CoeurMarseillais
·24 mars 2026
OM–OL - Grosso : « J’ai compris que mourir peut prendre une seconde »

In partnership with
Yahoo sportsCoeurMarseillais
·24 mars 2026

Suite aux événements d’OM-OM en novembre 2023, Fabio Grosso a choisi de se confier au quotidien italien La Repubblica sur l’une des pages les plus sombres du football français. Le 30 novembre 2023, alors que le bus de l’Olympique Lyonnais approchait du Vélodrome pour disputer l’Olympico face à l’OM, le car avait été pris pour cible par des supporters marseillais. L’entraîneur transalpin en était sorti le visage ensanglanté, contraint de recevoir plusieurs points de suture avant même que le coup d’envoi ne soit donné. Un épisode brutal, dont les stigmates psychologiques sont visiblement loin d’être effacés.
Les mots de l’ancien champion du monde 2006 sont d’une sobriété saisissante : « J’ai compris que mourir peut prendre une seconde. Tu vas bien, et l’instant d’après tu peux être touché au visage par une pierre, sans même t’en rendre compte ». Mais c’est peut-être la phrase suivante qui frappe le plus fort : « J’y pense chaque fois que je monte dans le car ». Un aveu rare dans le milieu du football professionnel, où l’on cache volontiers ses fragilités, et qui témoigne de la profondeur du traumatisme laissé par cet acte de violence gratuite.
Aujourd’hui à la tête de Sassuolo, dixième de Serie A, Grosso n’a cependant pas tourné le dos à la France. Il garde de son passage à Lyon « des liens avec des personnes et des lieux », et entretient même son français au quotidien auprès de plusieurs joueurs de son effectif, dont trois anciens Marseillais, Darryl Bakola, Ismaël Koné et Ulisses Garcia. Une anecdote qui ne manque pas de sel, même si ces derniers n’ont pas vécu personnellement la nuit cauchemardesque du Vélodrome.
Cet entretien vient rappeler avec force que la violence dans les stades ne se limite pas à des dommages matériels ou à des matchs reportés. Elle laisse des traces durables chez ceux qui en sont victimes, y compris les professionnels les plus aguerris. Le cas Grosso devrait, une nouvelle fois, inviter les instances du football français à une réflexion sérieuse sur la sécurité des déplacements, à l’heure où la Coupe du Monde 2026 projette le pays sous les feux de la scène internationale.
À lire aussi :









































