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·11 Juni 2026
À la découverte de Ian Cathro, un "Alien" à la tête des Verts

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·11 Juni 2026

Ainsi, il a évolué du côté d'Al-Ittihad (Adjoint), Tottenham (Adjoint), Wolverhampton (Adjoint), Newcastle (Adjoint), Heart of Midlothian (Manager), Valence (Adjoint) ou bien encore Rio Ave (Adjoint). C’est surtout du côté d’Estoril entre 2024 et 2026 qu’il a fait ses gammes comme coach principal.
Pour évoquer l’Écossais, nous sommes partis à la rencontre de Loïs Guzukian, gérant du média Scottish_fr (TikTok et Instagram), spécialisé dans le suivi de la Scottish Premier League. Grand fan des Hearts, il a découvert ce jeune entraineur dans sa première expérience de numéro un en 2016 et revient avec nous sur ses grands débuts : "Des souvenirs qu’il a laissé en Écosse, c’est quelqu’un qui analyse beaucoup les choses, il est très cérébral dans sa méthodologie. Il a beaucoup appris, c’est un étudiant du football, notamment après son éviction de Heart of Midlothian Football Club (Hearts), il a pris du temps, il a écrit un bouquin sur le jeu. Il réfléchit beaucoup sa discipline. Au début de sa carrière, il était peut-être davantage dans l’émotion, il est devenu plus mature après ses expériences d’adjoint sous la houlette de Nuno Espírito Santo. Pour exemple, quand Cathro a quitté Valence, Nuno Espírito Santo a eu du mal, laissant penser aux observateurs que l’Écossais était un peu la tête pensante du duo avec un fort côté tactique.
Chez les Hearts, il y a eu beaucoup de critiques contre lui, mais déjà avant même son arrivée. L’Écosse est un pays parfois un peu fermé au niveau du football et à l’époque pas du tout dans une logique de travail dans le détail, de travail via de la data. Quand il débarque en cours de saison en décembre 2016, il a clairement déjà une étiquette de collée, sans même avoir dirigé le moindre match. C’était un vrai pari de le signer, il arrive dans un effectif un peu "old school", l’adaptation a été difficile. Il a reconnu qu’il avait mal géré ses émotions et la mise en place de ses idées à son arrivée et puis il a été rapidement pris pour cible car ça n’a jamais marché, les résultats n’étaient pas bons.
Il était, avec du recul, peut-être trop en avance sur ce que voulait faire Hearts. S’il arrivait aujourd’hui, la donne serait totalement différente. En 2016, il était vu comme un alien, il avait 30 ans, adepte de la data, à cette époque, surtout en Écosse, c’était inédit. Du coup, rien ne lui a été pardonné, il n’a jamais eu la mansuétude que peuvent avoir d’autres entraineurs plus traditionnels lorsqu’ils arrivent. Cette première expérience a été compliquée pour lui. J’ai trouvé son rebond très intelligent, de repartir sur un rôle d’adjoint en Angleterre, d’apprendre et de s’améliorer."
Il ne faut pas non plus se mentir, les résultats n’étaient pas bons avec Hearts, le club termine à la cinquième place sur la saison où il arrive, sur le papier, c’était le troisième club dans la hiérarchie en Écosse. Même si l’idée était intéressante, il était un peu trop vert pour ce niveau. Changer d’air était une chose intéressante, Hearts est une équipe de haut-niveau dans son championnat mais quand tu évolues comme adjoint à Newcastle, à Tottenham, à Wolverhampton, l’expérience emmagasinée est tout autre, c’est un football totalement différent. Il tire forcément les enseignements de son passage à Hearts, mais il a surtout beaucoup appris ailleurs et notamment chez les Wolves.
Je pense sincèrement que c’est quelqu'un de brillant en tant que coach, il a de vraies bonnes idées, simplement pour son passage en Écosse, en l’occurrence, le timing n’était pas le bon. Il est davantage aguerri et serein qu’il ne l’était, il y a dix ans. Avec son style de jeu basé sur l’offensive, le contre-pressing, l’intensité et la volonté d’avoir une équipe active... la Scottish Premier League en 2016, ce n’était pas vraiment le style dominant, ce qui a totalement changé aujourd’hui grâce à des coachs comme le Danois, Jens Berthel Askou (ndlr, nouveau coach de Toulouse passé par Motherwell). Pour résumer, la venue de Cartho à Hearts, c’est vraiment la super idée dans le pire timing possible. Un peu à l’image du passage de Wilfried Nancy récemment au Celtic. Lui aussi, il arrive en décembre, personne n’a compris pourquoi ils avaient fait cela, il est resté 33 jours, un record, mais ce n’est pas parce que Wilfried Nancy est un mauvais coach, c’est juste que tu envoies un entraineur au feu. Avec Cathro, c’était un peu pareil. Oui, il a sa part de responsabilité dans les résultats de l’équipe, mais il y avait vraiment un contexte autour de son arrivée.
Depuis l’Écosse, son passage à Estoril a changé un peu l’idée que tout le monde avait de lui. Le fait qu’il s’affirme comme un coach principal a modifié la perception des gens. De produire du jeu avec Estoril, d’être méticuleux dans sa façon de procéder et de faire d’Estoril une équipe solide dans le jeu, a compté. Dans une interview, il a dit qu’il se sentait plus portugais qu’écossais. Dans sa façon de voir le jeu, c’est certain. Il a trouvé au Portugal, une façon de développer son amour du football offensif. Il a été l’adjoint de Nuno Espírito Santo, il a évolué au milieu de toute la clique des portugais à Wolverhampton, donc forcément, il a une attache avec ce pays, encore une fois, c’était très intelligent de prendre une équipe comme numéro un, dans un contexte qu’il pouvait maitriser : le Portugal.
Maintenant qu’il est réhabilité en quelque sorte, il va être attendu. L'AS Saint-Étienne, en Écosse, est considérée par la presse nationale comme un géant endormi. S’il arrive à faire remonter Sainté, sa cote va encore énormément grimper, en plus, il sera suivi chez lui, puisque le championnat français est davantage couvert que le championnat portugais. Il va être scruté et j’espère que les dirigeants suivront ses idées en lui permettant d’avoir un effectif qui correspond à son animation (ndlr, 4-3-3 ou 4-2-3-1). Sa signature fait réagir en Écosse en tout cas, il y a beaucoup de curiosité. J’ai une théorie personnelle (sourire), elle n’engage que moi, mais je suis persuadé que s’il s’impose à Saint-Étienne, il deviendra dans quelques années, un successeur naturel à Steve Clarke à la tête de la sélection écossaise (ndlr, sous contrat jusqu’en 2030). Un jeune entraineur avec des idées modernes pour faire passer un step à l’Écosse, ça ne me surprendrait qu’à moitié.
J’ai vraiment envie de le voir réussir avec Saint-Étienne, voir un écossais s’exporter, c’est toujours une fierté, je vais le suivre avec beaucoup d’intérêt. En plus, le voir évoluer dans un club historique, qui a un objectif concret de montée, et, dans un environnement où les supporters on une grande importance, c’est intéressant. Je pense qu’il a bien compris qu’en débarquant à l’ASSE, il va rapidement falloir qu’il se mette les supporters dans la poche. Si Saint-Étienne remonte en Ligue 1, ça voudra dire qu’il a réussi à faire quelque chose de son équipe. Je ne suis pas supporter, de mon point de vue, c’est une très bonne chose de la part des dirigeants stéphanois de l’avoir recruté, mais, j’ai toujours l’interrogation de savoir s’il va réussir à mettre ses idées en place, si les joueurs vont le suivre, qui plus est dans un championnat de Ligue 2, assez spécifique et très dur."







































