Pierre Sage : « Un état d’esprit plutôt revanchard » | OneFootball

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·18 mars 2026

Pierre Sage : « Un état d’esprit plutôt revanchard »

Image de l'article :Pierre Sage : « Un état d’esprit plutôt revanchard »

Après sa défaite 2-1 à Lorient, le RC Lens va tenter de rebondir dès vendredi à Bollaert face à Angers (27e journée de Ligue 1, 20h45, à suivre en direct sur Lensois.com et diffusé en intégralité sur Ligue 1+). A deux jours de la rencontre, l’entraîneur lensois Pierre Sage fait le point.

Lensois.com : Pierre Sage, quel est l’état d’esprit de vos joueurs après leur défaite 2-1 à Angers ? L’état d’esprit du groupe est plutôt revanchard puisqu’on a l’impression d’être passé à côté d’un résultat. Le problème qu’on nous a posé dans le match contre Lorient sur le plan du jeu a été très difficile à résoudre pour nous. Cela nous a menés à une défaite. On est très frustrés à l’issue de ce match puisqu’on n’a pas pu résoudre justement le problème que nous ont posé nos adversaires.


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Qu’avez-vous cherché à corriger par rapport à cette défaite ? Vous avez notamment beaucoup centré, en vain…On doit être plus performants dans la préparation du déséquilibre, pour déséquilibrer autrement que par les centres. Et on a agi sur la vitesse de circulation de la balle, sur le fait de pouvoir, à partir du moment où on a créé un décalage, conserver le temps d’avance.Ce sont deux éléments sur lesquels on a beaucoup insisté mardi et ce mercredi, qui doivent nous permettre justement de valoriser le fait d’avoir beaucoup de possession et d’être beaucoup plus impactants pour nos adversaires. Certains considèrent le fait d’avoir beaucoup centré comme un record. Mais à mon niveau, je le considère plus comme la conséquence d’une chose qu’on a été incapables de bien faire.

Lorient vous avait bien étudié. Avez-vous le sentiment de pouvoir tenir jusqu’au bout en maintenant le même schéma de jeu ou va-t-il falloir le modifier pour mieux surprendre sur la fin d’exercice ?Pour moi, on peut très bien faire des choses, mais les faire encore mieux, de manière beaucoup plus complexe, beaucoup plus rapide, pour ne pas justement laisser le temps à l’adversaire de nous lire et de nous canaliser. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, on a un système qui est assez fixe, avec des joueurs dont les positions changent très peu. On a été confrontés pour la deuxième fois à cette situation-là, puisqu’on l’avait vécue contre Feignies-Aulnoye en Coupe de France. Et c’est vrai que c’est la chose la plus difficile à résoudre en football. Je pense qu’à l’inverse, si on change les choses et qu’on perd notre coordination collective, on aura encore moins de réponses face à ces situations. Notre idée, c’est plutôt de maintenir les choses et de les améliorer pour justement avoir un niveau de réponse au problème qui soit supérieur à celui qu’on a pu donner dans notre match précédent.

« On a encaissé beaucoup plus de buts sur la série de matchs. On a conscience de ça et on ne s’en réjouit pas du tout »

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On a le sentiment qu’il est devenu moins difficile de marquer des buts à votre équipe. Quelle analyse faites-vous sur ce sujet ?Sur notre dernier match, je crois que l’adversaire a possédé trois fois le ballon dans notre surface. Et il a mis deux buts, donc il a fait preuve d’une efficacité hors normes, et bravo à lui. Ce n’est pas évident d’avoir ce taux d’efficacité-là. Cela veut malgré tout dire qu’on a eu un système défensif qui les a empêchés de venir dans notre surface à de nombreuses reprises, mais pas suffisamment pour ne pas concéder les deux buts que nous avons concédés. Et ça veut dire aussi que le fait qu’on ait eu beaucoup de ballons dans ce match était le meilleur moyen de défendre. Cela me laisse dans cette idée que pour nous, comme pour beaucoup d’équipes de football, le meilleur moyen de défendre, c’est de continuer à attaquer. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, on a encaissé beaucoup plus de buts sur la série de matchs. On a conscience de ça et on ne s’en réjouit pas du tout. Et on est aussi conscients qu’il va falloir régler cette situation pour reprendre notre marche en avant et continuer à maintenir notre ambition dans les deux compétitions.

À l’inverse, vous avez déjà deux joueurs à 10 buts (Odsonne Edouard et Wesley Saïd). Est-ce une satisfaction particulière ?J’aime mieux avoir cet équilibre au niveau des buts, plutôt que tout repose sur un seul joueur. Je considère cela moins dangereux. L’important, c’est le nombre de buts total. Aujourd’hui, ce qui est assez important au vu du nombre de buts qu’on a marqués, c’est l’impact que ça peut avoir sur le goalaverage et donc sur le classement. Parce que ce n’est pas un élément à négliger. Maintenant, le fait qu’on soit capables de marquer avec des joueurs différents, c’est autant de solutions et d’alternatives dans le jeu qu’on a eu du mal à développer dans notre match à Lorient. Et c’est aussi la preuve qu’on a des manières de marquer qui sont différentes et qui ne reposent pas sur un ou deux phénomènes dans le jeu. C’est un peu le constat que j’avais fait à l’issue de la saison dernière pour prendre le poste, en disant qu’il y avait beaucoup de déchets dans la finition, des tentatives de finition qui se construisaient à base de centres. Et le match de Lorient nous a renvoyés à cette difficulté-là. C’est pour ça qu’on a besoin d’avoir d’autres alternatives de jeu et de pousser un peu plus notre jeu collectif de manière à être beaucoup moins lisibles et beaucoup plus incertains pour nos adversaires.

Peu de joueurs sont habitués à vivre des fins de saison avec autant d’enjeux, sur deux tableaux. Avez-vous mis quelque chose en place pour le gérer ?On applique la même recette depuis le départ en étant dans l’idée qu’on a un parcours, qu’on a des étapes à franchir et qu’on est vraiment sur notre chemin actuellement, et on s’attache à ne commenter et à n’analyser que notre chemin, ou en tout cas les derniers pas effectués et les prochains à faire, sans se projeter trop loin. Puisqu’on sait aussi que les derniers pas sont conditionnés par les précédents. Donc on s’occupe des choses dans l’ordre. Ça, c’est un élément qui me semble important. Et dans ce côté un peu préventif des choses, c’est aussi notre posture en tant que staff. On n’est pas excités à l’idée de gagner un match. On n’est pas en dessous du niveau de la mer lorsqu’on en perd un. On est simplement dans notre parcours et on s’attache à continuer à développer le jeu d’équipe. Maintenant, il y a une réalité, c’est que les joueurs, malgré tout, ont accès à ces informations. Elles sont relayées par beaucoup de médias, leur entourage, et ils sont aussi conscients des enjeux de la période. Et c’est important, dans ces moments-là, de bien resituer la place du jeu pour atteindre les résultats et ne pas seulement se centrer sur les résultats. Et c’est pour ça que la défaite à Lorient est une défaite. Mais au vu du problème tactique qu’on a rencontré et pas réussi à résoudre, c’est plutôt là-dessus qu’il faut qu’on se penche et ce sont ces choses-là qu’il faut qu’on arrive à faire évoluer. Parce que si on veut gagner des matchs, ce qui est notre ambition à chaque fois, on a besoin de progresser dans le jeu. Donc rien de particulier en fin de compte, tout simplement une posture permanente par rapport au jeu et à l’efficacité dans le jeu.

Propos recueillis par Christophe Schaad à la Gaillette-Gervais Martel

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