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·21 April 2026

ASSE : « Larry Tanenbaum est un super mec. C'est un peu comme mon Papy »

Gambar artikel:ASSE : « Larry Tanenbaum est un super mec. C'est un peu comme mon Papy »

 Il a porté le maillot vert entre 2005 et 2007. Il commente aujourd'hui la Ligue 2 sur beIN Sports. Damien Perquis, formé à Troyes, ancien défenseur de l'ASSE, s'est confié longuement dans le podcast Dessous de Verts. Sur son passage à Saint-Étienne, ses regrets, ses souvenirs et sa vision de l'ASSE d'aujourd'hui. Un témoignage rare, cash et touchant. A noter son avis sur Larry Tanenbaum qu'il connait particulièrement bien.

Il y a des joueurs qui passent par un club et qui marquent les esprits sans forcément avoir eu une carrière éclatante sous les couleurs. Damien Perquis est de ceux-là. Défenseur central, formé à Troyes, arrivé à Saint-Étienne en 2005 à 21 ans, il a vécu deux saisons dans le Forez avant de rebondir à Sochaux, puis en Espagne, au Canada et en Angleterre. Aujourd'hui consultant et commentateur pour beIN Sports, il suit de près la Ligue 2 et l'ASSE avec une affection particulière. Dans le podcast Dessous de Verts, il s'est livré comme rarement.


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Une passion pour les Verts née dans l'enfance

Avant même de porter le maillot vert, Damien Perquis avait un lien avec l'ASSE. Un lien d'enfance, forgé à coups de stages au cœur du Forez. « Je faisais les stages Jean-Michel Larquet à Saint-Étienne. Mes parents me laissaient là pendant une semaine, dix jours, parfois deux semaines. J'aimais trop le foot. Et souvent, on avait l'opportunité de voir les joueurs à l'entraînement. C'est là que ma passion pour les Verts est vraiment née. »

Ces mots résonnent différemment quand on connaît la suite. Ce petit garçon qui regardait les joueurs professionnels s'entraîner à l'Étrat allait, quelques années plus tard, fouler lui-même la pelouse de Geoffroy-Guichard. Un rêve qui s'est concrétisé en 2005, quand Saint-Étienne est venu le chercher à Troyes, son club formateur, pour lui offrir le grand saut en Ligue 1.

L'accueil d'Élie Baup est immédiat et sans détour. « Elie m'a vite fait comprendre que ce n'était plus du football entre copains. C'était un boulot. Il fallait bosser. » Une phrase qui résume le choc culturel vécu par un jeune défenseur encore ancré dans ses habitudes de joueur de Ligue 2.

La leçon d'Élie Baup et le dur apprentissage

L'anecdote qui revient le plus souvent dans la bouche de Perquis quand il parle de son passage à l'ASSE, c'est celle d'Élie Baup et de sa phrase devenue célèbre dans les couloirs de l'Étrat. « Un jour, Elie m'a dit : arrête de me faire du Laurent Blanc, moi je veux du Stam. Ça a été sa phrase. Je n'avais pas compris tout de suite. Mais il m'a fait connaître une autre facette de moi. Il m'a appris à être plus méchant, plus vicieux dans les duels. J'ai énormément appris avec lui. »

Cette injonction simple — moins de classe latente, plus d'intensité — a bouleversé la façon de jouer de Perquis. Il est arrivé à Saint-Étienne avec un profil de joueur technique, à l'aise sur le ballon, qui aimait s'amuser. Baup lui a appris que le haut niveau demandait autre chose. Plus de rigueur, plus de bataille, plus de lucidité dans les choix.

Mais hors du terrain, la formation n'a pas suivi. Et Perquis ne le cache pas.

Un passage demi-teinte, des regrets assumés

C'est la partie la plus touchante de cette interview. Damien Perquis ne se cache pas derrière des excuses. Il assume ses erreurs avec une franchise désarmante. « Mon passage est demi-teinte. Je n'ai pas montré ce que j'étais capable de faire. Et en dehors du foot, je n'ai pas été sérieux. J'ai fait beaucoup de bêtises. J'avais un pote qui vivait chez moi. Le mercredi, je savais que je n'allais pas jouer. Alors je sortais. J'allais à Lyon. Ce n'était pas du tout ce qu'il fallait. »

La sortie régulière, les nuits à Lyon, le manque de rigueur dans l'hygiène de vie. Perquis décrit sans filtre la réalité d'un jeune joueur qui n'a pas su saisir sa chance au bon moment. Et il en tire une leçon qu'il a ensuite transmise aux plus jeunes tout au long de sa carrière.

Le pire moment de son passage ? La Coupe de France contre Lille. « Le plus difficile, c'est la Coupe de France contre Lille. Dans les arrêts de jeu de la prolongation, je vais dégager et je me fais contrer. Le ballon arrive au but. On est éliminés. J'ai pris ça dans la presse. À juste titre, parce que c'était une erreur. Et il y avait aussi mon hygiène de vie qui entourait le tout. » Une douleur encore vive, portée par le poids d'une double culpabilité — sportive et personnelle.

Mais Saint-Étienne, c'est aussi des beaux souvenirs. Et le plus beau, il l'a gravé dans sa mémoire comme un poster. « Mon but à Paris, c'est mon poster. Je le regarde encore parfois. Je montre la vidéo à mon beau-fils, qui est fan du PSG. Je lui dis que j'ai mis le filet au Parc. Ce match-là a marqué mon passage à Saint-Étienne. Je me suis senti exister, reconnu. Et en plus, il y a eu la bicyclette de Dylan. Ça rajoutait de la magie. » Le déplacement au Parc des Princes, le but, la victoire historique — première de l'ASSE au Parc. Un moment suspendu dans le temps.

Un départ brutal, une vie qui continue

L'été 2007, Damien Perquis apprend son départ à Sochaux dans des conditions pour le moins surprenantes. « Roland Romezy arrive sur le terrain pendant l'entraînement et crie mon nom depuis l'autre côté. Il me dit : tu pars à Sochaux, t'es prêté. Comme ça. Ma fille venait de naître cinq jours avant. Et le soir même, mon agent arrive, on fait la route de nuit pour Sochaux. J'étais sur le terrain deux jours après contre Lyon. »

Une brutalité qui choque encore. Pas d'au revoir, pas de temps pour digérer. Un transfert annoncé sur le terrain, une nuit de route, et un premier match deux jours plus tard. C'est la vie du footballeur professionnel dans ce qu'elle a de plus cruel.

Mais c'est à Sochaux que Perquis trouve la stabilité. Francis Gillot lui donne sa chance et lui remet les idées en place. La naissance de sa fille achève la transformation. Il devient sérieux, régulier, professionnel. Et il ne quittera plus jamais le droit chemin.

Toronto, Larry Tanenbaum et une signature inattendue

La carrière de Perquis l'a emmené loin. Trois ans au Bétis Séville, puis un an à Toronto en MLS. Et c'est là qu'il croise pour la première fois Larry Tanenbaum, l'actionnaire principal du Toronto FC — et futur co-propriétaire de l'ASSE via Kilmer Sports. « On se retrouve côte à côte au match des Raptors. Super gentil, il se présente. À la fin, il me rattrape et me dit : tu viens avec moi. On visite le complexe, on se retrouve dans le vestiaire des Raptors. Il me présente en disant : voilà un futur Européen qui signe chez nous au foot. Moi je n'avais pas encore signé. Je sors de là, j'appelle l'agent et je dis : c'est bon, je signe. »

Un homme charismatique, humain, généreux. Perquis en garde un souvenir ému. Et quand on lui parle de l'arrivée de Kilmer Sports à Saint-Étienne, son analyse est nuancée mais claire.

Sa lecture de Kilmer et Tanenbaum

Sur le projet canadien à l'ASSE, Perquis défend d'abord les fondamentaux. « Larry Tanenbaum c'est un super mec. Je le considère un peu comme mon Papy. Après un match, il vient me voir pour régler un problème avec une maison que je voulais. Il a réglé le truc en 5 minutes. Sur le côté humain c'est le top du top. Je suis en étroite relation avec son bras droit. On parle très souvent. J'ai de bonnes relations avec lui. J'ai de très bons rapports avec lui [...]

Larry Tanenbaum, sur l'aspect sportif, tu ne peux pas le mettre en doute. Il a ramené le titre NBA aux Raptors, le titre MLS à Toronto. Cette envie de réussir dans le sport, elle est réelle. Là-dessus, c'est impossible d'en douter. Par contre, ils avaient fait des erreurs sur la Ligue 2. Ce championnat, il est trop complexe pour se baser uniquement sur des datas. Ce n'est pas une science exacte à ce niveau-là. »

Horneland, un coup raté ?

Sur Horneland et l'échec du projet de jeu, Perquis est particulièrement lucide. « Il n'a pas eu cette faculté de se remettre en question. Son projet de jeu restait le même quoi qu'il arrive. À la 60e minute, il n'y avait plus personne. Pour peu que tu passes deux ou trois pressings, tu prenais trois buts. Et les joueurs en avaient marre. Il a perdu son vestiaire. » Un diagnostic chirurgical, celui d'un consultant qui a l'habitude de décortiquer les équipes de Ligue 2 semaine après semaine.

Et sur le choix de Philippe Montanier ? « Aller chercher Philippe, pour moi, c'était la meilleure idée. Tu ne pouvais pas trouver meilleur choix pour ce poste-là. Il a une analyse de vestiaire très très bonne. Il fait un diagnostic rapide, il identifie les conflits, il sait quels sont les atouts de son équipe. Et il arrive à en tirer le meilleur. Il est arrivé et il a gagné. » Un éloge appuyé, d'autant plus fort qu'il vient d'un homme qui a côtoyé Montanier à Nottingham Forest.

Le choc Troyes-ASSE, son cœur balance

Ce qui rend l'interview de Perquis particulièrement savoureuse, c'est la position dans laquelle il se trouve. Formé à Troyes, supporter des Verts dans l'âme, commentateur de la Ligue 2, ami de Larry Tanenbaum. Il est à la croisée de tous les chemins dans cette course au titre.

Et le choc à venir entre les deux clubs lui rappelle quelque chose de précis. « Ça me rappelle un Troyes-Sedan en Ligue 2 pour monter en Ligue 1. On avait 4 points d'avance, il restait 2 journées, et on les recevait à domicile. Ce match-là peut être le match de la montée pour l'une ou l'autre. Mon cœur penchera toujours pour Troyes, parce que c'est ma ville. Mais voir les deux monter, les deux en Ligue 1, ce serait kiffant. »

Une phrase qui dit tout sur l'homme. Honnête, sincère, attachant. Damien Perquis n'a peut-être pas eu la carrière qu'il méritait à Saint-Étienne. Mais il aime les Verts. Et ça, ça ne s'invente pas.

Fiche joueur — Damien Perquis

Né le : 10 avril 1984 à Troyes (Aube) Nationalités : France / Pologne Poste : Défenseur central Taille : 182 cm — Pied droit Sélections : 14 capes en équipe nationale

Avec l'ASSE (2005-2007) : 42 matchs joués (23 titularisations) — 2 171 minutes — 1 but — 6 cartons jaunes

Carrière complète :

Aujourd'hui : Consultant et commentateur Ligue 2 sur beIN Sports

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