De la Bosnie à Pancho Abardonado jusqu’à l’objectif Ligue 3, itinéraire du bâtisseur Muamer Aljic (Thionville) | OneFootball

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·24 Maret 2026

De la Bosnie à Pancho Abardonado jusqu’à l’objectif Ligue 3, itinéraire du bâtisseur Muamer Aljic (Thionville)

Gambar artikel:De la Bosnie à Pancho Abardonado jusqu’à l’objectif Ligue 3, itinéraire du bâtisseur Muamer Aljic (Thionville)

Muamer Aljic trace sa route à sa manière. Avec calme, patience et détermination. Originaire de Tuzla en Bosnie-Herzégovine, le défenseur central de 25 ans a eu le temps de voir du paysage et d’apprendre depuis. Il y a tout eu d’abord son arrivée en France dans les premières années de sa vie, ses premiers pas de footballeur à l’Olympique Saint-Étienne, des essais à l’Olympique de Marseille et au RC Strasbourg, puis des expériences à l’AS Saint-Étienne, à Niort, à Clermont, à Épinal et bien d’autres. Jusqu’à celle qu’il traverse actuellement à l’US Thionville-Lusitanos, en National 2. Artisan de l’excellente saison d’un club mosellan bien parti pour rallier la future Ligue 3, Muamer Aljic confirme sa montée en puissance. Mais jusqu’où ira cette dernière ? En attendant de le savoir, portrait d’un footballeur bâtisseur et ambitieux.

Pas à pas, étape par étape. C’est ainsi que se construit la carrière de Muamer Aljic. Du haut de ses 25 ans, le défenseur central de l’US Thionville-Lusitanos (National 2) fait effectivement preuve de patience pour bâtir son histoire dans le monde concurrentiel du ballon rond. Monde vers lequel le natif de Tuzla, en Bosnie-Herzégovine, s’est très vite orienté durant son enfance. Mais ça, c’est après avoir dû trouver ses marques en France, à Saint-Étienne. Arrivé à ses 4 ans et demi en compagnie de ses parents, Muamer se souvient : « On était dans un hôtel, une seule chambre pour trois, le temps que mes parents aient les papiers. Il y avait plein de démarches à faire. Ce n’était pas facile, mais ça ne pouvait qu’être meilleur que la vie en Bosnie ».


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« Le coach n'a pas aimé… »

C’est seulement quelques années plus tard, à ses 10 ans, que le football entre définitivement dans la vie du garçon. Ce fils d’un ancien joueur ayant évolué « au niveau National 2 » en Allemagne suit alors les traces de son paternel : « Je pense qu'il voulait que je m'y mette aussi. Mon père me faisait tirer dans le ballon, mais c'est tout », sourit-il. C’est ainsi à l’Olympique Saint-Étienne que le footballeur en herbe effectue ses grands débuts en club. Il y passe trois années, avant d’être repéré par le géant voisin, l’AS Saint-Étienne, ainsi que le rival, l’Olympique Lyonnais. « Mais Lyon c'était trop loin de chez moi et mes parents ne voulaient pas que j'aille en centre de formation. Du coup, j'ai signé à Saint-Étienne. J'ai fait toute ma formation là-bas jusqu'en U17 première année, puis ils ne m'ont pas conservé », souffle Muamer Aljic, qui fait pourtant ses preuves chez les Verts.

« J'étais tout le temps surclassé, j'étais même capitaine à un moment donné », se souvient-il. Mais une bascule intervient lorsque, joueur U15 surclassé en U17, le jeune défenseur reste sur le banc : « Mon père ne comprenait pas : si tu es surclassé et que tu ne joues pas, ça ne sert à rien. Après le match, il est allé voir l'entraîneur pour avoir des explications. Le coach l'a super mal pris et ils m'ont remis avec ma catégorie et je n'ai même pas joué. Je pense qu'ils ne m'ont pas conservé à cause de ça », estime le Stéphanois, qui n’en tient pas rigueur à son père. « Mais le coach n'a pas aimé que les parents s'en mêlent… », glisse-t-il.

Pancho Abardonado sous le charme

Pour se relancer, le gamin de Tuzla passe par le FC Lyon en U17 National, puis tente sa chance à travers des essais avec l’Olympique de Marseille et le RC Strasbourg. Dans la Cité phocéenne, le défenseur tape dans l’œil d’un certain Pancho Abardonado, alors coach des U17 marseillais. « Il m'avait kiffé de fou ! Il aimait bien mon profil et voulait que je signe. Tout le monde était d'accord sauf David Le Frapper qui avait la réserve à l'époque. Du coup, Marseille ça ne s’est pas fait. Après je suis allé à Strasbourg, ils me voulaient aussi, mais mon agent m'a conseillé Niort car j'aurais plus de facilité à monter avec le groupe pro qu’à Strasbourg », raconte-t-il. Chez les Chamois, il intègre dans un premier temps les U19 Nationaux, puis la réserve en National 3.

En deux saisons dans les Deux-Sèvres, il prend part à une quarantaine de matchs de championnat, s’entraîne régulièrement avec l’équipe fanion (Ligue 2) mais ne parvient pas à passer professionnel. Pour poursuivre sa progression, nouveau changement de cap avec un retour dans le Forez, à Andrézieux-Bouthéon plus précisément. Mais chez les Faucons, en National 2, son prêt tourne court. Car nous sommes en 2020 et l’épidémie de Covid-19 met fin à la saison plus tôt que prévu. Mais une dizaine de matchs sous le maillot andrézien-bouthéonnais suffisent pour attirer l’œil du Clermont Foot 63, pensionnaire de Ligue 2.

Promu en Ligue 1 avec Clermont

« J'avais 19 ou 20 ans et ils cherchaient un quatrième défenseur central qui s'entraîne avec les pros et joue en réserve. Ça m'a intéressé, car ça peut aller vite. Un ou deux blessés ou si l’équipe ne tourne pas bien, tu peux te retrouver à jouer quelques matchs. Mais rien n’a manqué cette saison-là, tout réussissait à l’équipe : Clermont tournait super bien, avec la meilleure défense, les quatre derrière ne bougeaient pas. À partir de là, tu ne peux pas faire grand-chose : tu es jeune, tu n’as rien fait, tu attends ton tour. C'était quand même une belle expérience, je ne regrette rien ! Tout le monde kiffait ! » Car s’il joue seulement quelques matchs en Coupe de France, Muamer Ajlic peut se targuer de faire partie du groupe clermontois promu pour la première fois de son histoire en Ligue 1. Le début de la grande aventure pour le jeune joueur ? Pas encore.

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Le club auvergnat est partant pour le conserver, mais pour son équipe réserve. « J’ai dit non », répond l’arrière central. Ce ne sera pas non plus au Gazélec Ajaccio, où il est censé s’engager. Car la DNCG punit le club corse, rétrogradé en N3. Finalement, l’ancien Niortais et Clermontois signe « au dernier moment » à Louhans-Cuiseaux au quatrième échelon. En Saône-et-Loire, son entraîneur de l’époque Frédéric Jay le présente auprès de Vosges-Matin comme un défenseur « dure sur l’homme, physiquement c’est un athlète costaud, mais il a aussi une bonne relance, un bon jeu de tête. Il est complet. » « Oui, c’est un peu ça », acquiesce le principal concerné qui, un an et demi après son arrivée, file à Épinal jouer les premiers rôles. Bien lui en a pris : dans la Cité de l’Image, Muamer Aljic s’impose aussitôt et participe à l’accession en National.

La Ligue 3 en attendant la Ligue 1

Et si le SAS ne fait qu’un aller-retour en troisième division, l’ex-Louhannais s’y sent comme un poisson dans l’eau : « On jouait beaucoup le maintien, mais d’un point de vue personnel, je me sentais à l’aise dans les duels et au-dessus physiquement des attaquants d’en face. Je n’étais pas mis en difficulté, je me sentais largement à ma place. » Mais c’est bien en National 2 que le club vosgien et son défenseur démarrent la saison 2024-2025. Sa dernière au stade de la Colombière, avant de grimper vers le nord de la Lorraine pour rallier Thionville. « Un club qui monte en puissance », à l’instar de sa nouvelle recrue, déjà courtisée un an plus tôt.

Noa Garnier / US Thionville Lusitanos

Aujourd’hui, le globe-trotter s’appuie sur son parcours pour en faire une force. Tel un bon bâtisseur : « Avoir fait beaucoup de clubs m'a permis de me forger et d'apprendre. » Titulaire inamovible dans l’arrière-garde thionvilloise, Muamer fait également partie des cadres du vestiaire : « On est plusieurs leaders qui tirent le groupe vers le haut. Je pense faire partie de ce cercle-là. Même si je n’ai que 25 ans, j'ai déjà vécu deux montées. Je sais ce qu’il faut « faire » pour en vivre une troisième. » L’USTL de Julien François est effectivement bien partie pour se hisser en Ligue 3 la saison prochaine. Avec toujours son pilier défensif dans l’effectif ? « Je ne me suis jamais caché, mon objectif final est de jouer au plus haut niveau possible. Si je peux monter avec Thionville, je le ferai avec plaisir. Et si je peux aller en Ligue 1 demain, j'y vais », affirme l’ambitieux. Et si ça doit se faire, ce sera, comme toujours avec ce dernier, étape par étape.

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