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·10 janvier 2026

Saliba, Vitinha, Caicedo… Comment le Real Madrid se fourvoie sur le mercato

Image de l'article :Saliba, Vitinha, Caicedo… Comment le Real Madrid se fourvoie sur le mercato

Encore deuxième de Liga derrière son rival historique, le FC Barcelone, le Real Madrid continue pourtant de donner l’impression d’un géant qui avance sur une jambe. Sur le plan comptable, tout va pour le mieux. Sur le plan sportif, en revanche, les signaux faibles s’accumulent. Le paradoxe est frappant : jamais le club n’a semblé aussi attractif, aussi puissant financièrement et institutionnellement, et jamais il n’a paru aussi hésitant dans sa politique de recrutement.

L’arrivée libre de Kylian Mbappé à l'été 2024 a logiquement été une réussite totale. Le Français a immédiatement changé la dimension de l’équipe. Auteur de 44 buts la saison passée et déjà 29 cette saison, le Bondynois porte littéralement le Real Madrid sur ses épaules. Mais cette réussite masque un point de bascule et un déséquilibre profond. Autour de lui, trop de cadres sont en baisse de régime : Vinicius Jr., Eduardo Camavinga, Antonio Rüdiger… La liste est longue et inquiétante. Le collectif madrilène ne progresse plus, il survit grâce à sa superstar.


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Des refus en pagaille

Face à ce constat, la réponse du club semble toujours la même : viser des grands noms. William Saliba, Alphonso Davies, Ibrahima Konaté, Dayot Upamecano… Autant de dossiers évoqués ces derniers mois. Et autant de pistes qui n'aboutissent pas. Et ce n’est pas un hasard.

Prenons le cas Vitinha, proposé au Real Madrid ces dernières semaines. Le milieu portugais du Paris Saint-Germain incarne exactement ce que le Real Madrid recherche depuis les départs de Toni Kroos et Luka Modrić : un joueur capable de dicter le tempo, de lier les lignes, de donner une identité au jeu. Selon la Cadena SER, le profil séduit énormément, jusque dans les tribunes du Bernabéu. Le journaliste Julio Pulido résume même une pensée de plus en plus répandue chez les socios : un échange symbolique entre Vini et Vitinha serait accepté par une large majorité des supporters... Pourtant, le PSG n’a aucun intérêt à céder son maître à jouer, et Vitinha lui-même ne montre aucun signe d’envie de départ. Le Real Madrid ne dispose d'aucun véritable levier.

  1. A lire aussi : Clasico : pourquoi le Real Madrid a tout à craindre en finale de Supercoupe

Le cas symptomatique de la défense centrale

Même constat en défense centrale. Saliba est désormais pleinement installé comme leader à Arsenal et a récemment prolongé jusqu'en 2030, confirmant son engagement à long terme avec le projet des Gunners. Upamecano se rapproche, lui, d’une prolongation au Bayern Munich. Quant à Konaté, son avenir continue d’alimenter les rumeurs, mais le Real Madrid a indiqué fin novembre à Liverpool que son intérêt n'irait pas plus loin.

Dans ce contexte, il est légitime de constater que la Casa Blanca fait toujours rêver. Mais force est de reconnaître qu'elle ne convainc plus automatiquement. À 26 ans, Konaté demeure un cadre de Liverpool et de l’équipe de France. Pourquoi partirait-il aujourd’hui ? Le Real Madrid ne représente plus cette destination évidente où tout joueur voulait signer coûte que coûte. Les projets sportifs sont désormais parfois plus solides ailleurs, plus cohérents, plus stables. Arsenal, Manchester City, le Bayern Munich ou même le PSG offrent des garanties que la Maison Blanche peine paradoxalement à afficher.

Le cas de Moisés Caicedo se veut tout aussi révélateur. Présenté comme le “nouveau Casemiro”, l’Équatorien n’a jamais manifesté un réel désir de quitter Chelsea. Mais là encore, selon nos informations, sa garde rapprochée est venue taper à la porte de la direction du Real Madrid. Laquelle n'a pas répondu. Fort de son prestige historique, le Real Madrid semble vouloir suivre son propre calendrier sans se laisser influencer par les yeux doux alentours. Au risque de ne pas toujours construire un projet sportif suffisamment clair pour convaincre ses cibles, à l'image de Saliba ou Upamecano.

Pourtant, l’attractivité du Real Madrid existe toujours. Elle se manifeste chez les jeunes. Les déclarations de Lennart Karl, pépite allemande de 17 ans appartenant au Bayern Munich, en sont la preuve éclatante. Le milieu offensif a avoué sans détour que le Real Madrid était son club de rêve. Un aveu fort, presque brutal, qui montre que la Maison Blanche continue de faire fantasmer la nouvelle génération. Mais là encore, le problème n’est pas l’envie des joueurs. C’est la capacité du Real à les intégrer, à leur donner un rôle, une progression claire.

  1. A consulter également : Faire de Xabi Alonso un fusible, l'erreur historique de la direction du Real Madrid

Une gestion des jeunes maladroite

Car le club se retrouve aujourd’hui dans une position ambivalente. D’un côté, il empile les talents bruts : Arda Güler, Endrick, Franco Mastantuono... De l’autre, il continue de chercher des stars déjà installées pour colmater les brèches, sans jamais réellement reconstruire le collectif. Le Barça, pourtant en difficulté économique, a fait le choix inverse : miser sur La Masia, sur la continuité, sur l’identité de jeu. Résultat : un groupe cohérent, identifiable, et une progression collective visible.

Le Real Madrid, lui, repose trop sur les individualités. Kylian Mbappé sauve les meubles, mais jusqu’à quand ? Que se passerait-il en cas de blessure longue durée ? La réponse fait peur. Il manque un patron en défense centrale, un véritable organisateur au milieu, un équilibre clair sur le côté droit. Rodrygo pourrait être cet homme, mais il n’a jamais eu la continuité nécessaire pour s’imposer pleinement à ce poste. Au fond, la question n’est pas de savoir si le Real Madrid attire encore les grands joueurs. Il les attire toujours. La vraie question est ailleurs : le club sait-il encore construire une équipe ? En multipliant les paris sur des noms prestigieux sans projet collectif clair, la Casa Blanca se trompe de combat. Le football moderne récompense les structures, les idées, la cohérence. Pas seulement les stars.

Si Florentino Pérez veut éviter que le Real Madrid devienne dépendant d’un seul homme, il devra rapidement revoir sa copie. Miser davantage sur les jeunes, sur le collectif, sur une identité de jeu forte. Comme l’a fait le Barça. Comme le Real savait le faire autrefois. Sinon, derrière les buts de Mbappé, le vide risque de devenir vertigineux.

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