CoeurMarseillais
·3 septembre 2026
OM – L’OM ne mise pas vraiment sur la jeunesse

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·3 septembre 2026

2,5%, c’est le temps de jeu accordé aux U21 depuis le début de l’année, loin derrière Strasbourg qui pointe à 37,9 %. Le contraste est presque cruel : pendant que le club alsacien bâtit son projet sportif sur l’audace et la confiance accordée à ses jeunes pousses, Marseille s’enferme dans une gestion frileuse, plus proche des habitudes d’un Auxerre ou d’un Lorient que de ses ambitions affichées.
Le paradoxe est d’autant plus frappant que Genesio a construit sa réputation ailleurs sur l’exact inverse. À Lyon, Rennes où Lille, il a lancé Amine Gouiri, Adrien Truffert, Mathys Tel ou Ayyoub Bouaddi sans trembler. Mais depuis son arrivée à la Commanderie, le discours peine à se traduire en actes : il évoque volontiers des noms comme Keyliane Abdallah, Keyliann Bezahaf ou Antoine Valero, sans qu’aucun d’eux ne franchisse véritablement le cap. La contrainte des résultats immédiats, dans un club sous pression du Vélodrome et des objectifs européens, semble avoir eu raison des intentions initiales.
Cette frilosité n’est pourtant pas sans coût ni sans ironie. Alors que l’OM a bouclé un mercato estival sans la moindre recrue, plombé par des finances exsangues et les exigences de la DNCG, la jeunesse aurait pu constituer une soupape naturelle. Grégory Lorenzi lui-même a fait de la polyvalence et du faible coût des critères prioritaires de recrutement : les jeunes du centre de formation cochaient logiquement ces cases. Or c’est justement au moment où le club en aurait le plus besoin que la tendance de fond, documentée sur cinq ans par l’Observatoire du football CIES (3,5 % de temps de jeu contre 18,6 % à Strasbourg), refuse de s’inverser.
Reste à savoir si la signature imminente du premier contrat professionnel d’Antoine Valero, échappé de justesse à un Betis Séville trop timide, marquera un tournant ou restera un symbole isolé. L’histoire récente du club invite à la prudence : les promesses de rajeunissement se sont multipliées ces dernières saisons sans jamais se traduire dans les statistiques. Pour un club qui revendique un projet de reconstruction sportive, l’écart entre le discours et les chiffres du CIES commence à ressembler à un aveu.
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