Let's Go Metz
·10 septembre 2026
Pascal Raspollini : une vie de travail, de football et de transmission

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·10 septembre 2026

Ancien joueur du FC Metz devenu une figure du football amateur lorrain, Pascal Raspollini revient sur son parcours. De l’usine aux bancs régionaux, il raconte une vie consacrée au football, bâtie sur le travail, la passion et la transmission.
Avant que le football ne prenne toute la place, Pascal Raspollini découvre le judo. Dans la cité minière où il grandit, les parties de ballon occupent déjà les journées. Il finit par convaincre son père de lui permettre de prendre une licence.La passion ne tarde pas à s’installer. Le stade se trouve à plusieurs kilomètres de son domicile et Pascal effectue régulièrement le trajet à pied, parfois seul et en plein hiver. « J’étais tout le temps avec un ballon sous le bras et je passais des heures entières à jouer au foot. Mon père ne m’amenait jamais au stade : je faisais ces kilomètres à pied, parfois tout seul, en plein hiver. J’étais vraiment un passionné. »Le football devient rapidement un rêve d’enfant, mais le quotidien rappelle Pascal à une réalité plus rude. À 17 ans, il travaille déjà à l’usine au Luxembourg. Il se lève à 5 heures, prend sa mobylette avec quelques camarades, travaille de 6 heures à 14 heures, se repose brièvement, puis repart s’entraîner dans la nuit.

Crédit photo : DR (fournie par Pascal Raspollini)
Pascal Raspollini évolue à la JS Thil puis à Réhon, d’abord en Promotion d’Honneur avant de découvrir la Division d’Honneur. Un premier contact avec le FC Metz n’aboutit pas en raison d’une licence envoyée malgré ses consignes. Quelques années auparavant, une blessure musculaire survenue lors d’un stage avec les professionnels messins l’avait déjà empêché de montrer pleinement ses qualités.Deux finales vont finalement relancer son histoire. Avec la sélection de Lorraine, il remporte la Coupe de la Ligue amateur face à l’Ouest, une équipe dans laquelle évolue notamment Guy Stéphan. Pascal provoque un penalty puis inscrit le deuxième but.Avec Réhon, il dispute ensuite une finale régionale face à Thionville. Réhon s’impose 3-2, Pascal marque deux buts et les représentants du FC Metz présents dans les tribunes reprennent contact avec lui.Après une semaine d’essai, le club lui propose un contrat de stagiaire d’une saison. La situation est simple : réussir ou retourner à l’usine. Son employeur refuse de lui accorder une année sabbatique complète et ne lui garantit son poste que pendant six mois.« Quand je suis arrivé et que j’ai signé pour une année, j’ai tout donné. Je n’avais plus envie de retourner à l’usine. Je savais d’où je venais, mais je n’avais plus envie de cette vie. »
Pascal Raspollini fait partie des premiers pensionnaires du Chalet de Vaux, qui marque la création du centre de formation du FC Metz. Aux côtés de Michel Ettorre, les pensionnaires y dorment, prennent leurs repas près du stade Saint-Symphorien et doivent se déplacer en camionnette pour aller s’entraîner.Lorsqu’il est appelé avec l’équipe première, Pascal découvre aussi les règles de l’époque : les anciens marquent leur territoire et les jeunes se changent à part.Pascal découvre surtout l’écart immense entre la Division d’Honneur et le plus haut niveau. « À la fin du match, je me dis : “Je ne sais pas comment je vais faire pour pouvoir jouer à ce niveau”, tellement le rythme était élevé. »Au fil des entraînements et des rencontres, il s’adapte. Une phrase de son formateur Joseph Birtel reste gravée dans sa mémoire : « Entraîne-toi dur et tu joueras facile. » Présent à quinze reprises sur les feuilles de match et auteur de six buts dès sa première saison, il obtient finalement un contrat professionnel de cinq ans. Le rêve du jeune ouvrier devient réalité.

Crédit photo : Pascal Raspollini (Photo au coté de Michel Ettorre)
Dans cette ascension, Carlo Molinari occupe une place à part. Proche de ses joueurs, attentif à leur quotidien et capable de les mettre en confiance, le président messin entretient avec Pascal une relation renforcée par leurs racines italiennes et leur proximité géographique.« Carlo, on le considérait un peu comme un papa. Il venait souvent discuter avec nous, il nous mettait en confiance. C’était une belle personne. »En 1979, Pascal est prêté à Besançon pour obtenir davantage de temps de jeu. Il y réalise une saison convaincante en deuxième division avant de revenir en Moselle. Le club vient toutefois de recruter un attaquant européen reconnu à son poste et lui annonce qu’il ne jouera pas. Pascal refuse de partir : convaincu de posséder les qualités nécessaires, il décide de rester et de gagner sa place.

Crédit photo : Bernard Zénier (Rang du haut, de gauche à droite : Pascal Raspollini et Bernard Zénier,
Rang du bas, de gauche à droite : Carmelo Micciche, Marco Morgante, Carlo Molinari, Fernando Zappia, et Thierry Pauk)
La réponse vient avec la réserve. Face aux PTT Metz, Pascal inscrit trois buts et délivre une passe décisive lors d’une victoire 4-0. Le jeune Sylvain Kastendeuch, chargé de défendre face à lui, lui confiera bien plus tard que cette rencontre avait « presque brisé sa carrière ». Le capitaine Hugo Bargas intervient alors auprès d’Henryk Kasperczak pour demander pourquoi Pascal n’est pas retenu. L’ailier retrouve finalement l’équipe première.Il enchaîne ensuite les rencontres et termine la saison avec dix réalisations. « Je fais une super saison. Je suis la coqueluche, la coqueluche du public. » Le garçon arrivé tardivement de Division d’Honneur s’impose sous le maillot grenat et devient l’un des joueurs appréciés de Saint-Symphorien.La saison suivante raconte l’autre versant du métier. Metz commence par quatre défaites en préparation, puis attend la treizième journée pour remporter son premier match de championnat. Lors de la première journée face à Nantes, Pascal manque un penalty après avoir pris le gardien à contre-pied. Le public commence à le prendre en grippe et il ne parvient pas à relever la tête.Avec le recul, Pascal regrette surtout d’être arrivé si tard dans le circuit professionnel. Une formation commencée plus jeune lui aurait peut-être donné les outils mentaux nécessaires pour traverser cette période.

Crédit photo : Hugo Jaskowiak
En 1982, Pascal quitte Metz pour le FC Rouen, promu en première division. Sa première saison est une réussite et le club se maintient, avant un deuxième exercice compliqué par les blessures.Il s’engage ensuite au FC Sète, mais son entraîneur lui annonce deux mois plus tard qu’il n’entre plus dans son système. Après avoir déplacé sa famille, Pascal vit une situation difficile et rejoint finalement Louhans-Cuiseaux.À 30 ans, Pascal renonce à sa dernière année de contrat et met fin à sa carrière professionnelle. Après une courte expérience à Forbach, il retrouve un emploi aux HLM de la ville de Metz et passe ses diplômes d’entraîneur.

Crédit photo : Gérard / Studio Durand
Son arrivée au CSO Amnéville ouvre une nouvelle vie. Recruté comme joueur, Pascal refuse d’abord de remplacer l’entraîneur qui l’a fait venir. Placé devant le fait accompli par les dirigeants et un vestiaire qui souhaite le voir prendre l’équipe, il accepte finalement. Les résultats sont immédiats et lancent une carrière de plus de trente saisons sur les bancs régionaux.À Amnéville, il connaît deux magnifiques parcours en Coupe de France. Le CSO affronte Mulhouse à Saint-Symphorien en trente-deuxième de finale, puis pousse Strasbourg jusqu’aux tirs au but la saison suivante. Le vainqueur hérite ensuite de l’OM de Jean-Pierre Papin.Pascal poursuit son parcours à Hagondange, qu’il fait monter en Division d’Honneur, puis à Thionville et Algrange. De retour à Amnéville pour diriger la réserve, il réalise une remontée spectaculaire : avant-dernier à la trêve, son groupe devient champion lors de la dernière journée. Il reste ensuite six saisons au contact des jeunes.Son secret pour durer tient avant tout à sa relation avec les joueurs. « J’ai toujours été vrai, carré et droit. Je n’ai jamais raconté d’histoires à mes joueurs. Quand il fallait dire les choses, je les disais. C’est ce qui m’a permis de durer dans le temps. »

Crédit photo : Pascal Raspollini (Pascal Raspollini avec Pascal Erriquez et an arrière plan Michel Niro au CSO Amnéville)
En 2010, Pascal rejoint l’APM Metz. Sa première saison est interrompue par le décès de son père. Profondément touché, il ne retrouve plus le même plaisir et décide de s’éloigner du football pendant plusieurs années.

Crédit photo : Pascal Raspollini (Léon Raspollini : Papa de Pascal)
En 2015, Éric Brusco lui propose finalement de revenir comme entraîneur adjoint. D’abord hésitant, Pascal assiste à quelques entraînements, retrouve progressivement le plaisir et repart pour plusieurs saisons au sein du club.Lorsque Romain Perfetto prend les commandes de l’équipe, les deux hommes construisent une collaboration fondée sur la confiance et la transmission. Ensemble, ils n’hésitent pas à lancer plusieurs jeunes âgés de seulement 16 ou 17 ans. Aux côtés de Romain Perfetto, Pascal trouve pleinement sa place dans un rôle d’adjoint : transmettre son expérience, accompagner les jeunes et conseiller l’entraîneur principal sans jamais empiéter sur ses responsabilités. Une période qu’il décrit comme faite de très belles années humaines et sportives. Il connaît ensuite une dernière aventure à l’AS Montigny-lès-Metz.

Crédit photo : Pascal Raspollini (Pascal Raspollini avec Romain Perfetto, Gino Anastasio et son équipe de l’APM Metz)
Après autant d’années dans le football amateur, Pascal Raspollini ne cite pas d’abord les classements ou les trophées. Ce qu’il aime demeure la relation avec les joueurs. « Ce que j’aime, c’est le contact humain. Cela n’a toujours été que du plaisir de transmettre mon expérience de joueur puis de coach. »Sa plus grande fierté est d’avoir atteint le haut niveau et affronté des joueurs qu’il admirait adolescent, dont Franz Beckenbauer et les vedettes de Saint-Étienne.Le FC Metz conserve malgré tout une place unique dans son cœur. Lui qui soutenait Nancy durant son enfance mesure encore la fierté ressentie lorsqu’il a enfilé pour la première fois la tunique grenat. « Quand on m’a annoncé mon prêt à Besançon, j’étais malade, parce que le maillot du FC Metz, c’était quelque chose. J’étais heureux de porter ce maillot. »Lorsqu’il doit résumer tout son parcours en un mot, Pascal choisit finalement « fierté » : celle d’avoir transformé un rêve d’enfant en une vie entière consacrée au football.L’entretien complet « Pascal Raspollini : de l’usine au FC Metz, une vie de passion » est à retrouver sur la chaîne YouTube Hugo Jaskowiak Commentary.







































