Arsenal French Club
·8 Juli 2026
D’Invincible à Inoubliable – Chapitre Final : La délivrance (2025-2026)

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·8 Juli 2026

Le 15 mai 2004, Arsenal termine une saison entière sans perdre un seul match de Premier League. Vingt-deux ans plus tard, les supporters des Gunners auront connu des humiliations historiques, des années sans titres et plusieurs effondrements psychologiques avant de revoir leur club au sommet. Le tout, résumé en 7 chapitres, tous aussi enrichissants les uns par rapport aux autres.
Après 3 chapitres sous l’ère Wenger (un chapitre sombre entre 2018 et 2021 avec la perte d’identité du club, l’éclosion d’un nouveau groupe et la montée en puissance), ce chapitre final revient sur la saison 2025-2026 où Arsenal redevient champion d’Angleterre.
Pendant des années, Arsenal a couru après son passé. Celui des Invincibles, du football flamboyant et des titres qui semblaient appartenir à une autre époque. Après avoir terminé dauphin à trois reprises en quatre saisons, les Gunners brisent enfin la malédiction. En 2025-2026, l’équipe de Mikel Arteta devient championne d’Angleterre pour la première fois depuis 2004. Plus qu’un titre, c’est une libération. Celle d’un club qui n’a jamais cessé d’y croire.

Il existe des trophées qui récompensent une saison. Il y en a d’autres qui referment un chapitre entier de l’histoire d’un club.
Lorsque l’arbitre siffle la fin de la dernière journée de Premier League, les bras se lèvent, les larmes coulent. Le 24 mai 2026, Arsenal est officiellement champion d’Angleterre. Vingt-deux ans après les Invincibles d’Arsène Wenger, les Gunners retrouvent enfin leur place sur le trône.
Cette délivrance ne s’est pourtant pas construite en neuf mois. Elle est l’aboutissement d’un projet lancé en décembre 2019, lorsque Mikel Arteta reprend une équipe en manque de repères. Depuis, Arsenal n’a cessé de grandir. Chaque saison a constitué une étape supplémentaire. Chaque échec a renforcé le groupe. Cette fois, personne n’a réussi à l’arrêter.
Les chiffres illustrent cette domination.
Mais les statistiques ne racontent qu’une partie de l’histoire.
Elles ne disent rien de l’influence prise par Declan Rice au milieu de terrain. Elles ne racontent pas les buts décisifs de Leandro Trossard, ni l’impact immédiat de Viktor Gyökeres. Elles ne suffisent pas non plus à mesurer l’ascension de William Saliba et Gabriel Magalhães, devenus l’une des meilleures charnières centrales d’Europe.
Surtout, elles ne traduisent pas la transformation mentale d’un groupe qui a appris de chacun de ses échecs.
Longtemps pointé du doigt pour son incapacité à franchir la dernière marche, Arsenal a fini par faire de ses désillusions une force. Mikel Arteta n’a jamais demandé à ses joueurs d’oublier les saisons précédentes. Au contraire, il leur a demandé de s’en servir.
Au fil des semaines, cette évolution est devenue évidente. Les matches autrefois synonymes de faux pas tournaient désormais en faveur des Londoniens. Les courtes victoires se sont multipliées. Les grands déplacements ne suscitaient plus la même appréhension. Même lorsque la pression atteignait son maximum, Arsenal donnait toujours l’impression de maîtriser son destin.
Martin Ødegaard résumait parfaitement cet état d’esprit au soir du sacre :
« Nous avons souffert ensemble. Nous avons grandi ensemble. Ce titre appartient à tous ceux qui ont continué à croire en nous. »
Bukayo Saka, lui aussi submergé par l’émotion malgré une saison plus discrète, résumait l’accomplissement de toute une génération :
« Quand nous sommes arrivés ici, nous rêvions de remettre Arsenal à cette place. Aujourd’hui, nous l’avons fait. »
Ces quelques mots résument mieux que n’importe quelle statistique ce qu’a représenté ce titre. Ce n’est pas seulement une équipe qui a remporté la Premier League. C’est tout un club qui a mis fin à vingt-deux années d’attente.
Avec ce sacre, Arsenal a également tourné la page des comparaisons permanentes avec les Invincibles. Plus besoin de regarder dans le rétroviseur. Les hommes de Mikel Arteta venaient d’écrire leur propre histoire.

Après tout, Arsenal était déjà une excellente équipe.
Les Gunners restaient sur trois saisons passées à lutter pour le titre jusqu’au bout. Ils possédaient l’une des meilleures défenses d’Europe et pratiquaient un football parmi les plus séduisants du continent. Pourtant, au moment décisif, il manquait toujours quelque chose. Un détail. Une qualité propre aux grandes équipes : la capacité de gagner lorsque tout ne se déroule pas comme prévu.
La saison 2025-2026 a changé cette réalité.
Arsenal n’a pas simplement progressé. Il est devenu une équipe capable de s’adapter à tous les scénarios.
Les années précédentes, les Londoniens avaient souvent besoin de dominer largement leurs adversaires pour s’imposer. Dès qu’un match devenait plus fermé, plus physique ou plus imprévisible, le doute pouvait apparaître.
Cette fois, ce doute n’existait plus.
Une victoire obtenue sur un coup de pied arrêté. Un succès construit sans monopoliser le ballon. Un match verrouillé défensivement. Ou encore une rencontre remportée grâce à la profondeur de banc.
Le scénario importait peu. Arsenal trouvait toujours une solution.
Cette faculté d’adaptation constitue probablement la plus grande réussite de Mikel Arteta.
Pendant plusieurs années, l’entraîneur espagnol a bâti une identité de jeu extrêmement forte. Pourtant, beaucoup ont réduit Arsenal à une équipe défensive durant cette saison. Une lecture simpliste qui oublie l’essentiel : les Gunners ne jouent plus toujours de la même manière. Ils s’adaptent à l’adversaire et au contexte avec une maîtrise que les statistiques seules ne peuvent raconter.
« Nous voulons être capables de gagner dans tous les contextes », répétait régulièrement Arteta. Cette philosophie est devenue la véritable identité de son équipe.
L’autre évolution majeure est venue de la maturité du groupe.
Martin Ødegaard restait le capitaine, mais le leadership ne reposait plus uniquement sur ses épaules. Plusieurs joueurs ont franchi un cap dans leur attitude et leurs responsabilités.
Declan Rice, par exemple, a affiché une exigence nouvelle après la défaite contre Manchester City, refusant toute forme d’excuse. William Saliba, qui répétait depuis plusieurs saisons vouloir gagner un trophée avec Arsenal, reconnaissait jouer « en serrant les dents » à l’approche de la Coupe du monde. Même les recrues, comme Eberechi Eze, n’hésitaient plus à échanger avec Arteta pour faire progresser le collectif.
Pris individuellement, ces épisodes peuvent sembler anecdotiques. Ensemble, ils racontent pourtant une évidence : ce groupe avait cessé d’espérer gagner. Il était désormais obsédé par la victoire. Cette maturité s’est également traduite dans la gestion des temps faibles. Une contre-performance ne déclenche plus une spirale négative. Une blessure importante ne désorganise plus l’équipe. Les victoires des concurrents ne faisaient plus vaciller les certitudes du vestiaire. Arsenal avait enfin acquis une stabilité émotionnelle digne d’un champion.
Cette sérénité reposait aussi sur un effectif bien plus profond.
Sous l’impulsion d’Andrea Berta, le recrutement a permis à Arteta de disposer de davantage de solutions. Les rotations sont devenues naturelles. Les remplaçants entraient avec un véritable impact, tandis que la concurrence interne élevait le niveau de chacun.
Contrairement aux saisons précédentes, Arsenal ne dépendait plus d’un onze quasiment intouchable pour traverser une campagne entière.
Enfin, il existait un changement plus difficile à mesurer, mais peut-être le plus important de tous : la conviction.
Pendant plusieurs années, Arsenal espérait devenir champion.
En 2025-2026, Arsenal était persuadé qu’il le deviendrait.
Même lorsque la tension est montée lors des dernières semaines du championnat, cette certitude n’a jamais réellement quitté le groupe. Il y avait de la peur, évidemment. Mais plus de doute.
Cette nuance paraît infime. Elle a pourtant changé toute une saison.
Le projet de Mikel Arteta avait atteint sa pleine maturité. Les principes de jeu étaient parfaitement assimilés. Les automatismes étaient devenus naturels. Les cadres assumaient pleinement leurs responsabilités, tandis que les plus jeunes avaient grandi dans une culture de l’exigence.
Le meilleur symbole reste peut-être Myles Lewis-Skelly. Longtemps cantonné à un rôle secondaire, il est revenu dans le onze en fin de saison sans que l’équilibre collectif ne soit remis en question. Quelques mois plus tôt, voire quelques années auparavant, une telle situation aurait semblé inimaginable.
Le football d’Arsenal restait ambitieux. Il avait simplement gagné en pragmatisme.
Élégant lorsque le match le permettait. Rugueux lorsque la situation l’exigeait.
C’est souvent cette capacité d’adaptation qui sépare un prétendant… d’un champion.

Le trophée était attendu.
Le respect, lui, devait être reconquis.
Pendant près de vingt ans, Arsenal est resté l’un des plus grands clubs anglais. Pourtant, son image s’était progressivement dégradée. Chaque élimination en Ligue des champions, chaque printemps manqué et chaque deuxième place alimentaient le même récit : les Gunners jouaient bien, mais ne savaient pas gagner.
Cette réputation ne s’est pas effacée le jour du sacre officieusement, un mardi soir après un match nul de City contre Bournemouth. Elle s’est dissipée tout au long de la saison, à mesure qu’Arsenal répondait présent dans les rendez-vous les plus importants.
Les confrontations face aux concurrents directs ont changé le regard porté sur cette équipe. Les lourdes défaites appartenaient au passé. Les succès obtenus loin de l’Emirates Stadium confirmaient qu’Arsenal ne dépendait plus uniquement de son public. Même lorsque la pression est devenue maximale au printemps, les hommes de Mikel Arteta ont continué à avancer, malgré un mois d’avril historiquement compliqué pour notre entraîneur en Premier League.
Le message envoyé au reste de l’Angleterre était limpide : Arsenal n’était plus seulement une équipe agréable à regarder.
Il était devenu l’équipe à battre.
Cette évolution dépassait d’ailleurs largement les frontières de la Premier League.
En Ligue des champions, les Londoniens ont confirmé qu’ils appartenaient désormais au cercle des meilleures équipes européennes. Sans soulever le trophée, ils ont atteint la finale et ont prouvé qu’ils pouvaient rivaliser avec les plus grands clubs du continent.
Cette crédibilité retrouvée constitue sans doute la plus grande victoire de Mikel Arteta.
Lorsqu’il prend les commandes d’Arsenal à la fin de l’année 2019, peu imaginent qu’il mènera le club jusqu’au sommet. Ancien adjoint de Pep Guardiola, il possède des idées fortes, mais aucune expérience comme entraîneur principal à ce niveau.
Les premières saisons sont longues. Les résultats tardent à venir. Les critiques se multiplient. Son projet est jugé trop lent. Certains doutent même de sa capacité à ramener Arsenal parmi les meilleures équipes d’Europe. Le club, lui, ne change jamais de cap.
Dans un football où la patience est devenue une denrée rare, les dirigeants continuent de soutenir leur entraîneur. Les supporters traversent des périodes de doute, mais le board reste fidèle à sa vision. Josh Kroenke, particulièrement impliqué tout au long du projet, en est l’un des principaux symboles.
Cette confiance permet à Arteta de construire sur la durée. Saison après saison, il impose une véritable culture de l’exigence. Il recrute des joueurs capables d’adhérer à son idée du football et privilégie toujours la force du collectif aux individualités.
Après le sacre, l’entraîneur espagnol résume cette aventure avec une émotion rare :
« Les rêves deviennent réalité lorsque beaucoup de personnes travaillent dans la même direction pendant longtemps. Ce titre appartient à tous ceux qui ont cru au projet, même dans les moments difficiles. »
Cette phrase résume parfaitement ce qu’a représenté ce titre. Le succès d’Arsenal n’est pas celui d’une équipe surgie de nulle part. C’est l’aboutissement logique de plusieurs années de reconstruction.
Chaque déception a servi de leçon. Chaque échec a renforcé le groupe. Chaque mercato a permis de combler une faiblesse supplémentaire.
Lorsque le titre est finalement arrivé, il n’a surpris personne.
Au contraire, il donnait presque l’impression d’être devenu inévitable.
Pour les supporters, cette saison restera surtout comme celle où Arsenal a cessé de vivre dans le souvenir des Invincibles.
Martin Ødegaard, Bukayo Saka, Declan Rice, William Saliba, Gabriel Magalhães, Kai Havertz et leurs coéquipiers n’ont pas remplacé les légendes de 2004. Personne ne remplacera jamais Thierry Henry, Patrick Vieira ou Sol Campbell.
Ils ont fait autre chose. Ils ont construit leur propre héritage.
Pendant plusieurs années, Manchester City a incarné le modèle à suivre en Angleterre. Arsenal a passé ce temps à apprendre, à se reconstruire et à réduire l’écart. Désormais, les rôles se sont inversés. Ce sont les autres prétendants qui regardent vers le nord de Londres avec l’ambition de détrôner les Gunners.
Le respect ne s’achète pas. Il se gagne.
Et au-delà du titre de champion d’Angleterre, c’est peut-être la plus grande victoire de cette génération : avoir redonné à Arsenal le statut d’un club craint, admiré et respecté, sans jamais renier son identité.

La saison 2025-2026 restera comme un tournant dans l’histoire moderne d’Arsenal. Pas seulement parce qu’elle s’est conclue par un titre de champion d’Angleterre. Mais parce qu’elle a validé un projet que beaucoup jugeaient trop long, trop ambitieux ou irréalisable.
Pendant six ans, Mikel Arteta a bâti son équipe avec une idée simple : faire d’Arsenal un club capable de rivaliser durablement avec les meilleurs. Ce titre est la récompense de cette patience, de cette exigence et de cette continuité.
Les Gunners n’ont pas seulement remporté la Premier League. Ils ont retrouvé une identité, une crédibilité et une place parmi les références du football européen.
Voilà pourquoi “La délivrance” est sans doute le meilleur titre pour résumer cette saison. La délivrance d’un entraîneur qui n’a jamais renoncé à sa vision. Celle d’un groupe qui a appris de ses échecs pour atteindre le sommet. Et surtout, celle de millions de supporters qui attendaient ce moment depuis vingt-deux ans. Après avoir longtemps vécu dans l’ombre des Invincibles, Arsenal écrit enfin sa propre histoire. En espérant continuer à écrire avec d’autres trophées pendant de très longues années.
Langsung







































