Le Journal du Real
·8 janvier 2026
Xabi Alonso à l’heure du verdict

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·8 janvier 2026

Xabi Alonso aborde cette semaine décisive dans une position pour le moins inconfortable. L’entraîneur basque ne considère pas ce déplacement en Arabie saoudite comme une simple date au calendrier, mais bien comme un moment charnière, de ceux qui définissent ou brisent un mandat sur le banc du Bernabéu.
Depuis son arrivée, le Real Madrid peine à convaincre dans la durée et l'ombre des échecs passés plane encore. Le souvenir de sa première compétition à élimination directe reste douloureux : une Coupe du monde des clubs terminée brutalement cet été par une lourde défaite 0-4 en demi-finale face au PSG.
À l'époque, le contexte plaidait pour lui : arrivée récente, effectif en transition et peu de temps de travail. Aujourd'hui, l'excuse du temps ne tient plus. Depuis cette débâcle et avec les récents soubresauts du vestiaire, Xabi Alonso est accusé par certains d’avoir renié ses idéaux pour sauver sa peau. Moins de pressing, moins d’intensité, un bloc plus bas... Ces dernières semaines, on semble revoir un Real Madrid version Ancelotti, mais sans la réussite insolente de l'Italien.
Le club, fidèle à sa tradition, ne communique pas et ne protège pas publiquement son coach. À la Maison Blanche, on n'évalue pas un technicien sur sa philosophie, mais sur sa capacité à survivre dans la tempête.
Pour ne rien arranger, Xabi Alonso devra composer sans plusieurs cadres majeurs. L'absence longue durée d'Eder Militão, pilier défensif autour duquel s’articulait l'équilibre de l’équipe, est un coup dur. À cela s’ajoute le forfait confirmé de Kylian Mbappé, dont l’absence prive le Real Madrid de son principal facteur de déséquilibre et de profondeur. Dans une compétition courte à élimination directe, ces absences limitent drastiquement les options tactiques.
C’est précisément là que le scénario devient intéressant pour Xabi Alonso. Une victoire dans ce contexte n’aurait rien d’anodin. Aller au bout de cette Supercoupe sans sa charnière titulaire et sans son meilleur joueur transformerait immédiatement la lecture de son travail. Ce ne serait plus une réussite portée par les individualités ; la critique de la "Mbappé-dépendance" serait balayée d'un revers de main.
Le Real Madrid juge souvent ses entraîneurs sur leur capacité à gagner quand tout va bien, mais il les consacre véritablement lorsqu’ils gagnent quand tout va mal. Ce chaos apparent est peut-être la meilleure chance de Xabi Alonso pour assurer sa continuité.
La première marche est déjà vertigineuse. Affronter l’Atlético de Madrid en demi-finale n’a rien d’un tour de chauffe. L’équipe de Diego Simeone reste l’adversaire le plus indigeste pour ce Real, surtout après la débâcle 2-5 subie au Metropolitano en septembre. Avec son intensité et sa rigueur, l’Atlético impose un cadre étouffant où chaque erreur se paie cash. Pour Xabi Alonso, c'est un test de maturité tactique immédiat.
En cas de qualification, le défi monterait encore d’un cran. Le FC Barcelone attend en finale, fort d’une démonstration nette face à l’Athletic Club (5-0) dans l'autre demi-finale. Un Barça en confiance, offensif et libéré, qui arriverait avec l’esprit revanchard. Devoir battre le rival historique en finale, sans ses armes principales et sous une pression médiatique constante, serait l'épreuve ultime. Ce scénario peut façonner sa légende ou sceller son sort.
Face à ces défis, Gonzalo García surgit comme la solution d’urgence. Ce n'est pas la première fois que le club se tourne vers lui dans la contrainte. L'été dernier, lors du Mondial des Clubs, l'absence de Mbappé avait déjà propulsé le jeune attaquant en pointe. Il avait répondu avec une efficacité létale : 4 buts dans la compétition, dont des réalisations décisives face à la Juventus (1-0) et au Borussia Dortmund (3-2).
C’est ce précédent qui donne une autre lecture à son récent triplé face au Betis. Gonzalo ne débarque pas dans l'inconnu. Il revient dans un rôle de sauveur qu'il a déjà endossé avec succès. Si le "canterano" répond présent, ce ne sera pas un miracle, mais la confirmation qu'il sait exister quand l'exigence est maximale. Pour Xabi Alonso, pouvoir compter sur son joyau formé au club quand l'étau se resserre pourrait être la clé de son salut.









































