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·1 octobre 2026
Strasbourg, Le Mans, Grenoble : les exemples que Bordeaux doit suivre pour retrouver le plus haut niveau

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Rachetés pour un euro symbolique, les Girondins de Bordeaux doivent désormais se reconstruire depuis le Régional 1. D’autres clubs français sont passés par là avant eux, et certains sont remontés très haut. Des exemples à suivre dans la quête de remontée du club au scapulaire.
Un euro, le Régional 1 et tout à reconstruire. Pour les Girondins de Bordeaux, rachetés par le fonds britannique Park Bench dans la nuit du 29 au 30 septembre, l’avenir ressemble à une longue remontée. Les nouveaux propriétaires affichent déjà un premier objectif : retrouver le National 2 dès l'issue de la saison en cours. Le chemin sera long mais pas impossible. Ces quinze dernières années, plusieurs clubs français, eux aussi passés par la Ligue 1, ont touché le fond avant de se relever. Un exemple qui pourrait servir de mode d’emploi au club au scapulaire.
Il y a quinze ans, le Racing Club de Strasbourg vivait exactement ce que vit Bordeaux aujourd'hui. Le 22 août 2011, la section professionnelle du club est placée en liquidation judiciaire, et le Racing repart en CFA 2, le cinquième échelon du football français (aujourd'hui National 2). Un club professionnel depuis 1933 qui quitte le monde pro par la plus petite des portes.
Le tournant arrive en juin 2012. Ancien joueur du club, Marc Keller rachète le Racing pour un euro symbolique. Entouré d'actionnaires régionaux, il enclenche une remontée spectaculaire. Le RCSA enchaîne les montées, retrouve le monde professionnel en remportant le championnat de National en 2016, puis décroche dans la foulée le titre de champion de Ligue 2. En 2017, six ans seulement après sa liquidation, Strasbourg est de retour en Ligue 1. Deux ans plus tard, il remporte même la Coupe de la Ligue. Pour les Girondins, c'est l'exemple parfait de ce qu'une reprise réussie peut produire.
L'histoire du Mans est peut-être encore plus impressionnante. Plombé par 14 millions d'euros de dettes, le club sarthois est placé en liquidation judiciaire le 15 octobre 2013. Il repart en Division d'honneur (aujourd'hui R1), et sa première saison démarre même par six défaites sur tapis vert, le club ayant épuisé tous ses recours.
La reconstruction prend du temps. Mais à partir de 2016, sous l'impulsion de Thierry Gomez, ancien président de Troyes, Le Mans enchaîne trois montées en trois ans, jusqu'à retrouver la Ligue 2 en 2019, au terme d'un barrage épique face au Gazélec Ajaccio. Après un nouveau passage en National (Ligue 3 aujourd'hui), les Manceaux remontent en Ligue 2 en 2025, puis enchaînent avec une deuxième accession consécutive. Le 13 mai 2026, les Sang et Or sarthois retrouvent officiellement la Ligue 1, seize ans après l'avoir quittée. Treize ans après sa liquidation, le club joue de nouveau dans l'élite et réalise un bon début de saison sous les ordres de Patrick Videira.
À Grenoble aussi, la chute a été brutale. En 2008, le GF38 retrouve la Ligue 1 après 45 ans d'absence et inaugure le stade des Alpes. Trois ans plus tard, après la faillite de son propriétaire japonais Index Corporation, le club est placé en liquidation judiciaire et rétrogradé en CFA 2. La remontée prendra du temps. Le GF38 retrouve d'abord le CFA (National 1 aujourd'hui) puis le National en 2017, avant de valider son retour en Ligue 2 le 27 mai 2018, après un barrage face à Bourg-en-Bresse-Péronnas, sept ans après sa rétrogradation. Une histoire symbolisée par son capitaine, Selim Bengriba. Revenu dans son club de cœur en 2011 pour l'aider à remonter, ce joueur, qui travaillait à côté du football, a signé son premier contrat professionnel en juin 2018, à 37 ans. Depuis, Grenoble s'est installé durablement en Ligue 2.
Plus récemment, le SC Bastia a lui aussi montré qu'une renaissance était possible. Dernier de Ligue 1 en 2017, le Sporting est ensuite rétrogradé jusqu'en National 3 à cause de ses difficultés financières. Porté par une ferveur populaire intacte, le SCB remonte marche après marche, jusqu'à retrouver la Ligue 2 en 2021. Une ascension de quatre divisions en quatre ans.
À chaque fois, les mêmes ingrédients reviennent. Un dirigeant attaché au club, comme Marc Keller à Strasbourg ou Thierry Gomez au Mans. De la patience, car aucune de ces renaissances ne s'est faite en un an. Et surtout, un public resté fidèle, même au plus bas. Sur ce point, Bordeaux a déjà un atout : malgré le huis clos, ses supporters étaient encore plus d'une centaine, lors du quatrième tour de Coupe de France pourtant à huis clos contre Angoulême (1-5), derrière les grilles du stade Sainte-Germaine, pour chanter que "le FCGB doit vivre".
La situation des Girondins reste pourtant particulière. Ils repartent du Régional 1, plus bas encore que Strasbourg ou Grenoble, et le nouveau plan de continuation doit encore être homologué par le tribunal de commerce. Mais si les histoires de Strasbourg, du Mans ou de Grenoble prouvent une chose, c'est qu'un club historique ne disparaît jamais vraiment. Il faut seulement du temps pour qu'il se relève.
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