CoeurMarseillais
·2 août 2026
OM – Mission impossible pour Grégory Lorenzi

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·2 août 2026

Il fallait un successeur à Mehdi Benatia, et l’OM a préféré parier sur la fraîcheur plutôt que sur l’expérience en confiant les clés du recrutement à Grégory Lorenzi. À 42 ans, le technicien débarque à Marseille avec un profil séduisant sur le papier, mais surtout avec une feuille de route que peu de dirigeants accepteraient de signer les yeux fermés. Car derrière la nomination se cache une réalité brutale : celle d’un club sommé de se refaire une santé financière du jour au lendemain, après des années de dépenses jugées incontrôlées sous l’ère De Zerbi.
Frank McCourt a tranché, et la sentence ne laisse aucune place à l’ambiguïté. La masse salariale doit être divisée par deux, les plus gros contrats du vestiaire doivent trouver preneur, et les caisses du club, exsangues, doivent impérativement se remplir. C’est dans ce contexte, tout sauf confortable, que Bruno Genesio et Grégory Lorenzi ont accepté d’endosser la responsabilité du projet sportif, en toute connaissance de cause. Un choix qui relève presque du sacerdoce pour un directeur sportif censé bâtir une équipe compétitive sans disposer du nerf de la guerre.
L’expérience brestoise de Lorenzi, où il avait su composer un collectif capable de briller jusqu’en Ligue des champions avec des moyens limités, sert aujourd’hui de référence rassurante. Mais transposer cette réussite à l’échelle marseillaise, avec les attentes démesurées qui entourent le club phocéen, relève d’un tout autre exercice. Construire un effectif taillé pour l’Europe sans enveloppe mercato digne de ce nom, voilà le défi qui attend le Français, dans un club où l’improvisation n’a jamais vraiment eu droit de cité.
L’urgence, elle, ne laisse aucun répit. D’ici le 31 août, Lorenzi doit avoir livré à Genesio un groupe opérationnel, capable de viser l’Europe dès cette saison, sans passer par la case reconstruction que la situation financière semblerait pourtant justifier. Un pari vertigineux, presque paradoxal, où l’OM exige l’excellence immédiate tout en se privant des moyens de l’obtenir. Reste à savoir si Lorenzi saura transformer la contrainte en vertu, comme il avait su le faire à Brest, ou si Marseille découvrira, une fois de plus, les limites d’une ambition déconnectée de ses réalités budgétaires.
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