Olympique-et-Lyonnais
·19 juin 2026
OL : avec Moreira et face à la réalité économique, difficile de s'attacher

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·19 juin 2026

C'est un communiqué qui n'a surpris personne. La question était même de savoir quand il sortirait car tout le monde s'était fait une raison depuis plusieurs jours. Jeudi, l'OL a officialisé le départ d'Afonso Moreira vers le Bayer Leverkusen. Un transfert de l'ordre de 33,6 millions d'euros (bonus compris) qui a permis au club lyonnais de réaliser une très belle plus-value. En l'espace d'un an, la valeur de Moreira a été multipliée par quinze, passant de deux millions d'euros à plus de trente. Cela vient confirmer le très bon travail de la cellule de recrutement qui a eu le nez creux pour faire venir un joueur qui n'avait pas sa chance au Sporting Portugal et dont les références étaient nulles ou presque.
La direction lyonnaise ne s'attendait sûrement pas à ce que l'éclosion soit telle, mais elle ne s'en plaindra pas. On dit souvent que le malheur des uns fait le bonheur des autres et Afonso Moreira en est le parfait exemple. Sans la blessure de Malick Fofana, aurait-il connu un tel exercice 2025-2026 ? S'il ne sert à rien de refaire l'histoire et que le joueur a malgré tout dû prouver sur le terrain qu'il méritait sa place, l'espace dégagé devant lui a permis à l'international espoir portugais d'éclabousser son talent à la face de la Ligue 1 et de l'Europe. Tout le monde se rappellera son pétard contre le FC Bâle pour son premier but à l'OL, cet enroulé contre Strasbourg ou encore ce long raid contre le PSG.
Et plus que ses buts (8) ou ses passes décisives (8 également), les supporters lyonnais se rappelleront d'un joueur qui ne triche pas et peu avare d'efforts défensifs. Afonso Moreira était un peu devenu le symbole de cette équipe lyonnaise à l'état d'esprit irréprochable et pour laquelle tout le monde s'était pris de sympathie. "Voir un ailier se sacrifier autant défensivement, c'est plutôt rare et ça m'a tout de suite séduit", avoue Antoine, abonné en tribune Est au Parc OL. Par les temps qui courent à Décines, l'humain et le sportif avaient créé une osmose à tous les étages du club et permis de se relever d'un été 2025 presque cataclysmique.
Le foot, ce sont donc les émotions procurées par un but, une passe mais aussi un dépassement de soi. Il n'était pas le seul sur la saison écoulée, mais Afonso Moreira avait gagné un fort capital sympathie en tribunes grâce à tout cela. Il était devenu un chouchou, un enfant qui fait ses premiers pas et qu'on espère voir grandir au fil des semaines. Le natif de Lamego était dans la même optique, conscient que l'OL était le club parfait pour aller voir un peu plus haut dans quelques mois. Oui mais voilà, la réalité économique est ce qu'elle est : un club qui a redressé la barre mais qui reste avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. L'OL a toujours eu vocation à vendre, à être un club tremplin.
Seulement, les soubresauts de John Textor font que le club a plus que jamais le couteau sous la gorge et que le domaine sportif ne peut pas tout régler à lui seul. La qualification directe pour la Ligue des champions aurait donné un certain matelas. Mais en ne faisant pas le travail sur le terrain, les joueurs se sont ouverts à ce problème. Un an après Georges Mikautadze, Afonso Moreira se retrouve lui aussi "sacrifié" sur l'autel de la pression économique. Au grand dam de toutes les strates lyonnaises. Mais, c'est peut-être aussi le football d'aujourd'hui : celui où il ne fait pas bon de s'attacher, que l'on s'appelle l'OL ou non d'ailleurs.







































