Calciomio
·4 avril 2026
« Quelqu’un est venu me voir avec un sac rempli d’argent » : la révélation choc d’un ancien sélectionneur italien

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·4 avril 2026

Champion du monde 1982 avec l’Italie, défenseur emblématique de la Juventus FC et figure historique de la Nazionale, Claudio Gentile s’est longuement exprimé dans un entretien accordé à La Repubblica. Son regard sur le football italien actuel est à la fois amer et sans concession, nourri par l’expérience d’une génération qui a marqué l’histoire.
Dès les premières questions, il évoque la perte de sens du maillot azzurro, aujourd’hui selon lui dévalorisé par les résultats récents : « Ça me fait mal : c’est comme si les défaites répétées de la Nazionale avaient effacé une partie de ce que nous avions conquis. Une tache pour tout le monde. » Une douleur qui s’explique par une rupture entre les générations, tant dans la mentalité que dans le rapport à l’effort : « Nous sommes les parents et les grands-parents de jeunes trop fragiles. Nous, nous n’avions rien ; eux, ils ont tout. Ils veulent devenir comme Sinner, mais sans trop d’efforts. Moi, à l’oratoire, je me battais et je n’acceptais jamais de perdre. »
Pour Gentile, la crise actuelle ne peut être résolue par de simples ajustements. Elle nécessite une refonte totale du système : « En changeant le système de A à Z, pas seulement quelques noms. La Fédération est totalement à reconstruire, il faut redonner de la liberté aux entraîneurs. » Une liberté qu’il estime aujourd’hui entravée par l’influence excessive des agents, qu’il dénonce ouvertement : « Ce sont les agents qui font les équipes, même la sélection nationale, surtout la sélection nationale. Quand j’entraînais les Espoirs, quelqu’un est venu me voir avec un sac rempli d’argent : “c’est pour toi”, m’ont-ils dit, “si tu convoques les joueurs que nous te disons”. J’ai répondu de partir immédiatement, sinon j’aurais appelé les carabiniers. » Une opposition qui, selon lui, lui a coûté sa place : « Ils m’ont écarté. Si tu n’es pas une marionnette, tu ne fais pas partie du système. Mais cette situation doit changer. »
L’ancien international appelle également à un changement de gouvernance, regrettant l’absence d’anciens joueurs aux postes clés : « Je me demande quand on aura le courage de choisir un ancien joueur, quelqu’un qui sait vraiment de quoi on parle. » Avant d’ajouter, avec une pointe d’ironie sur sa génération : « Nous ne sommes pas corruptibles, cela n’arrivera pas. »
Enfin, Gentile élargit sa réflexion à la société italienne et au rapport des jeunes au football, évoquant avec nostalgie une époque révolue : « Dans la rue, beaucoup de gens m’arrêtent et me demandent ce qui se passe. “Vous, vous étiez des hommes”, me disent-ils. Je ne sais pas. Mais je me souviens des paroles de mon père quand je suis rentré avec mes chaussures de football trouées. J’en avais demandé une nouvelle paire, et il m’a répondu que je pouvais toujours rêver. » Une éducation à la dure qui contraste avec les aspirations actuelles : « Peut-être plus de devenir footballeurs, malheureusement. Moi, je restais sur le terrain jusqu’à la tombée de la nuit : combien de gifles j’ai prises parce que je rentrais presque à minuit… »









































