42′).
Montpellier attaque donc la seconde mi-temps avec l’avantage au score et ce, sans avoir encore effectué le moindre tir ! Oui, ce n’est pas le MHSC des grands soirs qui s’est déplacé au Vélodrome. Cette équipe, souvent mal payée cette année, est pour l’heure loin de fournir une prestation emballante. Mais à ce stade de la saison, c’est l’efficacité qui prime avant tout, et les attaquantes héraultaises sont en passe d’offrir une leçon sur le sujet à leurs adversaires du jour. Face à un bloc olympien haut, Nina Ngueleu s’impose dans le rond central et parvient à partir vers le but. Marta Carro tente de couvrir, la Camerounaise temporise… pour mieux servir Justine Rouquet, lancée sur sa gauche. La révélation de la saison ne tremble pas et offre le but du break à son équipe (0-2, 48′).
Voilà qui va certainement laisser l’Olympique de Marseille dans le doute, peut-on se dire. C’est néanmoins sans compter sur Mathilde Bourdieu, qui n’a pas encore marqué son but habituel contre le MHSC. L’ancienne du Paris FC ne perd pas de temps à relancer le suspense, s’emparant d’un ballon perdu par Jade Rastocle pour décocher un missile depuis l’extérieur de la surface, qui vient finir sa trajectoire sous la barre de N’Gazi (1-2, 51′). Embêtant pour les Pailladines, qui aurait certainement voulu s’appuyer sur cette avance flatteuse de deux buts un peu plus longtemps. Il est néanmoins logique de voir les Phocéennes revenir dans le jeu, surtout qu’elles continuent de mettre N’Gazi à contribution. L’internationale algérienne sort une nouvelle parade somptueuse face à Melissa Herrera (59′).
Ce moment du match appartient définitivement à la gardienne du MHSC. Elle s’impose à nouveau sur un tir de Sintia Cabezas, repris sans succès par Herrera (65′). Un moment clé, car derrière, l’OM va commencer à s’émousser et le rythme va retomber. Si les Pailladines tirent elles aussi la langue, elles continuent malgré tout de défendre âprement, limitant les bons ballons d’attaque pour Marseille. Sonia Ouchene s’offre le deuxième tir pailladin du match, une tentative lointaine qui ne passe pas très loin du cadre (81′). Il faut plus de dix minutes aux Phocéennes pour répliquer, avec une frappe Salomé Elisor qui passe au-dessus (90’+2′). L’horloge tourne. Marseille obtient bien deux coups de pieds arrêtés dans le temps additionnel mais rien n’y fait : N’Gazi veille au grain, ses sorties sont impeccables. Les Héraultaises peuvent exulter, les voilà victorieuses pour la première fois en championnat depuis le 18 octobre dernier et le match aller contre Lens (3-1). L’éternité prend fin.
Cette victoire, c’est donc en grande partie celle de Chloé N’Gazi, qui abordait la rencontre avec un vrai esprit de revanche. La portière, embauchée il y a quelques semaines à peine par le MHSC pour combler les blessures de Lerond et Petiteau, avait quitté l’OM durant l’hiver de manière tendue. De quoi attirer l’attention de L’Équipe, qui s’est fendu d’un petit article sur le sujet hier matin sur son site internet. Le destin lui aura finalement souri : la Fennec a signé sa prestation référence sous les couleurs montpelliéraines, jouant le premier rôle dans la victoire des siennes.
Rouquet et Ngueleu méritent également leurs fleurs, elles qui furent l’une comme l’autre décisives sur le but de la victoire. Combative, Ngueleu a su initier l’action en filant vers le but. Mais elle a surtout eu la lucidité de temporiser assez pour servir Rouquet, probablement consciente que sa jeune ailière était la mieux armée pour assurer la finition de cette action. La voilà buteuse pour la 8ème fois cette saison, une performance titanesque à seulement 18 ans.
Si l’on dézoome un peu, il est certain que le match du soir ne constitue pas une rencontre référence pour les Pailladines. Peu inspirées dans le jeu, souvent regroupée dans un bloc très bas, elles s’en sortent avant tout grâce à des coups de force individuels. Mais après tant de matchs perdus d’un rien, une victoire, même un peu laide, vaut très cher pour ce MHSC Féminines. À égalité avec l’AS Saint-Étienne et le RC Lens (qui se sont rencontrés aujourd’hui avec à la clé une victoire 2-1 de l’ASSE), les Montpelliéraines peuvent encore croire au maintien, bien que la pente reste raide.
Prochain match mercredi 22 avril à 18h45, avec la réception du Paris FC.
Crédits photo : @mhsc_feminines









































