Le 11 Amiénois
·27 Juli 2026
Amiens SC : « Jouer la première partie de tableau » – Mercato, préparation, objectifs… L’entretien vérité de Lucas Clément

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·27 Juli 2026

Quelques heures après l’officialisation du recrutement de Dan Sinaté, le directeur sportif de l’Amiens SC, Lucas Clément, a accepté de faire un point complet sur le mercato du club picard, à l’occasion d’un entretien exclusif accordé au 11 Amiénois.
Vous aviez évoqué la fin du mercato avec l’arrivée de Lucas Llort, mais vous avez finalement recruté Dan Sinaté au poste de piston gauche. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?
C’est le déroulement de la préparation qui nous a amenés à revoir nos plans. Durant les matchs amicaux, le coach a réaxé Lucas Llort en tant que défenseur central gauche dans une défense à trois. Ses prestations à ce poste nous ont convaincus qu’il nous apportait énormément de choses que nous cherchions. Il sera d’ailleurs en concurrence directe avec Enzo Couto sur ce poste-là. En procédant ainsi, nous étions un peu courts dans le couloir gauche, où nous n’avions que Nolan Hérissé.
On a essayé Thomas Cordier, mais qui est plus un joueur de possession. Avec le scout Alexis Buzin, nous avons donc cherché un profil percutant, rapide capable de prendre le couloir et avec des qualités différentes de ce que nous avions déjà. Parce qu’on cherche à avoir des joueurs qui ont des qualités complémentaires et pas similaires. Nous avons trouvé un accord avec Laurent Boissier, le directeur sportif d’Angers, pour un prêt de Dan Sinaté.
Quel est le profil de Dan Sinaté et que va-t-il apporter à l’équipe ?
C’est un garçon qui va très vite, doté de grosses qualités de percussion et de contre-attaque. Nous n’avions que Lassina (Diakité) dans ce registre de vitesse, mais Dan est gaucher. Il a une bonne qualité de centre aussi, est formé à Monaco, a fait toutes les équipes de jeunes. C’est un international U23 avec le Mali, il a d’ailleurs disputé le tournoi de Toulon. Il possède une capacité de projection et d’accélération vraiment intéressante pour la Ligue 3. Son arrivée correspond parfaitement au profil recherché.
La blessure d’Enzo Couto, qui vient tout juste de démarrer sa préparation, a également pesé dans la balance ?
C’est exactement ça. Si Enzo n’avait pas été préservé au début, nous n’aurions peut-être jamais essayé Lucas dans l’axe. Lucas prend beaucoup de plaisir à jouer à ce poste et s’y montre très performant. Notre association axiale avec Keny (Mbala), Thomas (Monconduit), Adrien (Julloux) et Lucas (Llort) donne des garanties. Le coach étant parti pour jouer à trois derrière, on préfère laisser Lucas axial gauche.
Mamadou Camara semblait un peu plus en retrait durant cette préparation. Quelle est la feuille de route pour lui ?
Mamadou découvre le monde senior, c’est sa première année à ce niveau. Notre volonté est de s’inscrire dans la durée avec lui en lui proposant un contrat de trois ans. C’est une année de développement et d’apprentissage. Il a du potentiel, mais physiquement il est revenu avec un peu de retard et son adaptation demande un peu plus de temps. En Ligue 3, il faut performer immédiatement et nous préférions assurer le coup avec un joueur supplémentaire, tout en lui laissant le temps de progresser pour venir bousculer la hiérarchie dans les prochains mois. Il a toutes les qualités pour.
Doit-on s’attendre à d’autres mouvements dans le sens des arrivées d’ici la fin du mois d’août ?
Non, le recrutement est désormais fini. Sauf énorme pépin physique lors de la préparation ou expulsion de très longue durée, car les sanctions FFF en Ligue 3 peuvent être lourdes, l’effectif n’évoluera plus dans le sens des arrivées. Je ne pense pas non plus qu’il y aura de départs surprises, à part ceux qui veulent partir. On ne bougera plus.
Concernant les départs, où en sont les dossiers des joueurs écartés ?
Nous sommes tombés d’accord avec Furiani pour le prêt de Peterson Paul pour cette saison. L’objectif est qu’il enchaîne du temps de jeu en National 1 pour valider le palier senior. C’est une étape nécessaire. Pour les autres dossiers en instance (Amine Chabane, Yanis Rafii, Nordine Kordil, Rayan Lutin), des discussions sont en cours avec plusieurs clubs, en France et à l’étranger. On discute avec les agents. Nous attendons des propositions qui satisferont toutes les parties. Cela prend parfois un peu plus de temps, mais les choses peuvent aussi se décanter très vite, en une journée ou en deux heures. Les clubs étaient aussi un peu au ralenti avec la Coupe du monde. On est en cours de négociations.
Quel bilan tirez-vous du mercato et de la préparation estivale ?
Je suis satisfait du travail. Le but était d’avoir tout le monde à la reprise pour créer une cohésion. Avec la préparation que je vois à l’heure actuelle, cela se passe bien. On a réussi à créer un bon groupe. Sur les derniers matchs amicaux, je suis satisfait de ce que j’ai vu. Quand je vois le match à Courtrai, on mérite de gagner. On a dominé de la tête et des épaules. On prend un but sur la première action. Contre Boulogne, on a tenu tête avec les plus jeunes, face à un adversaire qui avait 5-6 titulaires dans l’équipe.
Tous les garçons sont impliqués et concernés, c’est le plus important. Ils progressent tous à leur rythme. Ce sont des joueurs que personne ne connaissait, ils n’ont pas la pression d’être attendus. Ils ont tout à gagner, défoncez-vous et ça ira. On le voit avec Alvin (Doucet) qui a mis quatre buts en préparation. Pour l’instant, en toute humilité, je suis plutôt confiant. Maintenant, le championnat va parler. On verra le 7 août. On peut faire de beaux matchs amicaux, mais ce qui importe est le championnat.
Vous avez évoqué Alvin Doucet. Si vous l’avez recruté, c’est que vous croyez en lui. Cependant, êtes-vous surpris par son adaptation si rapide ?
Pour moi, c’est encore une anomalie qu’Alvin ait joué en National 2 la saison dernière. C’est un joueur que je suivais déjà lorsqu’il était à Istres puis à Andrézieux. J’étais déjà en hésitation pour le faire venir à Boulogne, que ce soit en National ou en Ligue 2. C’était l’un de mes choix prioritaires avec Marvin (Adelaide), et le coach m’a tout de suite suivi après avoir visionné les images. Ce qu’il réalise n’est pas une surprise pour nous. C’est un bosseur acharné : il est présent tous les matins à la salle, même lorsqu’il n’y a pas d’entraînement collectif. Il a déjà inscrit 4 buts, il emmagasine de la confiance et c’est exactement l’état d’esprit que nous recherchions.
Peut-on dire qu’il symbolise le groupe que vous avez voulu mettre en place ?
Lors des entretiens individuels pendant le recrutement, nous avons cherché des profils sportifs complémentaires mais aussi dotés de qualités humaines. Dans le vestiaire, la mayonnaise a pris immédiatement, en deux jours à peine. On a été surpris que ça prenne aussi vite. Le staff a aussi fait plein d’actions de cohésion, ce qui aide aussi. On leur a dit qu’on voulait, désolé du terme, des chiens. Je suis vraiment content de voir ce que je vois, que ça prenne aussi vite.
Le coach m’a fait rigoler en me disant qu’il n’avait jamais vu tous les joueurs en salle le matin la saison dernière, une heure avant la séance. C’est ce qui fait la différence dans le football de haut niveau. On a pris des joueurs en phase ascendante et j’espère qu’on ne sera qu’une étape dans leur carrière, tout en leur demandant d’amener Amiens le plus haut possible. Maintenant, si j’en envoie un en Ligue 1 la saison prochaine, je serais le plus content possible.
D’un point de vue personnel, comment se déroule ton intégration au sein du club ?
Tout se passe très bien. J’ai été super bien accueilli à mon arrivée. Être présent tous les jours aide beaucoup, cela remet un peu de bonne humeur et d’énergie au club, je pense qu’il en manquait un peu. J’ai une très bonne relation avec le staff, les présidents et le centre de formation. J’ai trouvé ma place. Pour l’instant, tout va bien, mais le championnat n’a pas encore commencé. C’est facile.
Au-delà du mercato, quel est votre rôle au quotidien ?
Au quotidien, j’épaule beaucoup le staff sur les aspects logistiques, les terrains, l’organisation, les matchs amicaux. Je suis aussi là pour échanger avec le coach sur les choix sportifs et définir la politique globale du club avec les présidents, définir les objectifs, les primes, les ventes et les arrivées. Je m’occupe principalement de l’équipe professionnelle. Tout ce qui est centre de formation, je laisse faire Patrice Deschamps qui s’en occupe très bien. Il le connaît aussi mieux que moi. On a défini tout ça en pré-saison pour que ça roule tout seul pendant la saison.
Vous avez évoqué les objectifs pour la saison. Quels sont-ils ?
Sans langue de bois, comme je le disais à Boulogne, le premier objectif est de se maintenir le plus rapidement possible. Ensuite, on pourra voir ce qui est faisable. La Ligue 3 est un championnat exigeant, très athlétique, et nous serons attendus partout parce que nous sommes Amiens, qu’on descend de Ligue 2. Il y a aussi des clubs ambitieux, avec un gros pouvoir financier, qui veulent monter directement. Nous ferons des bilans tous les six matchs avec le staff pour évaluer le nombre de points pris. Une fois le maintien garanti, nous verrons ce qu’on peut jouer. Ce qui est une évidence, c’est qu’on veut jouer la première partie de tableau.
Tous propos recueillis par Romain PECHON







































