Le Journal du Real
·29 juin 2026
Valverde doit-il devenir le capitaine du Real Madrid ?

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·29 juin 2026

Federico Valverde devait être la suite logique de l’histoire. Avec le départ de Dani Carvajal et selon la tradition du Real Madrid, le milieu uruguayen semblait destiné à récupérer le brassard de capitaine. Pourtant, une discussion inhabituelle existe désormais autour de son leadership.
Selon Onda Cero, Florentino Pérez ne serait pas totalement convaincu de lui confier la responsabilité de capitaine, une discussion qui reste ouverte en interne.
Tout commence à l'automne 2025. Blessés simultanément, Dani Carvajal et Trent Alexander-Arnold laissent le Real Madrid sans latéral droit. Xabi Alonso décide de déplacer Valverde dans ce couloir pour pallier l'urgence. Voici la réaction du joueur en conférence de presse : « Je ne suis pas né pour jouer latéral, je n'ai pas grandi à ce poste. »
La phrase lui coûte sa place de titulaire pour le match de Ligue des champions contre le Kairat Almaty. Ce qui se passe ce soir-là sur le banc est plus parlant que le match lui-même : Valverde sort au tunnel en dernier, refuse de participer au rondo de chauffage avec les remplaçants, seul de tout le groupe à ne pas le faire, et s'échauffe ensuite en solitaire, dos au reste de l'équipe. Un geste de rébellion silencieux, mais lisible par tout le monde à Valdebebas.
L'Uruguayen a également suivi Viní dans sa rébellion contre Xabi Alonso, contribuant à alimenter les tensions qui ont finalement précipité le licenciement du technicien basque en janvier, remplacé par Arbeloa dans un contexte de vestiaire déjà fracturé. Le Real Madrid se retrouvait coupé en deux clans : ceux qui soutenaient Alonso, ceux qui ne l'aimaient pas. Vinícius Jr et Bellingham étaient présentés comme moteurs de ce mouvement interne.
Le point de rupture survient en mai, quelques jours avant le Clasico. Après une première tension à l'entraînement le mercredi, Fede Valverde refuse de serrer la main de Tchouaméni le lendemain, l'accuse d'avoir fait fuiter dans la presse les détails de leur altercation, puis passe la séance à le tacler violemment lors des exercices.
En fin de séance, Tchouaméni lui assène un coup de poing. En tombant, Valverde heurte une table et perd connaissance. Traumatisme crânien diagnostiqué, dix à quatorze jours de repos, hospitalisation. Amende historique de 500 000 euros pour chacun des deux joueurs. L'incident est décrit en interne comme le plus grave jamais vécu à Valdebebas.
La Coupe du Monde 2026 devait servir de page blanche. Elle a au contraire prolongé la crise. Valverde est arrivé en concentration avec une équipe d'Uruguay en plein malaise interne vis-à-vis de Marcelo Bielsa, dont les méthodes d'entraînement et la gestion du vestiaire cristallisaient les mécontentements.
Avec Sergio Rochet, Manuel Ugarte et Rodrigo Bentancur, Valverde a conduit une réunion privée de près de 50 minutes avec Bielsa après le match nul contre le Cap-Vert, réclamant une réduction de la charge physique et un plan plus défensif face à l'Espagne. Bielsa a tenu bon, a convoqué toute la sélection et a défendu ses méthodes à voix haute. Plusieurs joueurs ont quitté la réunion générale sans attendre la fin.
Face à l'Espagne, Bielsa a sorti Valverde à la 57e minute alors que l'Uruguay cherchait la remontée. Le capitaine a quitté le terrain visiblement furieux, sans un regard pour son sélectionneur, le visage caché dans son maillot. L'Uruguay a été éliminé peu après. Une sortie par le bas, au bout d'une saison qui n'en finissait pas de mal tourner.
C'est dans ce contexte que la question du capitanat prend une dimension particulière. La règle d'ancienneté au Real Madrid est une tradition respectée depuis des décennies. Elle a produit des capitaines comme Raúl, Casillas, Sergio Ramos, Marcelo, Benzema, Nacho, Modrić, Carvajal. Le principe n'a jamais été remis en cause ouvertement. Que Florentino Pérez laisse planer le doute sur l'application de cette règle à Valverde constitue en soi un signal fort.
Le président a suivi avec attention tout ce qui s'est passé cette saison. La rébellion contre Alonso, le Kairat, la bagarre, le Mondial raté, la fronde contre Bielsa. Un cumul qui dessine l'image d'un joueur au talent indiscutable, mais dont la gestion des conflits et le rapport à l'autorité posent question à un moment où Mourinho cherche précisément à construire un vestiaire discipliné et solidaire.
Avec José Mourinho désormais aux commandes, Valverde aura justement l’occasion de reconstruire son image. Le Portugais apprécie les joueurs de caractère, ceux capables de souffrir pour l’équipe et d’incarner une mentalité de compétition.
Valverde lui-même a déclaré, après la bagarre avec Tchouaméni : « Tout cela va m'amener à être un meilleur capitaine. » La question est de savoir si Florentino Pérez partage cette conviction.







































