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·22 mai 2026
Pierre Sage :« Ce qui nous satisfait le plus ce soir, c’est de rendre les gens heureux »

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La joie était contenue sur le bord du terrain, mais elle était bien présente intérieurement. Pierre Sage a mené le RC Lens a sa première victoire en Coupe de France. Le premier trophée également de sa jeune carrière d’entraîneur. Il partage ses impressions.
Lensois.com : Pierre Sage, pouvez-vous nous partager vos émotions après cette victoire en Coupe de France ?Je me nourris à la fois du bonheur des joueurs et du public. Avec l’équipe, on a justement cette chance de pouvoir rendre les gens heureux et c’est ce qui nous satisfait le plus ce soir.
Ce titre vient ponctuer une saison exceptionnelle, particulièrement réussie pour votre première année sur le banc…La première ici, oui. Après, malheureusement, elle s’arrête ce soir, donc il va falloir qu’on fasse une petite mise à jour du logiciel. Et en tout cas, effectivement, gagner cette coupe vient couronner une année magnifique. Ce qui est bien, c’est que maintenant, on sait qu’on peut être ambitieux.
Vous êtes apparu très détaché au moment de la victoire. Que vous est-il passé par la tête ?Honnêtement, j’étais très content à l’intérieur de voir tous ces sourires, tous ces gens crier, certains pleurer, des enfants, des gens âgés, des gens de mon âge. Il y avait beaucoup de bonheur face à nous. J’ai eu la chance de pouvoir admirer le bonheur pendant 2-3 minutes et ça me suffit.
Comment s’est déroulée l’attente de la rencontre ? Vos joueurs vous ont-ils semblé sereins ou, au contraire, tendus ?Ils n’ont pas changé leurs habitudes. Ils jouent à des jeux de société après le petit déjeuner et le repas du midi et ils ont été détendus. Ça leur permet de passer du temps ensemble, de rigoler, de penser à autre chose. Moi, je me suis un peu isolé dans ma chambre. Ça m’a permis justement de suivre l’arrivée de tous les supporters et de prendre conscience de la marée Sang et Or qui arrivait ici à Saint-Denis. On a été très surpris quand on est rentrés dans le stade. Ça nous a donné beaucoup de force. Je pense que ça nous a inhibés entre 5 et 10 minutes au début du match. Ensuite, on a vraiment été portés par notre public. Encore une fois, il a été le premier homme.

Quelle analyse faites-vous du match ? Nice vous a tenu la dragée haute…Ils nous ont surpris. Ils ont pressé et ont bien ressorti les ballons, même s’ils ont fait beaucoup de six mètres sur du jeu long. Ce sont des choses qu’on avait l’habitude de voir, mais ils nous ont vraiment surpris dans la manière d’appréhender la finale. Certains pensaient qu’ils n’allaient pas la jouer. Ils nous ont bien confirmé qu’ils étaient présents dès les premières minutes. C’est ce qui a peut-être mis un peu l’équipe dans le doute au début, parce qu’on n’a pas été très, très bons au départ. Et à partir du moment où on a repris le jeu à notre compte, je pense qu’on a su construire notre victoire. Même s’il y a eu un petit coup du destin à 2-1 et cette barre, on a eu quand même pas mal de situations sur lesquelles on aurait pu aggraver le score, même si elles n’étaient pas très, très franches. Ça se jouait à une passe, à un décalage, à un tir un peu contré. Je suis assez conscient du match qu’ils ont livré par rapport à celui qu’on envisageait. Et on a su s’adapter assez efficacement.
La finale a été gagnée avec 2 jeunes de la Gaillette derrière, Kyllian Antonio et Ismaëlo Ganiou. Est-ce quelque part votre patte de faire confiance à ce point aux jeunes ?Je ne pense pas qu’on puisse dire que c’est ma patte. Ce sont simplement des joueurs qui sont jeunes mais qui sont aussi performants. Ils ont ces deux caractéristiques-là et c’est ça qui fait qu’à un moment donné, ils jouent quand il y a des opportunités. On a eu peur d’avoir perdu Kyllian à Lyon. Je vous avoue que les avis médicaux n’étaient pas très optimistes pour le match. On me parlait de 15 ou 30 minutes. J’ai préféré le titulariser parce que je me suis dit que je préférais faire un changement au bout de 30 minutes, plutôt que de le faire rentrer en jeu et le ressortir ensuite derrière pour deux changements. Bizarrement, il a joué 6 fois 15 minutes. Comme quoi, quand la tête veut, le corps suit.
Vous avez qualifié le public de 1er homme. Quel rôle a-t-il joué dans cette saison ?Franchement, c’est un public extraordinaire. Déjà, quand j’étais adversaire de Lens et que je jouais contre Lens à Bollart, je profitais du moment. Je souffrais souvent, mais je profitais du moment. Et c’est vrai que le fait de mener l’équipe et d’être poussé comme ça toute l’année… En fait, il y a ce qu’on voit au stade, mais il y a tout ce qui se passe autour aussi. Que l’on soit en ville, au centre d’entraînement, n’importe quel jour, à n’importe quelle heure, il y a toujours des gens qui nous envoient de la sympathie, qui nous donnent beaucoup d’énergie pour mener à bien notre projet. Et c’est vrai que c’est un public qui mérite d’être récompensé. Le public est récompensé, la région est récompensée, le club fête ses 120 ans, donc ça lui fait un beau cadeau. Et Guillaume Warmuz, pour qui c’est l’anniversaire ce vendredi, a un cadeau spécial !
Propos recueillis par Christophe Schaad au Stade de France


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