Le Journal du Real
·1 Januari 2026
2026 est-elle l’année du réveil pour Vinicius Jr ?

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·1 Januari 2026

Muet depuis le 4 octobre avec le Real Madrid et au cœur d’un feuilleton contractuel sans fin, Vinicius Jr aborde 2026 avec une double obligation : se retrouver et convaincre. À lui de dire si cette année sera un tournant ou une résolution de plus qui s’efface.
Il fut un temps, pas si lointain, où Vinicius Jr semblait déborder, porté par une énergie inépuisable. Le Bernabéu se levait à chacune de ses fantaisies sur son côté gauche et son football transmettait un mélange d’insolence et de joie. Aujourd’hui, le contraste est saisissant. Depuis près d’un an, il n’est plus. Ce n’est pas seulement une question de buts, même si son dernier but avec le Real Madrid remonte désormais au 4 octobre, il y a 3 mois. Mais c’est une question de présence et d’attitude. Là où il donnait corps et âme à chaque duel, on le sent parfois en retrait, moins connecté au chaos qu’il créait autrefois.
Tout semble avoir changé. Vinicius Jr ne passe plus son temps à discuter avec les arbitres comme auparavant ; non pas parce qu’il se serait apaisé, mais parce qu’il semble trop détaché pour y consacrer l’énergie qu’il y mettait jadis. Pour beaucoup, il agit comme un joueur moins concerné, comme si le problème était d’abord mental avant d’être statistique.
La situation s’est une nouvelle fois détériorée le 20 décembre, lors du dernier match face à Séville avant la trêve. Lui, le chouchou du Bernabeu, est sorti sous les sifflets. Son niveau de la saison 2023-2024, celui qui l’avait installé dans la conversation pour le Ballon d’Or, paraît soudain très loin. Il ne fait plus peur en un contre un comme avant, alors qu’il avait, il n’y a pas si longtemps, fait pleurer Yan Couto lors d’un duel face à Gérone tant il l’avait martyrisé. C’est cette distance là qui interroge : entre le joueur incandescent d’hier et celui d’aujourd’hui, quelque chose s’est cassé.
📊 Le Real Madrid est l’équipe de Liga qui a concédé le plus de tirs (793) toutes compétitions confondues en 2025. ✅ Dans le même temps, les Merengues sont aussi ceux qui ont gardé le plus de clean sheets (23) parmi les équipes de Liga, toutes compétitions confondues. 🤯
Il y a encore peu, la trajectoire de Vinicius Jr semblait écrite. Il était ce joueur que l’on sentait sur le point d’installer une domination durable, presque naturelle, sur le couloir gauche européen. Or, depuis plusieurs mois, la courbe s’est aplatie.
Ce qui frappe aujourd’hui n’est pas seulement la rareté de ses buts, mais la disparition progressive de cette impression de menace permanente. Le un-contre-un n’est plus un terrain à sens unique, les accélérations n’emportent plus tout sur leur passage et ses prises de balle déclenchent moins ce murmure d’anticipation dans le stade. Le Vinicius Jr de 2025 ressemble trop souvent à un joueur qui reproduit les mêmes gestes que son double d’autrefois, sans provoquer les mêmes dégâts.
Cette stagnation tient aussi au fait que le football l’a étudié. Les défenses le connaissent, ferment mieux son pied fort, l’obligent à jouer dos au jeu, le prennent systématiquement à deux. Mais tout ne peut pas se résumer à l’adaptation des autres. Il y a chez lui une forme de prévisibilité nouvelle. Là où il semblait pouvoir inventer des chemins à chaque prise de balle, on a désormais l’impression qu’il repasse toujours par les mêmes routes, désormais accidentées.
Le paradoxe fait mal. Au moment où il devrait transformer son talent en domination stable, Vinicius Jr semble coincé dans une impasse. D’où cette question qui traverse le club : s’agit-il d’un simple trou d’air ou bien quelque chose s’est-il déjà irrémédiablement cassé ?
Au Real Madrid, les dossiers sportifs et contractuels n’avancent jamais séparément. Dans le cas de Vinicius Jr, ils sont désormais liés au point de s’influencer mutuellement. Sa situation contractuelle est devenue un thème central. Sur la question de sa prolongation, de son salaire et de ses droits d’image, tout est sur la table et rien n’est complètement clarifié.
Pour la direction, la question n’est pas seulement de le conserver, mais de savoir à quel prix. Le Brésilien veut, lui, être reconnu comme l’une des figures centrales du projet, au même niveau que Mbappé. Et pendant que les négociations avancent par à-coups, le temps passe et le flou s’installe.
Ce flou nourrit un cercle vicieux. Les performances moins convaincantes compliquent le discours en interne. Comment justifier un contrat de superstar quand le rendement n’est plus celui d’un joueur censé plier les matches ?
À l’inverse, cette incertitude permanente semble aussi peser sur Vinicius Jr, comme si chaque rencontre devenait un argument supplémentaire pour valider ou réfuter sa place au club. À cela s’ajoute un élément extérieur, mais omniprésent depuis un an : l’intérêt de l’Arabie saoudite, prête à lui offrir le statut et le salaire que le Real hésite à lui garantir. La question finit donc par dépasser le terrain. 2026 doit être pour lui l’année de la clarification, celle où le club et lui-même doivent s’accorder pour savoir s’il est au centre du projet madrilène ou à la croisée des chemins.
Au moment où Kylian Mbappé a débarqué, beaucoup y ont vu une promesse d’abondance offensive. Sur le papier, l’association avec Vini avait tout d’un luxe indécent.
Dans la réalité, la relation n’a pas encore trouvé sa forme définitive. Par séquences, tout semble limpide. Appels croisés, dézonages intelligents, actions éclairs où l’on devine ce que pourrait devenir ce duo une fois huilé. Mais à d’autres moments, l’impression inverse domine. Ils se marchent dessus, cherchent les mêmes zones, se demandent tacitement qui doit être le centre de gravité de l’attaque. Et quand le numéro 7 doute déjà individuellement, ce flottement collectif se voit davantage.
Cette cohabitation en dira beaucoup sur l’année 2026. Vinicius Jr n’a pas eu à « accepter » quoi que ce soit : c’est déjà fait. Mbappé est au centre, prend les penalties, concentre l’attention, et le Brésilien s’est placé naturellement dans ce cadre. Le souci n’est pas la hiérarchie, mais la façon dont Vinicius retrouve son meilleur niveau à l’intérieur de ce cadre-là. La hiérarchie est claire, la cohabitation paisible. Ce qui manque, c’est autre chose : ce frisson-là, celui du Vinicius Jr qui faisait se lever un stade et des salons entiers sur un simple dribble.









































