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·11 mai 2026
OM : « Je ne voulais voir personne », les confidences fortes de Mandanda sur le vide d'après-carrière

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·11 mai 2026

Légende de l'OM et champion du monde 2018, Steve Mandanda a raccroché les gants à l'été 2025 après une dernière expérience à Rennes. Dans un livre à paraître le 13 mai, l'ancien gardien s'est livré sans filtre sur la période difficile qui a suivi la fin de sa carrière, le vide, l'isolement, et la longue reconstruction.
Vingt ans au plus haut niveau, une Coupe du monde soulevée avec les Bleus en 2018, une légende construite à l'OM, une fin de carrière au Stade Rennais et puis plus rien. Le silence, le vide. À 41 ans, celui qui fut l'un des gardiens les plus constants de sa génération s'est retrouvé face à une réalité que peu de gens voient de l'extérieur, la vie d'après le football peut faire très mal. C'est ce témoignage qu'il livre dans Les Jours d'après, un ouvrage dans lequel il parle sans filtre de sujets tabous liés à l’après-carrière du sportif de haut niveau, qui sortira le 13 mai prochain. À l'occasion de cette sortie, Le Parisien a pu échanger avec lui sur cette étape difficile de sa vie.
Un quotidien devenu fade
Pendant vingt ans, Mandanda a vécu au rythme des entraînements, des matchs et de l'adrénaline permanente du haut niveau. Il y avait toujours une reprise qui se profilait, un objectif qui donnait du sens aux journées. Puis tout s'est arrêté. « Le matin, je me levais tôt, je me demandais ce que j'allais faire de mes journées ». Il déposait son fils à l'école, se retrouvait seul, sans structure, sans but. Il jouait au padel, regardait la télé sans vraiment s'y intéresser. « Mes journées n’avaient pas de but, elles ne ressemblaient à rien. C'est ce qui m'a beaucoup dérangé. »
La fin n'avait pas été celle qu'il espérait. Ses derniers matchs à Rennes, le regret de ne pas avoir disputé une dernière fois les ultimes minutes sur la pelouse du Vélodrome, tout cela a pesé lourd. La culpabilité s'est aussi invitée, celle de ne rien faire alors que son entourage lui disait de profiter. « Je ne sais pas si c'est de la culpabilité, mais je n'étais pas bien », reconnaît-il. Un cercle vicieux difficile à briser.
Dépression, isolement et reconstruction
La traversée fut d'autant plus éprouvante qu'elle s'accompagna d'un isolement profond. Mandanda ne tourne pas autour du pot, il évoque clairement une phase dépressive, et confie avoir tout fui. « Je ne voulais voir personne. » Il dit ressentir une honte de ne pas avoir terminé sa carrière comme il l'espérait, et parle d'une colère intérieure difficile à digérer. Une interview de Samuel Umtiti, qui avait traversé une période similaire, lui a permis de se sentir moins seul. « Il avait le même manque », dit-il.
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Symbole fort de ce basculement dans une autre vie, Mandanda s'est retrouvé à pousser la porte de France Travail. Champion du monde, idole d'un club, habitué des grandes affiches européennes, et pourtant là, dans la file d'attente de l'agence pour l'emploi, comme n'importe quel demandeur. Un moment qu'il décrit comme une vraie prise de conscience. « C'est une vraie bascule entre la vie d'avant et la vie d'après », dit-il. Il reconnaît que cela l'a un peu « malaisé » sur le coup, notamment quand on lui a demandé dans quelle branche il cherchait du travail. Mais avec le recul, il y voit surtout une leçon d'humilité.
Une formation au Centre de droit et d'économie du sport de Limoges, où il échange avec d'autres sportifs en reconversion, l'a « beaucoup aidé sur le plan psychologique ». Aujourd'hui apaisé, Mandanda se projette vers l'avenir avec une ambition claire, devenir directeur sportif, pour « rester au contact avec le sportif, le vestiaire, le club, tout en ayant un regarde structurel » d’après ses mots.
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