Arsenal French Club
·6 Juni 2026
D’Invincible à Inoubliable – Chapitre 3 : Wenger, the Last Dance (2013-2018)

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·6 Juni 2026

Le 15 mai 2004, Arsenal termine une saison entière sans perdre un seul match de Premier League. Vingt-deux ans plus tard, les supporters des Gunners auront connu des humiliations historiques, des années sans titre et plusieurs effondrements psychologiques avant de revoir leur club au sommet. Le tout résumé en 7 chapitres tous aussi enrichissants les uns par rapport aux autres.
Après le 1er chapitre consacré à la fin des Invincibles et le 2e chapitre qui voit le club finir tout le temps 4e du championnat, ce 3e chapitre décrit les dernières années d’Arsène Wenger qui commençait dans l’enthousiasme, mais qui se terminera dans la division.
Pendant longtemps, Arsenal a vécu dans une étrange contradiction. Le club était suffisamment fort pour rester parmi les meilleures équipes d’Angleterre, mais trop limité pour retrouver son trône. Entre 2013 et 2018, les Gunners ont offert certains de leurs plus beaux moments offensifs de l’ère moderne tout en donnant l’impression de tourner en rond.
L’arrivée de stars comme Mesut Özil et Alexis Sánchez redonne de l’espoir à un public frustré par près d’une décennie sans trophée majeur. Pourtant, derrière le spectacle, les mêmes faiblesses continuaient d’apparaître : manque de régularité, fragilité défensive et incapacité à saisir les grandes opportunités.

L’été 2013 symbolise un changement de cap. Après plusieurs années marquées par les départs de ses meilleurs joueurs, Arsenal frappe (enfin) un grand coup sur le marché des transferts. Mesut Özil arrive en provenance du Real Madrid et devient à l’époque le transfert le plus cher de l’histoire du club (50 millions d’euros). Cela fait suite à l’arrivée de Gareth Bale, alors star à Tottenham, club ennemi, qui coûte à la maison blanche plus de 100 millions d’euros. Quelques jours après son arrivée, le milieu allemand est titulaire contre Sunderland, et frappe déjà. Ce jour-là, 11 minutes seulement après le coup d’envoi (comme le numéro qu’il portait à l’époque), il délivre une passe décisive à Olivier Giroud.
Pour beaucoup, ce transfert est un signal fort : Arsenal veut à nouveau rivaliser avec les plus grands. La saison suivante, le club ajoute une autre pièce maîtresse avec l’arrivée d’Alexis Sánchez, recruté au FC Barcelone durant l’été 2014. Comme Özil, son arrivée est accueilli avec beaucoup d’enthousiasme qu’une longue standing ovation lui est accordée dès sa première apparition lors de l’Emirates Cup.
Le Chilien sort d’une coupe du monde 2014 bluffante et apporte tout ce qui manquait alors aux Gunners : intensité, agressivité, pressing et efficacité devant le but. Ensemble, Özil et Sánchez deviennent rapidement le visage du renouveau offensif d’Arsenal.
Avec ces arrivées, Arsenal a retrouvé son ADN. Le jeu est de nouveau rapide, technique et spectaculaire. Les séquences collectives deviennent une référence en Premier League avec des buts inoubliables voire même des performances individuelles exceptionnelles sur un match.
Parmi les buts, on peut citer notamment celui de Jack Wilshere contre Norwich et de Tomas Rosicky contre Sunderland lors de la saison 2013-2014. Parmi les performances, comment ne pas oublier celle d’Alexis Sanchez contre West Ham en 2016-2017 avec un triplé en à peine 20 minutes.
Mais la performance sur une saison qu’on retiendra est en 2015-2016 lorsque Mesut Özil réalise l’une des plus grandes campagnes de création de l’histoire du championnat avec 19 passes décisives. Il échoue à seulement une unité du record détenu par Thierry Henry et Kevin De Bruyne, dépassés ensuite par Bruno Fernandes en 2026.
De son côté, Alexis Sánchez inscrit régulièrement plus de 20 buts par saison toutes compétitions confondues. Le duo permet aux Gunners de retrouver une dimension européenne et de remporter plusieurs trophées nationaux.
En plus de cela, il y a le retour des trophées. Entre 2014 et 2017, Arsenal remporte trois FA Cups. Ces succès mettent fin à une disette qui dure depuis neuf ans et permettent à Wenger de répondre partiellement aux critiques. Mais la Premier League qui est le véritable objectif reste hors de portée, ainsi que la Ligue des Champions.
Chaque saison, Arsenal semble capable de rivaliser avec les meilleurs avant de s’effondrer durant l’hiver ou au printemps, mais les mêmes problèmes réapparaissent. Elles sont toujours les mêmes : blessures importantes, manque de profondeur d’effectif, erreurs défensives récurrentes et des résultats décevants contre des équipes supposées inférieures.
L’équipe est brillante par séquences mais jamais suffisamment complète pour tenir sur 38 journées en Premier League ou sur une compétition à élimination sur match aller-retour comme la Ligue des Champions.
Comme l’avait résumé Arsène Wenger :
« La constance est la qualité la plus difficile à atteindre dans le football moderne. »
Une phrase qui résume parfaitement cette période, et en particulier la saison 2015-2016 en Premier League.

La saison 2015-2016 doit être celle de la confirmation. Les Gunners viennent de gagner deux FA Cups de suite. Il ne manque plus qu’une Premier League ou une Ligue des Champions pour affirmer qu’Arsenal est de retour.
Cette saison-là, en Premier League, tous les favoris traditionnels connaissent des difficultés. Chelsea s’effondre après son titre et a du mal avec Maurizio Sarri. L’après Sir Alex Ferguson à Manchester United se passe mal. Les premières années de Pep Guardiola à Manchester City manquent de régularité et Liverpool est toujours en reconstruction.
Dans ce contexte inattendu, Arsenal apparaît comme le candidat naturel au titre. Les observateurs considèrent même les Gunners comme les grands favoris à partir du mois de janvier.
Jamie Carragher déclarait alors :
« Si Arsenal ne gagne pas cette saison, il sera difficile d’imaginer une meilleure opportunité. »
Pendant qu’Arsenal peine à trouver son rythme, Leicester City réalise l’impossible. Sous la direction de Claudio Ranieri, les Foxes enchaînent les performances exceptionnelles et prennent progressivement le contrôle du championnat. Arsenal dispose pourtant de plusieurs occasions pour reprendre la main.
Le 14 février 2016, la victoire spectaculaire 2-1 contre Leicester, grâce à un but de Danny Welbeck dans les dernières secondes, semble annoncer un tournant. Arsenal revient à 2 points des Foxees, et pense enfin avoir vécu ses démons.
Mais finalement, c’est tout l’inverse qui se produit. Là où Leicester se montre impitoyable sous l’impulsion d’un Jamie Vardy intenable et de joueurs devenus des stars après (Mahrez, Kanté, …), Arsenal laisse trop de points en route. Les Gunners concèdent notamment des points contre Sunderland, Crystal Palace, West Bromwich Albion ou encore Norwich. Cela va coûter extrêmement cher.
Finalement, les Gunners terminent la saison avec 71 points “seulement” avec seulement un point d’avance sur le rival Tottenham emmené par l’incroyable Harry Kane, 3e. Leicester en totalise 81. Pour beaucoup de supporters, cette saison représente le moment où l’espoir de revoir Wenger champion d’Angleterre s’est définitivement envolé. L’opportunité était unique. Elle ne reviendra jamais sous son ère.
La saison 2015-2016 reste probablement le plus grand regret de l’ère Wenger.

À partir de 2016, la relation entre Arsène Wenger et une partie des supporters d’Arsenal connaît une dégradation progressive. Pendant plus de deux décennies, l’entraîneur français avait bénéficié d’un soutien exceptionnel grâce aux succès obtenus et à la transformation du club. Cependant, les années passent et les frustrations s’accumulent.
Les éliminations répétées en Ligue des champions dès les 8èmes de finale deviennent un rendez-vous presque annuel, tandis que les ambitions de titre en Premier League s’estompent rapidement au fil des saisons. Pour une partie du public, Arsenal semble manquer d’ambition sportive face à des concurrents toujours plus puissants financièrement. Dans ce contexte, le mouvement #WengerOut gagne progressivement en visibilité.
Au fil des mois, l’Emirates Stadium devient le théâtre d’un débat qui dépasse largement le cadre sportif. Des banderoles réclamant le départ d’Arsène Wenger apparaissent dans les tribunes, tandis que d’autres supporters continuent de défendre celui qui a profondément marqué l’histoire du club.
Cette opposition révèle une fracture grandissante parmi les fans d’Arsenal. D’un côté, ceux qui considèrent Wenger comme une figure légendaire dont l’héritage mérite respect et reconnaissance. De l’autre, ceux qui estiment qu’un changement d’entraîneur est devenu nécessaire pour permettre au club de retrouver les sommets du football anglais.
La tension autour d’Arsenal s’intensifie au cours des saisons 2016-2017 et 2017-2018. Les résultats sportifs peinent à répondre aux attentes et les éliminations européennes renforcent le sentiment de stagnation.
Le symbole le plus marquant intervient à la fin de la saison 2016-2017 lorsque les Gunners terminent hors du Top 4 de Premier League pour la première fois depuis 1996. Cette saison-là, Arsenal échoue à un point de la Ligue des Champions. Une statistique qui illustre l’évolution de la situation et alimente les critiques à l’encontre du manager français.
Les conférences de presse d’Arsène Wenger, alors âgé de 69 ans, sont alors régulièrement dominées par les questions sur son avenir. Plus que les performances sur le terrain, c’est la pérennité de son projet qui devient le sujet central. Un sentiment de lassitude s’installe progressivement autour du club : chez les supporters, au sein des médias et parfois même dans les discours de l’entraîneur lui-même.
Le 20 avril 2018 restera une date charnière dans l’histoire d’Arsenal FC. Ce jour-là, Arsène Wenger annonce son départ après 22 ans sur le banc des Gunners. L’émotion est considérable. Malgré les critiques des saisons précédentes, son apport au club est unanimement salué. Après un hommage vibrant à l’Emirates Stadium lors d’une victoire 5-0 face à Burnley, Wenger conclut son mandat par un succès 1-0 à Huddersfield.
Pour autant, la réalité sportive de cette période est difficile à ignorer. Arsenal peine à s’imposer comme un prétendant crédible au titre. Le club souffre aussi de départs symboliques. Alexis Sanchez, meilleur joueur de la période, rejoint Manchester United en janvier 2018. Jack Wilshere, le “baby Gunner” tant attendu, n’est pas désiré par le nouveau coach Unai Emery (le personnage principal de notre prochain chapitre) et quitte lui aussi le club juste après Arsène Wenger sans avoir tenu ses promesses.
C’est le paradoxe majeur de cette période. Entre 2013 et 2018, Arsenal reste compétitif et présent dans le top 6 de Premier League. Mais le club ne franchit jamais le dernier palier. Pas de titre. Pas de finale européenne. La stabilité managériale, longtemps perçue comme un atout, finit par ressembler à de la stagnation.
Entre 2013 et 2018, Arsenal a vécu ses dernières années sous Arsène Wenger dans un équilibre précaire entre espoir et frustration.
Le rendez-vous manqué de la saison 2015-2016 reste le symbole d’une équipe incapable de saisir sa chance au moment décisif. Puis, le mouvement #WengerOut marque la rupture progressive entre un entraîneur légendaire et une partie de son public.
Cette période ne fut ni un échec total ni un succès. Elle représente surtout le long crépuscule d’un géant qui refusait encore de disparaître. Mais ce n’était qu’une question de temps …
Nithinya







































