Calciomio
·28 mai 2026
« On a perdu notre caractéristique la plus identitaire » : Fabio Cannavaro analyse la situation du football italien

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·28 mai 2026

Fabio Cannavaro, ancien capitaine de la Nazionale championne du monde 2006 et Ballon d’Or, a livré à La Repubblica une analyse sans concession du nouvel échec de l’Italie à se qualifier pour la Coupe du monde. Une absence répétée qui, selon lui, dépasse largement la seule dimension sportive.
Interrogé sur la douleur provoquée par cette troisième non-qualification consécutive, il confie d’abord son désarroi personnel : « Si ma joie est grande d’aller au Mondial, la douleur de ne pas voir mon pays en Amérique est immense. Une fois encore, nous avons été éliminés par des adversaires plus faibles. Avec trois sélectionneurs différents, cela montre que le problème n’est pas là. Et nous ne mesurons pas l’impact dévastateur pour les communautés italiennes dans le monde. Des millions d’Italiens attendent quatre ans pour se sentir encore plus italiens. Au Brésil, il y en a 30 millions, et 120 autres millions dispersés dans le monde. La Nazionale aurait joué au Canada, où la communauté italienne est très nombreuse et passionnée. »
Sur les causes de cet échec, Cannavaro pointe d’abord des lacunes défensives et mentales : « Il est évident qu’on ne sait plus défendre, quand on encaisse autant de buts contre Israël ou la Norvège. Mais ce qui m’a frappé, c’est autre chose : on ne sait plus souffrir, on fond comme une glace. On a perdu notre caractéristique la plus identitaire, celle qu’on m’a transmise dès les catégories jeunes : plus la situation était difficile, plus on se surpassait. Et tout le monde voulait nous éviter. En perdant cet état d’esprit, on a été éliminés par la Suède, la Macédoine et la Bosnie. »
Au-delà du terrain, l’ancien défenseur italien voit un problème plus profond, culturel : « Exactement. Peut-être parce qu’on a tout. Même dans les centres de formation, la volonté de ne pas perdre est une qualité qu’on a abandonnée, alors qu’elle est encore présente chez les sportifs d’autres disciplines. Et ce n’est pas la faute des réseaux sociaux : Sinner les utilise aussi, et pourtant, en finale contre Alcaraz à Monte-Carlo, il n’a pas lâché un centimètre. »







































