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·29 avril 2026
Qui est Frédéric Émile, l'homme de l'ombre de l'ASSE

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Il est partout, sans jamais être sous les projecteurs. Frédéric Émile, intendant puis team manager de l'ASSE depuis plus de vingt-cinq ans, est l'un des hommes les plus indispensables du club. Portrait d'un Corrézien devenu pilier discret des Verts.
On ne le voit pas sur le terrain. Son nom n'apparaît pas dans les compositions d'équipe. Pourtant, sans lui, rien ne tourne rond à l'ASSE. Frédéric Émile, 57 ans, est ce qu'on appelle un homme de l'ombre. Arrivé à Saint-Étienne en juillet 1998, juste après la victoire de l'équipe de France en Coupe du monde, il est toujours là. Plus de deux décennies plus tard. Et il ne compte pas partir.
Fils d'Henri Émile, figure emblématique de l'encadrement des Bleus entre 1980 et 2004, Frédéric a grandi au rythme des mutations de son père. Une enfance un peu partout en France, avant de poser ses valises à Toulouse pour entamer sa carrière professionnelle. C'est au Téfécé, en 1992, qu'il fait ses premiers pas dans le football professionnel. Commercial en charge de la recherche de sponsors, il y croise Gérard Soler. Le courant passe immédiatement. Ils travailleront six ans ensemble.
Quand Soler rejoint Alain Bompard à l'ASSE, il emmène Frédéric avec lui. Le contrat est un CDD de deux ans — « pas trop légal », glisse-t-il avec le sourire. La clause est simple : si le club monte en D1, tout le monde reste. L'équipe finit championne de D2. Frédéric reste. Et ne repartira plus.
D'abord au sponsoring, puis à l'intendance à partir de 2000, Frédéric Émile a porté seul pendant seize ans un poste qui mêlait logistique, organisation des déplacements, accueil des joueurs et mille autres missions. En 2019, le club professionnalise le secteur. Il devient officiellement team manager, sous la responsabilité de Samuel Rustem, directeur des activités sportives. Il coordonne désormais une petite équipe dont Fabrice Di Natale et des lingères.
Son quotidien ? Organiser les stages, gérer les déplacements, accueillir les nouvelles recrues, les aider dans leur quotidiens, les accompagner dans leurs démarches administratives. Bref, s'assurer que les joueurs et le staff n'aient à penser qu'au football. « L'organisation, et l'écoute aussi », résume-t-il quand on lui demande les qualités essentielles du métier. « Il y a tellement de choses à faire que si on commence à s'éparpiller, on ne s'en sort pas. »
Les anecdotes ne manquent pas pour illustrer la réalité du poste selon l'Equipe. Un soir de défaite au Vélodrome en 2010, le milieu Yohan Hautcoeur oublie de remonter dans le car. Il finira la soirée en taxi, direction l'aéroport. Fousseni Diawara, lui, a eu la bonne idée de faire rentrer sa Smart dans le couloir des vestiaires de l'Étrat, bloquant le passage pendant vingt bonnes minutes.
Mais le moment de stress le plus intense reste cette licence oubliée avant un match contre Évian-TG. Frédéric mobilise son réseau, trouve quelqu'un capable d'acheminer le document en urgence jusqu'à Annecy. Mission accomplie. Tout aussi rocambolesque, l'épisode des chaussettes à Lorient : l'arbitre refuse aux Verts le droit de jouer avec des chaussettes blanches. Plutôt que d'accepter des noires prêtées par l'adversaire, Frédéric file en courant acheter des vertes dans le magasin de sport le plus proche. Les Verts jouent en vert.
Ces moments de débrouille, il les assume pleinement. Dans le groupe WhatsApp qui réunit tous les team managers de Ligue 1 et Ligue 2, les galères se partagent. « Je dis toujours aux gens sous ma responsabilité que le plus important, c'est de partager la bêtise pour trouver des solutions », confie-t-il. Une philosophie de vestiaire autant que de vie.
Plus de vingt-sept ans après son arrivée sur un CDD de deux ans, Frédéric Émile fait partie des meubles, comme il le dit lui-même. Il a traversé les descentes en enfer, les remontées, les changements de propriétaires, les dizaines d'entraîneurs. Il est resté. Discret, organisé, indispensable. L'ASSE a ses stars sur le terrain. Elle a aussi ses piliers dans l'ombre. Frédéric Émile en est l'un des plus solides.
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