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·12 Mei 2026

Ce que cache la crise actuelle du Real Madrid

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Le vrai problème du Real Madrid, aujourd’hui, est peut-être là : la crise ne se lit plus seulement dans les résultats, mais dans la manière dont tout semble se dérégler en même temps. Le Barça a officiellement scellé le titre en battant les Merengues lors du Clasico, ce qui a confirmé une deuxième saison de suite sans trophée majeur pour le club madrilène.

En temps normal, une telle séquence suffit déjà à déclencher une crise. Mais cette fois, elle agit aussi comme un révélateur, parce qu’elle met à nu des failles qui semblaient jusque-là masquées par le prestige du club et par l’autorité historique de Florentino Pérez.


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ESPN décrit un club gagné par les tensions à plusieurs étages, au point d’évoquer des problèmes à la fois dans le vestiaire et dans les bureaux. L’image est forte, mais elle colle à ce que renvoie le Real Madrid depuis plusieurs semaines : une équipe nerveuse, un banc fragilisé, des choix discutés en interne, et, surtout, une impression de chaîne de commandement moins claire qu’avant. La question qui remonte n’est donc pas seulement “qu’est-ce qui n’a pas marché ?”, mais plutôt “qui tient encore vraiment la ligne ?”

Ce climat s’est encore durci avec les conflits apparus au grand jour entre joueurs. En effet, la semaine dernière, une altercation entre Federico Valverde et Aurélien Tchouaméni a conduit à l’ouverture de mesures disciplinaires, après un nouvel épisode de tension dans un groupe déjà sous pression. Ce type de scène n’arrive jamais par hasard dans un club de ce prestige. Elle dit quelque chose d’un vestiaire usé, d’une frustration accumulée, et d’un cadre interne qui n’absorbe plus les coups aussi bien.

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Mbappé, symbole d’un projet discuté

Dans ce contexte, le cas Kylian Mbappé dépasse la seule question du terrain. ESPN explique qu’une partie du club s’interroge désormais sur la pertinence initiale de son recrutement, alors que Vinicius était déjà installé comme la grande star du projet et comme un candidat crédible au Ballon d’Or. La critique est lourde, parce qu’elle touche au cœur de la méthode madrilène : certains voient dans l’arrivée de Mbappé moins une nécessité sportive qu’un projet personnel de Florentino Pérez.

Ce débat ne vise pas à nier le niveau du Français. Il met plutôt en cause la logique de construction de l’effectif. La Maison Blanche a ajouté une superstar à une équipe qui manquait déjà d’équilibre, sans résoudre complètement la question de la complémentarité et du partage des responsabilités offensives. Tant que les titres semblaient accessibles, ce pari pouvait encore être défendu comme une ambition naturelle. Mais quand la saison se termine sans grand trophée, chaque choix retrouve brutalement sa part de risque.

Au fond, Mbappé devient ici le symbole d’une interrogation plus vaste sur la manière dont le Real Madrid se pense encore. Pendant longtemps, Florentino Pérez a gagné ses grands paris parce que la puissance du casting finissait par se transformer en domination sportive. Aujourd’hui, l’empilement des talents ne suffit plus à calmer les critiques. Ce n’est pas tant Mbappé qui est attaqué que ce qu’il représente : une décision spectaculaire, prestigieuse, mais qui a pu accentuer un déséquilibre déjà existant au lieu de le corriger.

Le banc et le vestiaire, fragilisés

Le dossier du banc raconte la même crise, sous un autre angle. D’après ESPN, José Ángel Sánchez était le principal soutien de Xabi Alonso, mais plusieurs voix en interne doutaient de sa capacité à incarner pleinement le poste. Une formule résume bien cette défiance : certains le trouvaient “trop entraîneur”, autrement dit trop absorbé par le football et pas assez par la gestion politique, humaine et symbolique d’un vestiaire comme celui du Real Madrid.

C’est une critique très révélatrice de la culture du club. Au Real Madrid, il ne suffit jamais d’avoir de bonnes idées. Il faut aussi savoir imposer une présence, tenir les équilibres, et survivre à la pression des cadres. Dans le récit qui remonte autour de la fin du mandat d’Alonso, le problème n’était donc pas seulement tactique : il touchait aussi à son emprise réelle sur le groupe.

Si plusieurs figures importantes du vestiaire ne se reconnaissaient pas totalement en lui, alors son autorité était fragilisée dès le départ. Et dans un club où tout va vite, ce type de faiblesse se paie immédiatement.

Ces derniers temps, une partie importante du travail à Valdebebas a consisté à tenter de préserver une ambiance acceptable. Rien que cette idée est lourde de sens. Quand un club comme le Real Madrid en arrive à concentrer son énergie sur le fait de maintenir un climat respirable, c’est qu’il n’est déjà plus dans un fonctionnement normal. La priorité n’est plus seulement de progresser ou de corriger le jeu, mais d’empêcher l’environnement interne de se dégrader davantage.

Une présidence sans pouvoir et absente

Aujourd'hui, au Real Madrid, il y a un “vide de pouvoir”. L’ère Florentino Pérez a toujours été marquée par une présidence très verticale, presque omniprésente. Mais ESPN souligne qu’en interne, certains décrivent aujourd’hui une situation plus floue, avec plusieurs personnes qui cherchent à gagner du poids dans la perspective des grandes décisions à venir. Dit autrement, le président reste la figure centrale, mais son autorité ne semble plus produire le même effet d’alignement automatique qu’autrefois.

Et c’est peut-être cela qui rend l’été à venir si dangereux pour le Real Madrid. Le club va devoir choisir un entraîneur, arbitrer plusieurs dossiers de vestiaire, corriger un effectif mal équilibré et redonner une direction claire à son projet sportif. Une crise de résultats, la Casa Blanca peut l’encaisser. Une crise d’autorité, c’est beaucoup plus délicat. Parce qu’à partir du moment où le doute s’installe sur les choix, sur les hommes et sur la source même du pouvoir, c’est toute la structure du prochain cycle qui vacille.

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